23.06.2007
PS : le pari de DSK
Il faut dire que même si elle a parfois de bonnes intuitions (la valeur travail, l’ordre juste, son intervention à 8h01 le soir du second tour), Ségolène Royal multiplie les faux pas depuis quelques jours. Sa récente déclaration sur le fait qu’elle ne pensait pas que le SMIC à 1500 euros et la généralisation des 35 Heures étaient de bonnes idées mais qu’elle avait dû les intégrer pour respecter le programme du Parti Socialiste n’était pas très habile. Elle sous-entend qu’elle a menti pendant la campagne, certes pour coller au programme de son parti, mais on aurait pu penser que son indépendance revendiquée et maintes fois exprimée lui aurait permis de ne pas en passer par là. Et puis, se présenter en permanence en pauvre victime (des média, du parti socialiste, de l’infidélité de François Hollande) n’est pas forcément la meilleure stratégie pour prendre la tête d’un parti. Parler projet serait sans doute plus approprié.
Dominique Strauss-Kahn, après sa déclaration assez intempestive au soir du second tour, lui, commet un sans faute. Il a fini par comprendre qu’il devait s’effacer derrière la nécessaire rénovation pour servir au mieux son ambition. Il parle donc avec des mots justes sur l’état de la gauche. Il reconnaît que la défaite plus limitée que prévue n’en reste pas moins une défaite. Il souligne les trois défaites de rang aux présidentielles. Il reconnaît que le logiciel socialiste doit être rénové et que le renouvellement générationnel devient chaque jour plus impératif, au point de démissionner du bureau national du parti socialiste. Et devant l’incapacité chronique et sans doute définitive de Laurent Fabius à prendre le parti, il pourrait bien récupérer les troupes de son ancien rival, dont la rhétorique gauchiste temporaire ne fait que camoufler une véritable convergence idéologique.
En revanche, il semble incroyable que la direction actuelle du PS reste en place après cette double défaite. Comment la même direction défaite en 2007 pourrait rester en place pour les municipales ? Cette question est proprement sidérante et montre l’irresponsabilité crasse de l’équipe en place et de son premier secrétaire. Même s’il a un mandat, il ne semble pas anti-démocratique que François Hollande renonce enfin à son pouvoir, quitte à le confier à une direction collégiale provisoire en attendant un congrès. Idéalement, ce congrès devrait avoir lieu avant les municipales pour que le parti socialiste tire les leçons d’un scrutin avant de se présenter à un autre scrutin.
Mais le conseil national vient de décider de ne rien décider avant les municipales, comme si rien ne s’était passé depuis 2 mois. Quel spectacle désolant ! Le parti socialiste n’est pas plus crédible que ne l’était sa candidate lors du débat du second tour. DSK fait le pari du pourrissement. N’aurait-il pas eu intérêt à s’allier avec Ségolène Royal pour renverser la direction actuelle puis l’affronter ?
Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/legislative...
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