12.02.2007
40 ans au service de la France
1967 : un jeune membre du cabinet de Georges Pompidou part en Corrèze pour un combat électoral délicat dans ces terres de gauche. Malgré un contexte national peu favorable, il gagne et devient alors Secrétaire d’Etat. 40 ans après, après 12 ans à la Présidence de la République, Jacques Chirac fait un bilan dans le livre qui sort cette semaine. Marianne propose déjà les bonnes feuilles de ce livre évènement.
Son bilan à la tête de l’Etat est aujourd’hui sujet à débat. Certains retiennent les incohérences qu’il a eu avoir dans ses propos, les affaires, un manque de présence sur la scène nationale et parient sur un sévère jugement de l’Histoire. Le bien prétentieux François Fillon a ainsi osé dire que « la seule chose qu’on retiendra du mandat de Jacques Chirac, ce sont mes réformes » le jour où il fut remercié du gouvernement en 2005, avant de l’égratigner à nouveau dans son livre. Mais un bilan plus réfléchi de son action permet d’avoir un regard beaucoup plus équilibré.
Après tout, s’il y avait eu un écart significatif entre le discours de campagne du candidat Chirac en 1995 et le ton du gouvernement Juppé, l’examen du discours du candidat Chirac de 2002 et les réalisations de son gouvernement permet de peindre un bilan plus positif. Le candidat de 2002 avait ainsi fait campagne sur l’insécurité. Son bilan comporte tout de même 10 000 vies sauvées sur les routes de France en 5 ans. Là où le gouvernement Jospin n’avait rien réussi malgré des objectifs ambitieux, l’action du Président de la République a sauvé des milliers de familles de terribles drames. La délinquance a également reculé, même si les violences physiques, sans doute la forme la plus dure, ont continué à augmenter.
Le Président Chirac a également été un Président social, honorant finalement ses engagements de 1995. Sous sa Présidence, le SMIC a ainsi davantage été augmenté que sous le gouvernement Jospin. Le chômage devrait tomber au plus bas niveau depuis 25 ans, même s’il reste bien sûr à un niveau trop élevé. Les constructions de logements sociaux ont aussi doublé par rapport à la législature précédente, le statut des personnes handicapées a été largement amélioré et les aides à la personne permettent une meilleure prise en charge des malades et des personnes âgées. On peut sans doute dire que le bilan social du Président Chirac est bien meilleur que celui du Premier Ministre Jospin. Et cette volonté de promouvoir la justice sociale a été complétée par une réelle action pour favoriser la compétitivité du pays et de ses entrepreneurs (pôles de compétitivité, CNE, chèques emploi-service pour les petites entreprises). Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire : le chômage des jeunes reste un immense problème, notre effort de recherche est insuffisant, nos universités ont besoin de réformes…
Sur la scène internationale, le second mandat du Président Chirac restera pour toujours marqué par l’opposition de la France à la guerre en Irak. C’était une opposition d’autant plus courageuse que la France est partie en première ligne et que, si elle était soutenue par la population, la grande majorité des Etats occidentaux soutenaient Georges Bush, ainsi qu’une partie non négligeable des élites. L’histoire a jugé. La position de notre pays a permis d’éviter en partie une nouvelle guerre de civilisation entre Orient et Occident. Ce sont les Etats-Unis qui étaient arrogants. La France a également joué un rôle majeur dans des dossiers aussi importants que la guerre du Liban ou le réchauffement planétaire.
Et la publication de ce livre permet au Président de la République de revenir sur des épisodes marquants de la vie politique française. Ainsi la plupart des historiens se sont accordés pour dire que Jacques Chirac avait trahi Jacques Chaban-Delmas en 1974 en soutenant Giscard. Pourtant, comme le dit Jacques Chirac « je savais que Pompidou n’aurait pas soutenu la candidature de Jacques Chaban-Delmas. A tort ou raison, je pensais que Chaban n’avait jamais été loyal envers lui » (nda : Jacques Chirac fait sans doute allusion entre autre au fait que le Premier Ministre Chaban-Delmas ne s’embarrassait guère de consulter le Président pour ses allocutions, notamment le discours de la « nouvelle société » à l’Assemblée Nationale). Jacques Chirac était plus pompidolien que gaulliste à cette époque. Etant donnée la mésentente entre Chaban et Pompidou, il n’était pas choquant qu’il ne soutienne pas le premier étant donnée la proximité qu’il avait avec le second…
De la lecture de ces pages ressort surtout un homme qui aime les Français, les respecte et qui est animé d’une certaine idée de la France, un homme modeste, qualité rare parmi les politiques. Ce livre sera clairement un livre à acheter pour mieux saisir les vérités d’un Président secret et souvent maltraité par bien des chroniqueurs politiques. Un achat à recommander pour tous ceux qui ont lu récemment le dernier livre de l’amoureux déçu Franz-Olivier Giesbert dont le jugement est bien trop critique pour être honnête.22:10 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




Commentaires
"...Le bien prétentieux François Fillon a ainsi osé dire que « la seule chose qu’on retiendra du mandat de Jacques Chirac, ce sont mes réformes »..."
OUI mais, le très suffisant Monsieur FILLON et son équipe (déjà largement vu cet automne) qui se fait toute petite, pour l'instant, est le Baron Noir de notre "Ministre des Elections-Candidat aux Elections" et ami d'une amérique de Georges BUSH arrogante parce que vivant dans son système NOMBRILISTE.
En amenant ces gens à la tête du pays, par le travail de fond qu'ils réalisent depuis des années sinon des décennis, nous risquons fortement de faire disparaitre, cette POSITION Française qui garantie notre existence dans tous les domaines sur la scène internationnale. C'est bien ce qui embête les ARROGANTS et leurs alliés soumis ou forcés.
Donc "rupture" ou "rupture tranquille", toujours proclamées dans des courriers récents, sont maquillées derrière des discours et attitudes faussement RASSEMBLEUSES.
Un Homme politique comme SARKOSY, au premier plan de l'appareil depuis plus de 30 ans, n'a pas besoin du livre de PEAN, pour savoir ce qui est écrit.
Donc son ULTRA LIBERALISME et ATLANTISME, ne sont pas dû à une quelquonque erreur de l'individu ou carence à combler, mais à une STRATEGIE pensée et mis en oeuvre. Et ce quelque-soit les individus de son entourage actuel pensant par leur présence pouvoir lui donner un QUITUS de RASSEMBLEUR. Les lendemain déchanterons pour eux, mais surtout il déchanterons pour la REPUBLIQUE, pour notre LIBRE ARBITRE, pour notre POSITION dans le monde et donc pour la FRANCE.
Nous sommes donc TOUS averti.
PS:
Concernant les 2 autres tenants du OUI au TCE, même si les choses peuvent être sensiblement différentes sur certain aspect, les conséquences apporterons le même désenchantement. Ce n'est pas un hasard si ce sont les POLITIQUES de ceux-ci qui permettent à des FILLON et SARKOSY de donner le TEMPO.
Ecrit par : PHG | 13.02.2007
Présidentielle 2007 (Le Figaro)
Publié le 13 février 2007 à 13h41
Chérèque rappelle leurs devoirs aux journalistes
Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a rappelé aujourd'hui aux journalistes qu'ils devaient «interpeller les candidats à la présidentielle sur ce qu'ils disent», déplorant leur silence face aux affirmations «fausses» de Nicolas Sarkozy à la télévision.
(Avec AFP).
Ecrit par : Lucide | 13.02.2007
Il y a pas besoin de film fiction pour gagner , mais d'un Premier Ministre qui travaille aux service des français . Si il continue à travailler pas besoin d'éffodrement dans les sondages de X ou Y .
La campagne que réalise Dominique de Villepin est trés trés bonne . A ma tâche , à mon travail au lieu de faire de grands discours démagos comme le font Ségolène Royale et Nicolas Sarkozy .
Ecrit par : Villepin Président 2007 | 13.02.2007
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