07.02.2007
Le tournant de la campagne
Cela va faire sourire tant aujourd’hui Nicolas Sarkozy semble bien parti pour gagner la Présidentielle, mais souvenons-nous qu’à la même époque il y a douze ans, Edouard Balladur était donné gagnant et qu’il y a 5 ans, Lionel Jospin était largement favori par rapport à Jacques Chirac…
Le meeting parisien de Ségolène Royal hier a dévoilé un axe de campagne qui devrait être fatal à Nicolas Sarkozy. La candidate du Parti Socialiste a annoncé qu’elle serait la présidente des « sans voix ». Elle a dénoncé implicitement en Nicolas Sarkozy le candidat qui défend « les intérêts d’un tout petit monde qui ne pense qu’à lui, qu’à son pouvoir ». Elle a également attaqué « leurs relais dociles dans les média ». Elle s’est présentée comme la candidate opposée aux « puissances de l’argent » en soutenant que « rien ne les dérange plus » que « le verdict d’un peuple » qui bouleverserait « leur petit cénacle ». Même l’actualité était avec elle puisqu’on apprenait une minute après que les dirigeants du Crédit Agricole se sont accordés une prime de 150 000 euros quand les salariés en touchaient une de 400…
Ce positionnement était prévisible tant Nicolas Sarkozy apparaît comme le candidat de la France d’en haut, tellement prévisible que ce dernier avait tenté de corriger son image en citant Jaurès. Mais ces gesticulations verbales pseudo-gauchistes ne vont pas peser lourd devant le poids des faits. Nicolas Sarkozy est maire de Neuilly, ministre depuis près de 5 ans, ami personnel des patrons et de stars du show biz, il est soutenu par une grande partie de l’élite économico-médiatique du pays. En outre, ses propositions de bouclier fiscal et de réforme de l’ISF renforcent cette image de « candidat des riches ». Le contexte est d’autant plus favorable que les rémunérations des patrons ont beaucoup augmenté et que la pratique du « golden parachute » est aujourd’hui largement médiatisée.
Il n’est vraiment pas difficile pour Ségolène Royal de devenir la candidate de la France d’en bas, des petits et des faibles et repousser ainsi Nicolas Sarkozy dans le rôle de candidat de Neuilly, des grands patrons et des riches. En fait, la candidate du parti socialiste rejoue la partition de 1988, une partition qui va mettre Nicolas Sarkozy structurellement en minorité au second tour, comme Jacques Chirac cette année-là. Le candidat de l’UMP est parti beaucoup trop tôt. Il y a perdu la Présidentielle.
Source : http://www.lefigaro.fr/election-2007/20070207.FIG00000020...14:45 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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