11.02.2007

Les racines de l’alter-mondialisme et de l’anti-capitalisme

Article très intéressant dans The Economist à propos du salaire des cadres dirigeants. L’hebdomadaire anglais et ultralibéral se demande si l’explosion de leur salaire est juste ou pas étant donné les différents abus (golden parachutes…) qui ont fait scandale ces derniers mois.

Ainsi, le salaire des cadres dirigeants a explosé depuis 20 ans. Alors que pendant 40 ans, le salaire des cadres dirigeants aux Etats-Unis représentait en moyenne 30 à 40 fois le salaire moyen du pays, le rapport s’est brutalement mis à monter à partir de la moitié des années 80 pour atteindre 170 fois le salaire moyen en 2005. En 20 ans, le salaire des cadres dirigeants aux Etats-Unis a ainsi plus que quadruplé par rapport au salaire moyen du pays. Et comme dans le même temps, le salaire des classes moyennes et populaires n’a que peu progressé, les bénéfices de la croissance économique vont essentiellement aux plus riches. Pire encore, la mobilité sociale régresse fortement, notamment à cause du coût exorbitant des études supérieures, ce qui fait de la société américaine une société où la mobilité sociale est désormais moins bonne qu’en Europe. Quand on met en parallèle le fait que la part des profits des entreprises dans le PIB Américain est au plus haut depuis les années 50, cela signifie que les fruits de la croissance vont essentiellement dans les profits des entreprises et aux plus riches.

Vers une nouvelle lutte des classes ?

Même The Economist reconnaît que ce déséquilibre majeur porte en lui un gros risque pour le processus de globalisation dans la mesure où les classes moyennes et populaires risquent de se retourner contre un système de répartition des richesses qui leur est aussi peu favorable. Pourtant, l’hebdomadaire ultralibéral souligne que ce sont les mécanismes du marché qui produisent ces phénomènes (la « guerre des talents » permet aux cadres dirigeants de capturer une plus grande part de la valeur ajouté qu’ils apportent à leurs entreprises), ce qui ne leur permet pas de trouver les solutions à ce déséquilibre majeur.

La « main invisible » du marché est loin de produire le meilleur des mondes économiques… Le pire est que nous rentrons actuellement dans un système de concurrence et de moins-disant fiscal pour ces mêmes entreprises et les classes supérieures (illustré par le récent déménagement de Johnny Halliday en Suisse). Ce phénomène risque de mettre à bas la progressivité fiscale qui veut que les plus riches soient proportionnellement plus taxés. Il ne sert à rien de prendre les classes supérieures comme des boucs-émissaires, mais il convient, sans doute à une échelle européenne, de réfléchir et surtout agir face à des phénomènes économiques qui peuvent remettre en cause les solidarités nationales. Prenons garde de ne pas pousser les classes populaires et moyennes à s’allier pour renverser un système économique dont elles ne tirent aucun bénéfice. Pour avancer, une société doit avancer ensemble. Comme le système capitaliste ne parvient pas à ce résultat, il revient aux Etats d’assurer une plus grande justice sociale.

Commentaires

Bonjour,
je suis très sensible à vos textes, sensés et percutants.
Bravo pour votre combat.
Frédéric.

Ecrit par : frédéric | 11.02.2007

Excellent article!

Les sociétés libérales ne sont plus des modèles depuis déjà longtemps, même si certains veulent encore faire croire aux Français que le marché est efficient et se régule de lui-même.

Les sociétés libérales sont des sociétés qui créent la misère la plus totale pour tous ceux qui n'ont pas la capacité de profiter de la richesse produite. et même pire lorsque l'on assiste à la mise en oeuvre d'un élément contactuel "le golden parachute" alors que le dirigeant, a été amené à licencier du personnel, après s'être trompé dans ses choix stratégiques. Pourquoi est-ce alors aux salariés de payer?

On ne peut pas demander à des salariés de se battre pour le rayonnement de leur entreprise quand cette dernière peut à tout moment faire peser sur eux seuls, les retombées d'erreurs de management. Cela s'appelle pour moi être tout sauf humain et attaché à la justice et au respect de l'autre.

Ce qui me choque aussi c'est le fait que l'on nous ressorte toujours les mêmes têtes comme dirigeants (comme en politique d'ailleurs). Comme si des grands pays ne pouvaient "produire" qu'une petite poignées de personnes compétentes. Observez dans nos grands groupes: ils se co-optent entre eux et siègent tous aux conseils d'administration des autres grosses entreprises. Ils sont tous copains entre eux. Il serait nécessaire de faire dans ce domaine, aussi, un peu de ménage.

Dans notre classe politique, il y en a que l'on découvre avec qu'ils ont encore la voix qui n'a pas encore muée et on se les farcie pendant plusieurs décennies. Regardez les Copé, les Morano, les Précresse, les Wauquier, les Valls, les Montebourg, les Dray et j'en passe...On va les avoir sur nos écrans et sur nos ondes jusqu'à notre propre mort. C'est horrible, un vrai cauchemard. Où pensez-vous que nous trouverons alors les idées neuves? Nulle part. Ils ne peuvent se regénérer car vivant tous entre eux, dans un monde clos et dans un monde peuplé de leurs certitudes et de leur sentiment d'auto-suffisance...

Oui, il est à craindre que nous irons un jour vers une nouvelle révolution sanglante si des personnalités non affilié à un système osent enfin y faire entrer un souffle de fraicheur, en ne ratant pas l'occasion, au passage, de dégraisser les privilèges des notables. Je trouve pour ma part honteux tout ce qu'ils se distribuent. Si au moins c'était mérité. Non, ils ont tous participé à amener notre pays au bord de l'implosion. Lorsque la richesse est suffisante pour en distribuer un peu à tous, les gens ferment les yeux sur les privilèges. Lorsque l'argent fait défaut les privilèges ne sont plus supportés par les gens du peuple; c'est à partir de ce moment là que n'importe quel évènement peut enclencher une révolution ou une guerre civile. Nous sommes rentrés dans cette situation, avec en plus le phénomène de la télévision qui montre à chaque instant au peuple, des éléments différentiateurs accablants pour le système des privilégiés.

Ecrit par : samira | 11.02.2007

"...
Regardez les Copé, les Morano, les Précresse, les Wauquier, les Valls, les Montebourg, les Dray et j'en passe...On va les avoir sur nos écrans et sur nos ondes jusqu'à notre propre mort. C'est horrible, un vrai cauchemard.
"

C'est tristement exact, si cela ne change pas.

Et parmi ceux que vous citez, certain ont déjà eu des fonctions précises depuis très longtemps. Ce sont de véritable SHERPA, portant une thématique qui leur est propre.

Un peu comme SARKOSY en politique depuis l'age de 17 ans, et qui s'est constitué depuis pas mal de temps son RESEAU dans l'espérance de son élection.

On est vraiment dans le système de la Politique Politicienne, pas franchement utile à un pays qui doit faire face à des enjeux internes et externes primordiaux.

Les individus que vous citez sont très bien pour de la petite soupe et du clientélisme de quartier. La FRANCE mérite nettement mieux. Un DDV par exemple.

Ecrit par : PHG | 12.02.2007

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