02.04.2007
15ème raison pour faire barrage à Nicolas Sarkozy : le candidat anti-gaulliste
Sur les idées, les positions atlantistes du candidat de l’UMP sont en contradiction totale avec tout ce qu’a été la politique étrangère du Général pendant des années. Qu’aurait bien pu dire des positions du Général de Gaulle sur l’OTAN le ministre qui a dénoncé « l’arrogance » de la position française en 2003 ? Quelle cohérence y-a-t-il entre un ministre du budget ou un candidat qui ne semble guère concerné par les grands équilibres financiers et le Président de la République qui tenait à ce que le gouvernement présente des budgets à l’équilibre. Quel rapport y-a-t-il entre un Président qui utilisait le référendum et un candidat qui se défile à l’avance sur un sujet européen où tout exige que ce soit à nouveau les Français qui tranchent ? Quel lien entre celui qui inventa nos Institutions, où le Président préside et le Premier Ministre gouverne, et le candidat qui veut changer les équilibres institutionnels en faisant du Premier Ministre un simple chef de cabinet du Président ? Comment peut-on imaginer le moindre rapport entre un candidat qui parle de financer les religions, de réformer la loi de 1905 et qui découpe la France en communautés comme aux Etats-Unis et un Chef d’Etat qui su au contraire rassembler la communauté nationale, dans toute sa diversité, même dans les épreuves les plus difficiles (Résistance, après-guerre, guerre d’Algérie) autour d’un Etat laïc qui regarde tous ses enfants sans faire la moindre différence entre eux ? Quelle comparaison entre un Président qui su équilibrer le souci de justice sociale avec la modernisation de notre économie et un candidat qui ignore tellement la notion de justice sociale qu’il annonce déjà ne pas vouloir augmenter le SMIC ?
Il n’y a également rien à voir dans la méthode. Sous le Général de Gaulle, le gouvernement était une équipe unie et soudée qui travaillait au service de la France. Nicolas Sarkozy a complètement remis en cause cette manière de fonctionner républicaine. Il est le premier ministre à avoir autant contesté l’autorité à la fois du Premier Ministre et du Président de la République en prenant des postures opposées pour servir sa future candidature. Comme l’avait dit avec justesse le très gaullien Jean-Pierre Chevènement, « un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». Il n’y a pas de juste mesure. La chienlit gouvernementale qu’a installé le ministre de l’intérieur, notamment quand Jean-Pierre Raffarin était Premier Ministre ne permettait pas au gouvernement de travailler sereinement. Imagine-t-on une seconde qu’un tel comportement aurait été toléré sous la Présidence du Général de Gaulle ? Les écarts de langage du ministre (« karcher », « racaille ») ne font pas non plus partie de notre tradition républicaine. En outre, nous voyons bien aujourd’hui qu’à part permettre de prendre des postures électoralistes, ces déclarations compliquent plus la solution des problèmes qu’elles ne contribuent à les résoudre.
Venons-en à la personnalité du candidat de l’UMP et sa façon de faire de la politique. Là encore, il n’y a encore aucun rapport entre ce qu’un gaulliste peut attendre d’un Chef de l’Etat et l’ancien ministre de l’intérieur. Alors que le Général affirmait que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille », la proximité de Nicolas Sarkozy avec des grands patrons du CAC 40 fait voler en éclat la nécessaire séparation entre l’Etat et les intérêts privés. Là où le Général de Gaulle parlait de la France aux Français, le candidat de l’UMP présente des promesses intenables et contradictoires sur lesquelles il revient en pleine campagne (la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires est devenue une promesse de ne pas augmenter les impôts et de tout faire pour les baisser dans le document de campagne dévoilé la semaine dernière). Là où le Général de Gaulle se mettait au service de la France en présentant aux Français ses idées et convictions, Nicolas Sarkozy cherche juste le pouvoir et construit sa campagne comme une simple campagne de communication où le candidat caméléon adapte son discours en fonction de chaque audience (tantôt libéral pour les patrons, tantôt citant Jaurès et dénonçant les patrons voyous devant une audience populaire. Sous l’habile communiquant, ne se trouve qu’un candidat de postures dont je vous laisse juge de la sincérité…
Non, Nicolas Sarkozy n’a rien à voir avec le gaullisme. Plus encore, il est la négation de tout ce que représente le gaullisme, que ce soit au niveau des idées, de la méthode ou de la personne. Et si François Bayrou est centriste, reprenez cette grille de lecture et vous conviendrez qu’il passe beaucoup mieux le test que le candidat de l’UMP. C’est pourquoi je soutiens le candidat de l’UDF et j’appelle à faire barrage de toutes mes forces à Nicolas Sarkozy.
09:25 Publié dans Présidentielles 2007, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




Commentaires
MERCI à Laurent pour la pertinence des ces 15 raisons de ne pas VOTER pour Nicolas SARKOSY.
Elles sont à promouvoir et diffuser, car totalement claires, précises et argumentés.
C'est le projet, l'individu et son entourage et ses manières qui nous amènent à voter contre. Les militants UMP qui l'ont adoubé en lui permettant cette OPA sur l'UMP en porte la responsabilité.
Entre le destins de la FRANCE et celui du candidat de l'UMP, le choix sera donc facile.
MERCI encore LAURENT que je suis toujours très heureux de lire et promouvoir autant qu'il m'est possible.
Amitiés Gaullistes et Républicaine
Écrit par : PHG | 02.04.2007
Et voilà c'est terminé . Je remercie trés sincérement et trés chaleuresement Dominique de Villepin . Aujourdh'hui il est tout sauf seul . Son bilan plus tard restera comme celui d'un des meilleurs ministres que la France ait eu si ce n'est le meilleur . J'espére que des personnes arriveront à mettre ce bilan en valeur . Néanmoins le symbole de son action restera la guerre en Irak et le CPE qui devait pas être si mauvais étant donné que Royale propose également son contrat destiné à la jeunésse . pour terminer je garde mon opinion pour son avenir , ce serait bien qu'il créait une fondation internationale et se présente dans un an à RENNES
Écrit par : EA | 02.04.2007
Bien sûr son opposition à la guerre en Irak
Écrit par : EA | 02.04.2007
Et quid du deuxieme tour?
Et du danger pour la république si Sarkozy arrive au pouvoir?
Écrit par : stephane | 29.04.2007
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