18.06.2007

Victime malgré elle ?

Vous l’avez sans doute remarqué, ce n’est jamais sa faute à Ségolène. Si elle a perdue, c’est parce que les éléphants du parti socialiste ne l’ont pas soutenu et que les média ont favorisé Nicolas Sarkozy (sans parler de François Hollande…). Même s’il y a du vrai, le problème est que la perdante de l’élection présidentielle est incapable d’aller plus loin dans son analyse et de se remettre en question.

Bien sûr, les média ne l’ont pas forcément aidé et je persiste à croire que la majorité d’entre eux avaient clairement un biais sarkozyste (à l’exception notable de Marianne, Libération, le Nouvel Obs voire Le Monde, de manière extrêmement ambigüe en général). Mais ce ne sont pas les média qui ont inventé les déclarations farfelues de la candidate sur la « bravitude », sur la justice chinoise, sur la part de l’énergie nucléaire dans notre production d’électricité ou sur les lois sur les handicapés. La caisse de résonance a joué, mais elle n’aurait pas pu exister si la candidate du parti socialiste avait évité de dire de telles âneries. En outre, les média n’avaient pas été trop méchants pendant les primaires socialistes…

Concernant les leaders socialistes, il est clair qu’ils n’ont pas tout fait pour aider Ségolène Royal lors de la campagne mais le moins que l’on puisse dire est que cette dernière n’a pas vraiment tout fait pour les intégrer à sa campagne. N’étant guère consultés, ils ne risquaient pas de pouvoir l’aider. Pour se faire aider, il faut vouloir se faire aider, ce que Ségolène Royal n’a vraiment pas fait. Il est quand même paradoxal de dénoncer le manque de soutien de personnes dont on n’a quasiment jamais cherché le soutien.

Mais surtout, ces deux excuses trouvées, Ségolène Royal ne va pas plus loin et ne semble pas décidée à se remettre en question. Certes, elle a eu de bonnes intuitions : la valeur travail, l’ordre juste… Mais son incapacité à garder une ligne directrice dans sa campagne (que ce soit pour expliquer sa vision ou dans la critique du candidat adverse), ses bourdes à répétition, le manque de coordination de son équipe, dégageaient un amateurisme bien peu rassurant pour quelqu’un qui aspirait à diriger le pays. Bien sûr, le parti socialiste a sa part de responsabilités et les média n’ont pas aidé mais ces derniers auraient été beaucoup plus accommodants si la campagne de la candidate avait été plus solide

Heureusement pour les socialistes et la France cette incapacité chronique à faire son autocritique et les derniers cafouillages semblent ouvrir la voie à un vrai challenge de DSK pour la tête du parti socialiste. Et il vaut mieux car il y a pire que Sarkozy président pendant 5 ans, c’est un duo Sarkozy-Royal à la tête de la vie politique française pour les 5 à 10 prochaines années…

Commentaires

Il est clair qu'un candidat solide tel Bayrou ou DSK face à Sarkozy avait toutes leurs chances.
Beaucoup ont voté Sarkozy pour voter contre Royal.

Je n'ai toujours pas compris, pourquoi elle n'a pas annoncé qu'elle prendrait DSK comme 1er ministre afin de rassurer les electeurs centristes.

Ecrit par : vincent75 | 21.06.2007

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