17.03.2007

2ème raison pour faire barrage à Nicolas Sarkozy : son mauvais bilan au Ministère de l’Intérieur

Il est peu de dire que Nicolas Sarkozy aura été l’emblématique ministre de l’intérieur du second mandat de Jacques Chirac. Ce poste a été la plate-forme de lancement du candidat de l’UMP pour la Présidentielle. La communication efficace du candidat, relayée complaisamment, lui permet de dire que son bilan est excellent. Malheureusement, là encore, sous la forme déjà plus que contestable, les statistiques démentent le discours du ministre. N’hésitez pas à aller sur le site du Ministère (mis en lien). La présentation des chiffres à elle seule montre que les résultats ne sont pas bons : rien n’est fait pour faciliter les comparaisons, à part pour le grand total, signe que lorsque l’on creuse, les résultats annoncés ne sont pas là.

Un mot sur la forme avant de commencer. Nicolas Sarkozy est un adepte du parler viril. Dès qu’il y a un incident, monsieur le ministre est là pour s’indigner devant les caméras et assurer le bon peuple de France que la police travaille et que les coupables seront punis sévèrement. Le discours est toujours le même. Il utiliser volontiers le « je », se présentant comme le premier flic de France. Le problème est que la communication semble être davantage la priorité du ministre que l’action réelle. Tout le monde se souvient des grandes opérations de police dans les banlieues sensibles qui n’avaient pas abouti à la moindre arrestation. La raison était simple : les média avait été prévenus pour assurer une belle présence dans les journaux télévisés. Résultat du trop-plein de communication, il n’avait pas été difficile aux délinquants de partir avant que les forces de l’ordre arrivent. Mais entre efficacité réelle et communication, le ministre avait choisi…

Revenons aux chiffres de la délinquance que Nicolas Sarkozy brandit comme des médailles. Le nombre de crimes et délits est ainsi passé de 4,06 millions en 2001 à 3,73 millions en 2006, une baisse de 9% en 5 ans. Mais, quand on regarde rubrique par rubrique, le bilan n’est pas aussi reluisant. Tout d’abord, les violences aux personnes, les plus dures pour les victimes, elles, ont nettement augmenté en 5 ans. Les autres coups et blessures (non liés à des homicides) sont ainsi passés de 116 568 à 164 359, une augmentation de 41% en 5 ans ! Les délits liés aux stupéfiants sont passés de 91 618 à 151 487, une hausse de 65% en 5 ans ! Mais alors, comment les chiffres peuvent-ils baisser ? C’est simple : nos voitures sont beaucoup plus sûres… En effet, depuis la fin des années 90, les constructeurs automobiles équipent tous les modèles d’antivols bien plus performants. Résultat : le nombre de vols de voitures est passé de 313 382 à 157 437, une baisse de 50%. La moitié de la baisse de la délinquance vantée par Nicolas Sarkozy est juste le produit du travail des constructeurs automobiles… Le même phénomène se retrouve pour les deux roues ou les cambriolages (qui ont baissé de 20% grâce aux systèmes que les particuliers et entreprises posent). Résultat, retraités de ces phénomènes, dont le ministère n’est pour rien, la délinquance n’a pas baissé depuis 2001.

La réalité apparente de la lutte contre la délinquance du candidat de l’UMP, c’est une inflation législative, beaucoup de communication, relayée de manière complaisante, et une baisse des délits. Dans la réalité, c’est une France où les violences aux personnes et les délits liés à la drogue ont explosé en 5 ans, ce qui est camouflé par la baisse des vols de véhicules et des cambriolages du fait d’un équipement plus sûr. Bref, le bilan du ministre de l’intérieur est très mauvais d’un point de vue comptable.

Et lors de la crise des banlieues de l’automne 2005, le ministre de l’intérieur était bien incapable de trouver une solution. Son attitude avait même plutôt tendance à jeter de l’huile sur le feu. Il a fallu toute l’autorité et le sens de la justice de Dominique de Villepin pour trouver une issue. Une issue ferme et juste : l’état d’urgence pour remettre l’ordre et un plan banlieue pour répondre au malaise de ces parties de notre pays en difficulté. Car la répression seule est insuffisante. Tony Blair disait fort justement qu’il faut être « dur avec le crime et dur avec les causes du crime ». Mais un tel discours est beaucoup trop subtil pour la rhétorique simpliste de Nicolas Sarkozy qui préfère diviser le monde en gentils et méchants, avec lesquels il faut être dur. Il y a encore beaucoup d’aspects choquants dans les manières de faire de l’ancien maire de Neuilly (méthode, communautarisme…), je les traiterai dans d’autres volets.

Comme d’habitude, le candidat de l’UMP privilégie la forme au fond. Il est incroyable de constater qu’en quelques clics sur les statistiques du Ministère de l’Intérieur, il est possible de comprendre que les effets d’annonce du ministre ne sont justement que des effets d’annonce. Mais pendant que Nicolas Sarkozy s’auto-satisfait de bons résultats qu’il n’a pas, des Français souffrent et aucune solution concrète n’est trouvée pour réduire ces atteintes intolérables, qui frappent souvent les plus démunis et les plus faibles. Aucun travail en profondeur pour traiter le problème n’a été fait. Mais de cela, le ministre-candidat n’a cure, du moment que sa communication le sert à titre personnel.

Demain, la politique internationale et européenne

Source : http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_la_une/statistiqu...

Commentaires

Il faut aussi ajouter que pendant la crise des banlieues, se sont des français modestes qui ont été les principales victimes des voitures brulées.
A neuilly, ils n'ont rien vu et rien entendu. Il faut protéger les plus riches. Sur cette crise on pourrait rappeler à sarko qu'il n'y pas de fumée sans feu!
"Malheur aux pauvres" comme dirait Maîtres Jacques Vergès.

Écrit par : gargouille | 17.03.2007

DDV reviendra car il ne peut que revenir: il aime trop la France pour la laisser tomber. Ses combats le mèneront à s'intéresser à apporter sa sagesse et sa compétence au service de la résolution de conflits mondiaux, mais est-ce en quelque point que ce soit incompatible avec une continuité de sa présence sur la scène politique française? Je ne le pense pas. Bien au contraire! La politique c'est tout simplement s'occuper des autres et de la vie alors de la politique il en fera toujours. Rester sur la scène française sera pour lui une carte pour demeurer visible même sur la scène internationale.

Bill Clinton est très écouté parce qu'il a été ancien président, et lorsqu'il est reçu pour donner ses conférences (qu'il se fait d'ailleurs payer avec des sommes astronomiques) c'est parce qu'il a été ce qu'il a été à la tête des US. Alors cher DDV il faudra garder dans un coin de votre tête, que dans le tracé de votre parcours, il y a aussi "votre boulot de dans" 5 ans...

Patience et disons-nous que cet échec, avant même que d'avoir pris part à la course, doit nous servir de leçon. Nous sommes partis trop tard et surtout, ce n'est pas de notre faute, nous pensions que DDV était suffisamment entouré or il ne l'était visiblement pas assez du tout. Aujourd'hui c'est tellement attristant de le constater. Toutes les bonnes volontés devront donc prendre part à la prochaine aventure pour lui assurer l'organisation qui lui a fait cruellement défaut cette fois-ci.

Mais l'urgence aujoud'hui est que notre vote permette de laisser le jeu politique français ouvert pour le futur, en participant à élire un vrai démocrate à la tête de notre pays. La partie n'est donc pas finie, elle commence et les jeux sont serrés car certains verrous ont déjà été refermés par certains et la presse manipule les Français. Certaines issues demeurent toutefois encore ouvertes. Veillons à les utilser dès le 22 avril pour être en mesure de réouvrir dès le 6 mai celles qui ont été fermées.

J'ai lu quà une question qui lui était posée lors de son voyage aux US au sujet d'une possible expatriation, Dominique de Villepin aurait répondu "I'm too French". Merci, cher Dominique d'être "too French"! Cela m'a fait beaucoup de bien de le lire!

Écrit par : samira | 18.03.2007

De Toute façon il faudra être présent à la sortie des éléctions quelque soit l'issue . Je pense qu'il se présentera en 2012 quoi qu'il arrive

Écrit par : EA | 18.03.2007

Je suis présse d'avoir lu l'article sur la politique internationale m^me si je sais ce qui sera dit .

Écrit par : EA | 18.03.2007

Paris - New York – Boston – Paris

Pour avoir une idée de ce qu’a fait et dit Dominique de Villepin ces derniers jours aux Etats-Unis, il fallait consulter la presse et regarder les télévisions étrangères.

Aux USA bien sûr, mais aussi au Canada et dans les pays du Proche et Moyen-Orient ce déplacement a été largement commenté. Partout… sauf dans l’hexagone.

On peut tout de même retrouver les grandes lignes de son intervention d’Harvard sur une dépêche AFP.

Mais Dominique de Villepin aura une fois de plus prouvé que notre relation amicale avec les américains ne peut être basée que sur un dialogue d’égal à égal et sincère.

Dire à nos amis que «la guerre en Irak a brisé l’image de l’Amérique», sur leur sol, et droit dans les yeux, n’empêche pas d’être longuement et chaleureusement applaudi… C’est cela une relation vraie !!!

Qu’ajouter de plus, si ce n’est de laisser le soin de conclure au quotidien libanais l’Orient du Jour, qui écrivait en cette fin de semaine : «mais par quelle fumisterie les partisans UMP ont-ils pu lui préférer Nicolas Sarkozy…»…

Républicain
http://lheraultrepublicain.midiblogs.com

Écrit par : Républicain | 18.03.2007

Les commentaires sont fermés.