16.03.2007
1ère raison : Nicolas Sarkozy et l’économie, ça fait deux !
Le ministre de l’intérieur a ainsi été ministre du budget de 1993 à 1995 et il ne s’y est distingué que pour un seul résultat : des déficits tellement abyssaux qu’Alain Juppé avait déclaré peu après son arrivée à Matignon que les finances publiques étaient dans un état « calamiteux ». S’il est vrai que le gouvernement Balladur avait trouvé une situation préoccupante en arrivant en 1993, lui et son ministre du budget n’ont absolument pas amélioré la situation puisque notre déficit est resté autour de 6% du PIB (pour mémoire, nous sommes à 2.6% en 2006). Nicolas Sarkozy a eu la responsabilité de 2 des 3 plus gros déficits des 50 dernières années.
D’ailleurs cette inconséquence se retrouve dans le chiffrage de son programme, des plus nébuleux. A un point de la campagne (le passage à l’émission de TF1), le montant total des promesses du candidat Sarkozy atteignait la bagatelle de 118 milliards d’euro (pour mémoire, notre déficit atteint 36 milliards), soit 50 milliards de dépenses nouvelles et 68 milliards de baisse des prélèvements (les fameux 4 points du PIB qui nous ramènerait à la moyenne européenne). Du côté des économies, 7 milliards, principalement au titre du non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux. Bref, le candidat ne semble pas vraiment mesurer les ordres de grandeur pour annoncer de telles promesses, uniquement inférieures à celles de… José Bové.
Quand il était ministre des finances, Nicolas Sarkozy a fait grand cas de la baisse des prix qu’il a obtenu des industriels et de la distribution. C’était une action volontariste qui lui a permis de communiquer sur sa personne mais cette mesure présente bien des limites. Tout d’abord, cette baisse des prix a pesé sur la croissance en 2005 (la déflation est rarement l’alliée de la croissance). Mais en plus, ce n’était qu’un coup et un effet d’annonce car la réforme de la loi n’a pas abouti fondamentalement à un changement des anciennes pratiques et tout le monde peut constater que les prix sont repartis à la hausse.
Et lorsqu’il propose des exonérations de charges sociales sur les heures supplémentaires pour « gagner plus pour travailler plus », cette proposition pose problème. Premièrement, elle reste dans la droite ligne des politiques d’exonération des charges pratiquées depuis 20 ans et dont on cherche encore l’efficacité alors qu’on en mesure bien le coût (plusieurs dizaines de milliards d’euro). Nicolas Sarkozy va donc renchérir le coût des heures supplémentaires pour l’Etat. Mais en plus, son slogan de « gagner plus pour travailler plus » est complètement ridicule sachant car nous ne partons pas d’une situation où les heures supplémentaires n’existent pas ou ne seraient pas utilisées…
Nicolas Sarkozy n’a rien démontré en économie depuis 15 ans. Il se contente d’enfiler les déclarations volontaristes avec lesquelles tout le monde peut être d’accord sans expliquer ce qu’il ferait concrètement. Pour la croissance, le chômage, la solution à tous les problèmes de la France serait le fait de « travailler plus pour gagner plus ». C’est évident, les heures supplémentaires vont, à elles seules, redresser notre économie…
Demain : son bilan au Ministère de l’Intérieur
09:20 Publié dans Présidentielles 2007, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




Commentaires
http://www.charlierose.com/
An hour with Dominique de Villepin
Vous y écouterez notre meilleur homme d'Etat lors de l'émission à laquelle il a participé hier, aux US.
Ecrit par : samira | 16.03.2007
Encore bravo pour votre courage et votre liberté de parole. J'ai invité les visiteurs de mon blog (http://blueumbrella.hautetfort.com/archive/2007/03/16/le-petit-nicolas.html) à faire un petit détour par chez vous.
Ecrit par : Quiet Man | 16.03.2007
Gaullisme et Démocratie appelle à voter Bayrou
http://gaullisme.et.democratie.over-blog.com/article-6040568.html
Ecrit par : Gaulliste et démocrate | 16.03.2007
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