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25.06.2007

François Fillon, ou le secrétaire gouvernemental du président Sarkozy

Je vous conseille la lecture du Marianne de cette semaine qui dresse un portrait acide de notre duo exécutif et particulièrement de notre « premier » ministre. Alors que Dominique de Villepin avait montré tout l’intérêt d’un tel duo, l’effacement de François Fillon, théorisé et accepté jusqu’à la transparence, ferait passer Jean-Pierre Raffarin pour un premier ministre épris de liberté.

Si François Fillon a été habile pour quelque chose, cela a bien été pour s’imposer comme le premier ministre du président élu. Dans la grande tradition de la cinquième république, le premier locataire de Matignon s’impose. Mais pour y arriver, François Fillon a théorisé son effacement au profit du locataire de l’Elysée, à tel point qu’il n’est plus vraiment juste de l’appeler chef du gouvernement, tant le président de la république remplit ce rôle. Au moins, il n’y a pas l’hypocrisie que l’on a pu constater dans le passé où le président de la république prenait des décisions que le premier ministre faisait mine d’initier. Mais ici, cette nouvelle interprétation de nos institutions atteint un nouveau sommet. Certes, nous ne devions pas en être loin quand Valéry Giscard d’Estaing fit de Raymond Barre son premier ministre. Mais le fait que sa majorité au parlement dépende de gaullistes dirigés par Jacques Chirac pouvait créer un contre-pouvoir au sein même de cette majorité.

La situation actuelle est complètement différente dans le sens où le gouvernement et la majorité sont complètement sous la coupe du président élu et que ce président a mis un soin particulier à éviter la moindre contestation. Ainsi, il a même refusé que le peu contestataire Jean-Pierre Raffarin s’installe à la tête de l’UMP, lui préférant le fidèle Patrick Devedjian. Au gouvernement, dès que cela coince, c’est le président qui rentre dans l’arène, comme sur la réforme des universités aujourd’hui. Le seul cas où Nicolas Sarkozy a laissé François Fillon gérer la patate chaude, et ce fut le succès que l’on sait. Il ne risque pas y avoir gagné de l’autonomie !

Nicolas Sarkozy vient d’inventer un nouveau type de premier ministre : la variété transparente, sans la moindre initiative personnelle. Il sera sans doute amusant de voir ce que l’on retiendra de François Fillon dans quelques années, si on retient quelque chose…

Commentaires

"Il sera sans doute amusant de voir ce que l’on retiendra de François Fillon dans quelques années, si on retient quelque chose… "

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Ecrit par : vincent75 | 26.06.2007

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