10.05.2007

L’après second tour maladroit de Nicolas Sarkozy

Bien sûr, il est un peu facile d’attaquer Nicolas Sarkozy sur la gestion de l’après élection, mais après tout, c’est lui qui avait choisi de faire des déclarations sur « l’ascèse » présidentielle, sur sa volonté de se retirer pour « habiter » la fonction. Retour sur un premier raté.

L’état de grâce n’est pas prêt de durer longtemps, s’il commence seulement… Il est assez stupéfiant que ce pro de la communication politique n’ait pas compris la maladresse de la séquence qu’il a entamée depuis son élection. Il commence par aller dîner au Fouquet’s avec des grands patrons, puis apparaît avec les célébrités qui le soutiennent. Enfin, il part en jet privé pour aller passer quelques jours en famille sur un grand yacht près de Malte. Dans le même temps, le couple Hallyday annonce son retour en France du fait de l’introduction à venir du bouclier fiscal. Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy avait réussi à s’adresser aux classes populaires avec les textes d’Henri Guaino et les anti-Sarkozy n’avaient pas vraiment réussi à faire de lui le candidat du CAC 40 et des riches. Et curieusement, voilà que lui-même condense dans les premiers jours après son élection tous les clichés que ses adversaires voulaient lui coller.

Bien sûr, le candidat de l’UMP avait droit à des vacances après une telle campagne, et après tout, s’il a des amis fortunés qui lui proposent de les passer sur leur yacht, il n’y a rien à redire, du moment qu’il ne peut pas y avoir de conflits d’intérêt une fois en fonction, ce qui est le cas avec M.Bolloré. Mais, dans ce cas-là, il lui revenait de ne pas annoncer qu’il allait passer les quelques jours après l’élection à « habiter » la fonction présidentielle. Du coup, il n’est pas anormal que les média prêtent de l’attention à ce qu’il fait et s’interrogent sur le décalage entre ce qu’il avait annoncé et ce qu’il fait. Forcément, il semble y avoir contradiction entre le discours (ascèse et retraite) et les faits (patrons, people, jet privé, yacht). Nicolas Sarkozy est le seul et unique responsable de cette séquence ratée.

Bien sûr, ses défenseurs vont dénoncer le mauvais procès qui est fait au nouveau Président. Mais c’est lui seul qui a choisi la séquence qui a suivi son élection et c’est lui qui a créé le décalage avec ses annonces d’avant second tour.

Commentaires

Bonjour à tous,
Juste quelques mots pour vous faire part du coup de bluzz que j'éprouve en ce moment.
Après les images de la cérémonie du 08 mai, tout à coup je réalisais que la fin était toute proche et que certainement de longs mois allaient s'écouler avant d'espérer retrouver DdV quelque part sur la scène politique.
Courant dans le parc du château de Versailles l’après-midi, je suis passé à côté de la résidence où DdV se trouvait, peut-être dans l’espoir de le croiser et de lui dire merci.
Le reste, encore une fois, ce n'est certainement pas Royal qui me manque.
Quant à Sarko (même si c'est Sarko), hé bien il est président et c'est certainement mieux que Royal.
En espérant qu'il fasse de bonnes choses, c'est bien le minimum qu'on puisse lui souhaiter même si je l’ai vivement critiqué.
Mon intuition, Dominique de Villepin reviendra !
A très bientôt,

Écrit par : Lucide | 10.05.2007

Cher Gaulliste libre,

Un extrait du Monde:

"Au moins une des sociétés de Vincent Bolloré dépend de commandes publiques, affirme la CGT après que l'homme d'affaires, qui a invité Nicolas Sarkozy pour une croisière à Malte, ait dit n'avoir "aucune relation commerciale avec l'Etat".

Le syndicat des journalistes SNJ-CGT de France 3 cite la Socété française de production (SFP), que le groupe Bolloré détient à travers une participation de 40,6% dans Euro Média Télévision.

Le propriétaire du groupe Bolloré "n'a bien sûr rien à voir avec le rachat, au quinzième de sa valeur, de la Société Française de Production (SFP), ex-entreprise publique", déclare le SNJ-CGT dans un communiqué teinté d'ironie."
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Alors vous êtes sûr que l'honneur est sauf????Mais nous ne sommes plus à cela près, et je pense que les Français vont devoir faire un plongeon en eaux profondes. Je ne suis pas certaine qu'ils s'y attendent et qu'ils ont fait le plein d'oxygène...Rendez-vous dans 10 ans car l'élection de 2012, on peut déjà la zapper, c'est une évidence. Les médias seront encore plus manipulateurs qu'ils ne l'ont été durant cette campagne, c'est vous dire. Sans compter tous ceux qui vont s'auto-censurer. Souvenez-vous comment les actions de notre très cher Premier ministre Dominique de Villepin ont été boycottées par les médias, et comment lui-même a été souillé dans l'affaire Clearstream par le Monde, l'Express, le Point....Pourquoi notre cher Dominique ne s'est-il jamais défendu et n'a t-il jamais riposté? J'espère que nous en aurons un jour la réponse. Il la doit aux Français. Je suis persuadée que lorsque Chirac ne sera plus de ce monde, une partie de la vérité sera révélée au grand jour. Patience donc!

Chirac aura fait énormément de tort à la France. Je ne le regretterai jamais, c'est une certitude. Lorsque j'entends ou lis certains qui pensent qu'ils vont le regretter si sarkozy abime la France, pour moi ce sera tout le contraire. Je lui en voudrai encore davantage car je saurais à qui on doit le fait que Sarkozy soit en position d'abimer la France, quand Dominique de Villepin aurait pu oeuvrer à la grandir.

Écrit par : samira | 10.05.2007

Cher Laurent, tu as oublié l'Affaire des infirmières bulgares où Sarko a été critiqué par le gouvernement concerné dès le soir de son élection...

Écrit par : laetimeg | 10.05.2007

Autre info du Monde:

"Le groupe de Vincent Bolloré a bien obtenu des marchés publics
LEMONDE.FR | 10.05.07 | 20h52


Contrairement à ce qu'avaient affirmé Vincent Bolloré et Nicolas Sarkozy, mercredi 9 mai, le groupe de l'homme d'affaires s'est bien vu attribuer ces dernières années des marchés publics. Sur le site Internet des Journaux officiels de la République française, on retrouve ainsi la trace de plusieurs attributions de marchés publics.

SDV, la filiale logistique du groupe Bolloré, a obtenu le 10 août 2006 l'attribution du marché du "traitement de la valise diplomatique fret" par le ministère des affaires étrangères, selon l'annonce numéro 368 publiée le 6 novembre 2006 dans le Bulletin officiel des annonces de marchés publics (BOAMP). "Ce marché est un 'contrat sensible' au sens de l'arrêté du 18 avril 2005 (...) relatif aux conditions de protection du secret et des informations concernant la défense nationale et la sûreté de l'Etat dans les contrats", précise l'annonce. La valeur totale estimée de ce marché est comprise entre 1,4 million et 5,6 millions d'euros, hors taxes, pour "une durée de 48 mois à compter de la notification du marché".

Écrit par : samira | 10.05.2007

Samira, t'es en forme !
Biz

Écrit par : Lucide | 10.05.2007

Première semaine

Il ne s’agit pas ici d’évoquer la soirée électorale du nouveau Président, ni ses quelques jours de vacances qui ne sont au final qu’une faute de gout qu’il aurait été préférable d’éviter, mais plutôt la façon dont les choses se déroulent depuis jeudi.

Notre Constitution précise dans son article 8 que le Président nomme les membres du gouvernement autres que le Premier Ministre sur proposition de ce dernier. Il semblerait que, même si François Fillon est associé aux discussions, les tractations soient menées par le Président en personne.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy séjourne ce week-end à «La Lanterne», résidence habituelle du Premier Ministre. Après plusieurs mois de campagne basés sur l’image et les symboles, il parait légitime de rechercher un sens à ce séjour.

Enfin, la Constitution prévoie (Art. 20) que «le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation». C’est pourtant le nouveau Président qui va recevoir les syndicats lundi et mardi.

Autant de signes, comme le laissait présager la campagne électorale, qui feraient que nous n’aurions pas élu un Président de la République, mais un Super Premier Ministre…

Et si le Président, accaparé par la politique intérieure, ne remplissait plus ses fonctions au sens de la «Loi Fondamentale», il ne faudrait surtout pas que quelqu’un s’imagine reprendre le rôle trop rapidement. Pour cela, on réformera les statuts de l’UMP afin de s’assurer qu’elle demeure un «Fan Club», et ne remplisse surtout pas le rôle prévu par le texte de 1958 («Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie» - Art. 4).

J’ai heureusement, pour me rassurer, écouté Patrick Ollier mercredi dernier, à la Bodega Républicaine de Jean-Pierre Grand («POM» était, plus tôt dans l’après-midi, allé soutenir Robert Lecou sur sa circonscription), nous expliquer qu’une réforme constitutionnelle n’était absolument pas nécessaire, qu’il suffisait de revenir à de meilleures pratiques.

Et parce que le Président de l’Assemblée Nationale ne se déplace pas au hasard, je sais aussi que parmi les 577 élus du 17 juin, nombreux seront ceux qui sauront résister à toute dérive institutionnelle.

Écrit par : Républicain | 13.05.2007

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