21.03.2007

5ème raison pour faire barrage à Nicolas Sarkozy : une méthode détestable

Gouverner n’est pas chose aisée. C’est une lapalissade me direz-vous, mais il devient plus intéressant de se demander pourquoi cela est difficile. C’est qu’outre le fait d’avoir les bonnes idées, la méthode est cruciale pour arriver à faire avancer les choses. La France n’est pas une exception, au contraire, puisque notre esprit critique et revendicatif a tendance à ne pas faciliter les réformes.

C’est pour cela que la méthode de gouvernement est un critère déterminant pour évaluer tout candidat à la Présidence de la République. On attend de notre futur Président qu’il sache faire travailler une équipe gouvernementale d’envergure, qu’il sache faire partager une vision aux Français et aux hommes politiques pour faire avancer le pays et enfin qu’il sache rassembler les Français pour les grandes réformes. C’est ainsi que dans les années 60, le Général de Gaulle a su avec ses gouvernements réformer en profondeur notre pays et générer une croissance économique forte tout en assurant une juste répartition des richesses ainsi crées. La forte augmentation du pouvoir d’achat des Français est allée de pair avec la modernisation de notre économie et des investissements pour l’avenir (c’est pendant les années 60 que bases d’Airbus, d’Ariane, du nucléaire et du TGV furent jetées).

Nicolas Sarkozy a-t-il la méthode pour faire avancer la société française ? On peut douter de sa capacité à faire travailler une équipe de manière performante. De manière très intéressante, il s’entoure essentiellement de seconds couteaux (les Raffarin, Juppé et MAM ne semblent absolument intégrés dans l’équipe de campagne) et de fidèles qui lui doivent tout. Pourtant, il est important de savoir faire travailler des talents issus de différents cercles. Ensuite, un gouvernement doit pouvoir travailler en équipe de manière sereine. Or, depuis 2002, Nicolas Sarkozy a montré l’exemple inédit d’un ministre qui critiquait sans cesse le Premier Ministre et le Président, qui appartenaient pourtant à la même majorité. Quelle importance s’il était lui-même le chef ? Une importance immense dans la mesure où les seconds ont toujours tendance à reproduire les comportements de leur chef. Comment espérer demain que les lieutenants de Nicolas Sarkozy agissent comme une équipe soudée et solidaire vu l’exemple détestable qu’a montré le ministre de l’intérieur pendant 5 ans ? A la moindre vague, nul doute qu’ils se montreront aussi solidaires que ce dernier l’avait été vis-à-vis du gouvernement lors du CPE.

Deuxième point d’importance. Pour réformer la France, il faut être capable de rassembler les Français vers un but commun et leur expliquer la direction suivie. Quel sera la capacité d’un Président Sarkozy à tenir un tel discours rassembleur ? Sa méthode vise en permanence à opposer de manière simpliste les catégories les unes aux autres (bons français qui se lèvent tôt contre profiteurs, délinquants, immigrés…). Sur TF1, quand on lui parle du coût de revaloriser certaines retraites, il cite spontanément les régimes spéciaux. Ainsi, on va prendre aux uns pour redistribuer aux autres. C’est tellement plus facile d’opposer les Français plutôt que d’expliquer le rationnel de chaque décision. En tant que ministre de l’intérieur, le candidat a également passé son temps à s’opposer au ministère de la justice, sans qu’un travail serein entre les deux semble possible. La méthode Sarkozy, c’est la confrontation permanente et l’écrasement de toute personne qui se trouve en travers de sa route. Ce n’est pas de cette façon qu’on peut faire avancer les Français vers la voie de la réforme. D’ailleurs, sous le vernis des grands discours et des multiples textes législatifs, le candidat de l’UMP a-t-il fait tellement des réformes importantes avec cette méthode depuis 2002 ?

Mais surtout, pour réformer la France, il faut proposer une vision aux Français, une direction claire que l’on peut partager avec eux, comme le Général à la Libération ou en 1958. Le problème est que Nicolas Sarkozy pratique le zig zag idéologique permanent : il est passé de la rupture libérale, atlantiste et communautaire à l’évocation de Jaurès, Blum, des patrons voyous pour revenir à un discours sécuritaire, le tout validé par des tests marketing (le ministère de l’immigration et l’identité nationale aurait ainsi été testé par des études qualitatives et quantitatives selon le responsable d’un institut de sondage ce matin sur RTL). Que peut-il rester de ce gloubi-boulga idéologique pour entraîner les Français ? Rien ! On ne peut pas faire avancer les Français sans vision claire de ce qu’il faut faire pour notre société. Le candidat de la godille a tellement dit tout et son contraire qu’il ne peut pas proposer un projet de société mobilisateur. En outre, ses multiples provocations crispent une forte proportion de la population qui ne manquera pas de s’opposer avec vigueur à ses réformes, surtout s’il continue de les présenter de manière aussi polémique. Cette absence de vision le contraindra à l’immobilisme car ses réformes susciteront beaucoup d’opposition et il se souciera trop de sa réélection pour véritablement avancer.

Demain, les promesses de campagne

Commentaires

Un grand merci à Jacques Chirac du beau cadeau empoisonné qu'il vient d'offrir à Sarkozy !!

Comme Dominique de Villepin, ce n'est avec aucun enthousiasme qu’il vient d’apporter son soutien à Sarkozy !

Le décryptage de son allocution est très explicite. C’est un choix purement mécanique qui répond aux règles de fonctionnement de l’UMP, UMP dont il est « le créateur » a-t-il rappelé, point final !!

Jacques Chirac et Dominique de Villepin respectent tout simplement les règles du jeu !!

Mais dans le fond, le sens du message est complètement différent. D’une part il n’y a aucun élan, aucun appel motivé, aucun appel aux citoyens de voter pour Sarkozy, « ce n’est qu’un choix personnel » précise Jacques Chirac !

D’autre part, c’est un signe très fort contre l’idée de rupture que souhaite Sarkozy !

Sarkozy qui a passé son temps à cracher sur Jacques Chirac et sur le 1° ministre se trouve désormais dans une position bien délicate !!!
Même si dans l’immédiat il se dit «satisfait », sur la durée et comme le montre déjà des commentaires de ses supporters, ce soutien (comme celui de Dominique de Villepin) va devenir bien embarrassant !

Que va t-il faire ? Il est fort probable qu’il fasse comme d’habitude, c'est-à-dire prôner tout et son contraire et donc certainement revenir maintenant qu’il est libre, à chanter le renouveau et la rupture !!!

Seulement ce n’est pas la position de Jacques Chirac (lire les extraits de ses deux bouquins qui vont sortir vendredi, par exemple son opposition formelle à la discrimination positive), ce n’est pas la position de Villepin, ni celle de Bayrou !!

Donc, soutenir Sarkozy pour espérer le voir perdre le 6 mai, ce n’est pas problématique du tout, bien au contraire !!

Ils pourront se targuer de dire, « Tu vois Nicolas, tu nous a pas écouté, tu voulais la rupture ? Eh bien tu l’a gagnée avec ton équipe, maintenant c’est François le président » !!

Ecrit par : Lucide | 21.03.2007

Conférence de Dominique de Villepin à Harvard:

http://ksgaccman.harvard.edu/iop/events_forum_video.asp?ID=3085

Ecrit par : samira | 21.03.2007

je la refais, c'est mieux comme çà !

Ils pourront se targuer de dire, « Tu vois Nicolas, tu nous as pas écoutés, tu voulais la rupture ? Eh bien tu l’as gagnée avec ton équipe, maintenant c’est François le président » !!

Ecrit par : Lucide | 21.03.2007

Les Dictateurs amis de la France !?



Tout de que vous avez toujours voulu savoir sur la politique de la France en Afrique et ceux qui la combattent

Au mois de mai 2004 Survie a lancé une campagne de long terme contre le soutien de la France aux dictateurs africains. Son titre, « Les dictateurs amis de la France ?! », exprime le questionnement et l’indignation suscités par les amitiés douteuses que les plus hautes sphères de l’État français (à commencer par le président de la République) affichent à l’égard de certains despotes bourreaux de leur propre peuple.

Il s’agit d’exprimer un rejet ferme de ce type de dictature néocoloniale (une forme d’esclavage) et des discours qui tendraient à en faire un modèle politique pour l’Afrique.

Cette brochure, qui se veut pédagogique (notamment grâce à ses fiches pays), vise à approfondir les thèmes et études de cas abordés par la campagne afin de fournir des outils de compréhension et d’argumentation sur ce défi universel du rejet de la dictature.

Elle présente également une série de propositions sur lesquelles interpeller citoyens et pouvoirs publics français, en particulier les élus locaux (maires, conseillers régionaux) et nationaux (députés, sénateurs).

15 000 signatures de soutien à cette campagne ont été récoltées par Survie, ainsi que 25 réponses de députés.

Sommaire :

Dictatures de la Françafrique... et dictateurs françafricains

De l’État colonial aux dictatures actuelles, une décolonisation inachevée

Le rôle de la France

Non assistance à pays en danger !

Voyage en Françafrique

Algérie
Maroc / Tunisie
Bénin
Burkina-Faso
Cameroun
Centrafrique
Comores
Congo-Brazzaville
Côte d’Ivoire
Djibouti
Gabon
Guinée / G. équatoriale
Mauritanie
Tchad
Togo
Les “parrains”de la Françafrique

Jacques Foccart
Jacques Chirac
François Mitterrand
J.-C. Mitterrand
Charles Pasqua
Michel Rocard
Robert ‘Bob’ Denard
P.-J. Falcone
A. Gaydamak
Inst. françafricaines
Résistances et perspectives

Jacques Chirac interpellé par des démocrates africains

En Afrique, la démocratie en marche

Expériences démocratiques à Madagascar, au Niger, au Mali et au Sénégal

Journalistes en résistance

Halte au pillage !

Impunité zéro pour les tyrans

Les artistes se mobilisent 42

Dette de l’Afrique ou dette de ses dictateurs ? 44

Mobilisations au Nord 46

Une campagne contre le soutien de la France au dictateurs africains

Ecrit par : de gaulle chirac fachozy enemi de la race noire | 21.03.2007

Milles excuses LAURENT (Gaulliste Libre), le message d'avant vient du fait que j'ai un peu secoué les SARKOSYSTES sur le BLOG de Chistophe CARIGNANO, hier en parlant de votre BLOG. Naïveté de ma part, de croire qu'argumenter et faire appel à l'intelligence et au sens critique, soit permis à tous. ce n'est bien sûr pas possible quand vous êtes face à des groupement d'intérêts divers et variés spécialistes des Tournantes communautaristes.

J'ai eu la malencontreuse idée de dire que notre SARKO était une crêpe empoisonnée pour la FRANCE et les Français et .... en argumentant un peu fortement, j'ai notamment dit ceci :

"Avez-vous remarqué que l'Afrique en dessous de nous, l'Europe, est en train de se faire partager sous 2 influences, celle des USA "les maîtres du monde Impériaux" et la CHINE "les laborieux qui finance le déficit des USA avec leur YEN"."

Visiblement cela doit géner quelque part. cela ne vient pas forcément d'Africain.


Ce que j'ai toujours aimé dans une dictature c'est l'Alibi de l'utilisation débordante du mot "Démocratique". Tout le monde sait qu'en RDA, il n'y avait que des Démocrates.

Laurent, si les délires de ceux qui n'ont aucun autre argument que l'invective, pour s'opposer à l'absence de réflexion et de sens critique ne cesse, n'hésiter pas à faire relever les IP.

Ecrit par : PHG | 22.03.2007

@ PHG

Pas de problème. Merci de faire référence à mon blog (j'ai fait plus de 500 pages lues hier, un nouveau record). A dire vrai, je suis très content de lire la plupart des commentaires que j'y trouve et il normal quand on ouvre un blog de s'exposer à de tels commentaires.

@ ....

Je pense que c'est une vision trop caricaturale des choses. L'ostracisme à l'égard de dirigeants non démocratiques finit la plupart du temps par être payé par la population et non par ces mêmes dirigeants (il suffit de penser à Cuba ou à l'Iraq : pensez-vous que Fidel Castro ou Saddam Hussein souffraient de l'embargo ?).

Même s'il ne s'agit pas d'être complaisant vis à vis de dictateurs, je crois que c'est le contact avec les démocraties qui leur permettra d'évoluer.

Ecrit par : Laurent (Gaulliste Libre) | 22.03.2007

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