13.04.2007

3ème raison pour voter François Bayrou : la responsabilité fiscale

Une des différences majeures entre le projet du candidat de l’UDF et ceux de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy est l’aspect budgétaire. Alors que les deux leaders des sondages multiplient les promesses au coût déraisonnable (quitte à les oublier après coup), François Bayrou a le courage de faire campagne sur la responsabilité fiscale. Ce choix de la raison contre la démagogie est socialement juste, comme le dit la brochure de campagne du candidat.

En effet, si réduire les déficits publics et la dette est rarement un sujet motivant pour les campagnes électorales, il s’agit d’un choix politique qui permet d’assurer une plus grande justice sociale en période de crise économique. Prenons le cas récent du ralentissement économique mondial consécutif à l’explosion de la bulle internet. En France, le gouvernement Jospin, qui avait dépensé la cagnotte plutôt que de remettre véritablement nos finances en ordre, n’a pas eu les moyens de soutenir l’économie quand la croissance s’est tarie puisque le budget était déjà largement en déficit, privant l’Etat des moyens d’amortir la crise économique, qui frappe toujours les plus faibles. En revanche, au Royaume Uni, le gouvernement de Tony Blair, par sa gestion rigoureuse des finances publiques de 1997 à 2001, avait atteint un confortable excédent budgétaire qui a permis au gouvernement d’augmenter les dépenses publiques de 8% par an à partir de 2001, ce qui a amorti l’impact de la crise économique mondiale, permis à l’économie anglaise de continuer à croître et surtout d’éviter au chômage de repartir à la hausse, contrairement à la France.

Plus concrètement, le document de campagne de François Bayrou indique que la moitié des recettes budgétaires nouvelles seront affectées à la réduction du déficit budgétaire (la cagnotte ne sera pas gaspillée). Très justement, une loi constitutionnelle sera passée pour interdire le déficit de fonctionnement, hormis en période de récession (ce qui permettra d’avoir une politique contra-cyclique). Le niveau des prélèvements obligatoires ne sera réduit qu’à partir du moment où la dette sera réduite. Les dépenses nouvelles, qui seront nécessaires pour des domaines comme la recherche ou l’enseignement supérieur, seront financées par des économies. Enfin, François Bayrou propose l’unification des départements et des régions de manière à simplifier l’organisation de nos collectivités locales et à faire des économies.

Il est très courageux de faire ce choix en pleine campagne car il ne rapporte qu’à moyen ou long terme alors que les dépenses ou baisses d’impôts sont toujours populaires dans l’immédiat. Mais ce choix montre un sens de l’intérêt général que ne montrent pas les autres candidats. C’est un choix d’homme d’Etat, dans la lignée du gouvernement Villepin, qui fait rare, a largement réduit le déficit budgétaire à la veille des élections.

Commentaires

Le site internet nouvelobs.com révèle cet après-midi un sondage explosif des Services Secrets Français.

La Direction Centrale des Renseignements Généraux est en possession d’une enquête confidentielle sur l’état de l’opinion qui annonce l’élimination de Ségolène Royal au 1 er tour et la présence de Sarkozy et Le Pen au deuxième

Cette enquête, effectuée dans le cadre des missions de prise de température de l’opinion sur des thèmes non politiques, baptisée "Mercure", est effectuée sur un échantillon de 15.000 personnes sur tout le territoire français.

Officiellement, les Renseignements Généraux ne font plus de sondages électoraux. Mais, ces dernières semaines, les RG régionaux ont eu pour consigne de faire remonter des informations sur le vote du premier tour.

Ce sondage "Mercure", donnant Nicolas Sarkozy en tête, Ségolène Royal éliminée, et François Bayrou et Jean-Marie Le Pen au coude à coude, avec une "conjoncture positive" pour ce dernier, pourrait annoncer un deuxième tour entre Nicolas Sarkozy et le leader du Front National.
Cette information, que la place Beauvau ne peut révéler, pourrait provoquer une déflagration politique.



Posté par Morandini à 13h38 - Les news télé - 61 commentaires

Ecrit par : Lucide | 13.04.2007

Petite précision :
A priori après vérification, sondage à prendre avec des pincettes (attention à la manipulation)

Ecrit par : Lucide | 13.04.2007

Rappel : N'oubliez pas d'acheter Marianne demain !!

Marianne n°521, en vente à partir du samedi 14 avril

"Ce que les grands médias n'osent pas ou ne veulent pas dévoiler, LE VRAI SARKOZY"

Ecrit par : Lucide | 13.04.2007

si c'est ça je crois que l'image de la France en sera durement et pour longtemps affecté et je ne sais pas du tout comment on sera perçu à l'étranger . On risque de passer pour des extrémistes

Ecrit par : Villepin Président 2012 | 13.04.2007

Pour moi Royal a gagné mais je peux me tromper . La Gauche après 2002 a un devoir de victoire et cela sauvera Royal . La surprise des éléctions sera Ségolène Royal . Les sondages sont faits en fonction d'une droite toute acquise à Sarkozy . Alors que la réalité en est bien loin

Ecrit par : Villepin Président 2012 | 13.04.2007

De plus Dominique de Villepin s'est pas présenté car il sait très bien que Sarkozy va perdre sans candidat dissident . Cela constituera son aventage pour 2012 en plus car il ne sera pas accusé d'avoir divisé la droite . Il sait très bien que la droite a perdu et cela constitue la principale explication à sa déception que certains ont perçu comme une dépréssion .

Ecrit par : Villepin Président 2012 | 13.04.2007

UMP : ils se voyaient déjà...
Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.




Il y a dix jours encore, les généraux sarkozystes s'inquiétaient, s'angoissaient même parfois de l'issue d'un combat qui leur paraissait incertaine. Les humeurs changeantes du chef, parfois chagrines, les préoccupaient. La droitisation de la campagne les laissait perplexes. Aujourd'hui, les dirigeants de l'UMP n'ont plus d'états d'âme. Ils s'y voyaient déjà, il y sont déjà dans l'après élection, dans l'après victoire. Dans l'exercice du pouvoir.

Prenez le déplacement de François Fillon hier au Mans, déplacement en grandes pompes, avec toutes les petites mains pour les faire briller. Pour accompagner le favori pour Matignon - en cas de succès sarkozien - se précipitaient, se bousculaient députés, sénateurs, publicitaires qui s'étaient soudain pris de passion pour Fillon, le conseiller politique de sa majesté. La Cour se déplaçait en équipage royal - 1er classe TGV - et joyeux.

Le pouvoir attire le pouvoir. Le pouvoir a une odeur, mélange subtile, distingué de Chanel, Guerlain et Maroquin ! Le pouvoir a un bruit doux de rires, de chuchotis, de vacheries. On se distribuait les portefeuilles ou on se les piquait. Les Grands Communicants du futur Roi avaient fait le déplacement : Pierre Charon, Jean-Michel Goudard. Et les femmes, plus jolies, plus vives les unes que les autres : la blonde Valérie Pécresse, la brune Rachida Dati, la black Ramatoulaye Yade… Fillon les a présentées comme les trois couleurs du drapeau qu'il avait dans le cœur… et donc demain, chuchotait-on, au gouvernement.

Pécresse, porte-parole de l'UMP, ex-conseillère de l'Elysée a montré qu'elle avait du métier, en… couvrant d'une ample brassée de fleurs François Fillon : « homme d'Etat… ouvert… courageux… fin… lucide… drôle… appelé à un grand destin, etc. » Un ministère se conquiert à la pointe de l'encensoir. Pécresse a mérité le sien…

François Fillon, le gentleman farmer de la Sarthe, marié à une femme anglaise passionnée de chevaux, avait lui-même changé. L'ex gaulliste social et ancien ministre de l'Education s'est « pompidolisé ». De s'être fait virer du gouvernement l'a durci, comme « empierré ». Le frêle a pris de l'épaisseur, de l'estomac et ses sourcils broussaillaient tels ceux de Pompidou autrefois. Le sénateur de Sablé a mis un peu de poids aussi dans son propos.

Fillon « brin d'acier » ne parle plus comme un jeunot qui, un jour, occupera à nouveau un ministère. Il parle en chef de gouvernement qui déroule le programme de « son » Président, conseillant vivement aux députés « d'annuler leurs locations de vacances », car il faudra frapper fort et vite une fois Nicolas Sarkozy élu. Il faudra donc voter une loi pour instaurer le service minimum dans les services publics, et engager la réforme des universités, et exonérer les heures supplémentaires de charges sociales, et supprimer les droits de succession pour 95 % des ménages, et instaurer des peines planchers pour les multirécidivistes, etc. etc.

Ils ont tout préparé, ou presque. Dans les voitures du retour sur Paris, les sarkozystes détaillaient minutieusement le calendrier parlementaire, les concessions financières notamment à faire aux syndicats pour éviter tout blocage, ou la nouvelle architecture gouvernementale. Tout juste si l'on évoquait la préparation du débat d'entre deux tours auquel Sarkozy et Fillon travaillent quand même.

Ses têtes-là sont déjà à la victoire d'abord parce que leurs adversaires ne font pas le poids, selon eux, et ne méritent qu'à peine qu'ils s'y attardent d'une pensée. Bayrou ce n'est pour les sarkozystes « qu'une posture et une imposture ». Ségolène Royal ? « Une girouette de Poitou-Charentes » dont les changements désorientent les socialistes authentiques. Au point que ce sont ceux-là mêmes, ces excellences du PS, qui les suppliaient de les aider à valoriser Royal, de peur qu'elle ne soit éliminée au premier tour et ne laisse sa place en finale à Bayrou. Une hypothèse qui provoquerait l'éclatement du PS. Bigre. Quant à Le Pen, il leur paraît « vieilli, usé, fatigué », comme dirait Jospin. Même pas besoin de passer d'alliance avec le chef frontiste, ses électeurs les intéressent. Le président du FN est condamné par l'âge et l'inactivité hyperactive de leur champion survitaminé. Sarkozy, pour eux, a fait le trou, ce sont les sondages qui les ont convaincus. Les sondages d'intention de vote bien sûr, mais surtout les enquêtes qualitatives qui montrent que désormais le patron de l'UMP l'emporte sur tous les points, en énergie bien sûr, mais en compétence aussi, en solidité également et même en proximité. Une partie importante de l'électorat de gauche trouve même qu'il fait un présidentiable acceptable. Ce qui est essentiel. Car cela signifie pour eux que le TSS, le Tout sauf Sarkozy, ne pourra pas fonctionner. Leur boss a démobilisé le camp adverse non seulement en retournant des hommes autrefois de gauche, comme Max Gallo ou Roger Hanin ou André Glucksmann mais aussi en se conciliant une partie de l'électorat progressiste. Voilà pourquoi les sarkozystes vivent leurs rêves de ministère, conduits vers les lendemains qui chantent par François Fillon sur son tracteur ; il en a un lui aussi, un Deutz 1950. « Ce sont les meilleurs moments, glisse un de ces élus, comme avant l'amour quand on monte l'escalier… ». Mais vous verrez que demain matin, que ce matin même, Sarkozy va les réveiller, les disputer, les houspiller. Il se souvient qu'en 1995, lui aussi s'était endormi la tête dans les étoiles, et qu'il s'était réveillé dans le fossé…

Le fossé se tient juste devant les courtisans

Ecrit par : Villepin Président 2012 | 13.04.2007

@ VP 2012

Je suis d'accord avec l'analyse : si Bayrou ne passe pas, je crois que SR gagnera. Mais je pense que Bayrou serait une meilleure solution pour la France. Dans tous les cas, DDV est en embuscade pour 2012.

Merci pour l'article, très juste. Il est rarement de bon présage de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué...

Ecrit par : Laurent, Gaulliste libre | 13.04.2007

@Villepin 2012

Sur votre dernier commentaire,

Pour GLUCKSMANN, cela n'est pas nouveau. En 2003 lors de la période du bras de FER entre BUSH et CHIRAC (VILLEPIN), en surfant sur le net, je me suis retrouvé sur un site du PARTI REPUBLICAIN aux USA. Il y avait une analyse de la situation en FRANCE, basé sur un bouquin de GLUCKSMANN.

En fait il n'y a vraiment rien d'étonnant, j'ai l'impression que l'UMP hors les CHIRAQUIEN est devenu le parti des ANGLO-SAXON.

pour faire de l'humour je dirait qu'ils n'ont pas dû apprécier l'appel de COCHIN en 1976.

FILLION est donc marié avec une anglaise. A-t'il suivi un stage de perfectionement en Angleterre ? Cela me rappelle une histoire avec un ex-Chef d'un parti sud-américain en echec et qui est revenu mariée avec une américaine et des nouvelles méthodes pour prendre le pouvoir. France Inter en a parlé, il y a 2 à 3 mois. C'est un peu comme BUSH junior un Born Again, ex-ivrogne repenti.

Ecrit par : PHG | 13.04.2007

Bonjour,
Je vous écris pour vous faire part du lancement d’un nouveau site sur la campagne présidentielle.
Le principe est simple: “Vous êtes prêts à nous convaincre de voter pour votre candidat en quelques minutes ? Alors déposez votre vidéo sur notre site. N’hésitez pas, foncez et animez la campagne présidentielle en commentant les vidéos!”
Rendez-vous sur www.quivotequi.fr
Merci d’avance, et à bientôt sur le site!

Ecrit par : Quivotequi | 14.04.2007

En tout cas, ainsi que le souligne Éric Le Boucher dans « Le Monde » de dimanche-lundi derniers (« Les leviers de la croissance »), François Bayrou est le seul des candidats dont le programme équilibre les recettes et les dépenses. Au reste, sa prévision de croissance sur 5 ans est de 2%, ce qui est, hélas, plus raisonnable que les 2,25% de l’UMP ou les 2,5% du PS. « Sans accélération de l’expansion, M. Sarkozy et Mme Royal ont un problème de cadrage financier de leurs propositions. Ils ont dû l’admettre et reconnaître que les dépenses engagées allaient augmenter le déficit pendant les premières années. Ils demandent aux électeurs de ne les juger qu’au bout de cinq ans sur ce thème des finances publiques et de la dette. Est-ce crédible ? »…

Ecrit par : Villèle | 19.04.2007

Les commentaires sont fermés.