12.07.2007

Apprenti diplomate, mais pro des média

Alors que l’euro devient chaque jour plus fort, il est intéressant de revenir sur le passage de Nicolas Sarkozy à l’Euro groupe et sur sa couverture par les média.

Alors qu’on nous avait présenté la réunion comme un blanc-seing pour le président français, les faits montrent de plus en plus qu’il n’en a rien été. Le président a fait choux blanc sur la question, pourtant cruciale pour la compétitivité de l’industrie européenne, de la surévaluation de l’euro. Comme une ironie de l’histoire, l’euro bat record sur record et approche désormais les 1,38 dollars, soit une surévaluation de près de 20% selon l’étude de Morgan Stanley à laquelle je me référai mardi (qui partait d’un euro à 1,34 dollars). Sur ce sujet, pourtant maintes fois utilisé pendant la campagne, le président n’a rien obtenu, pas même un sommet sur la gouvernance de l’euro, qui serait pourtant un minimum, qui n’engagerait même pas à grand-chose. Et comme le rapporte la dépêche du Monde, Jean-Claude Juncker vient de faire une mise au point assez sèche sur le fait que l’indépendance de la BCE est intangible.

Mais ce n’est pas tout, sur le sujet budgétaire, Nicolas Sarkozy a également reculé en prenant une position peu claire qui consiste à dire qu’il fera « tous les efforts pour atteindre l’équilibre en 2010 », comme le souligne le Figaro. Cela n’empêche pas ce grand journal impartial de titrer « Comment Sarkozy a retourné l’Euro groupe ». A la lecture détaillée de ce qui s’est passé (je vous conseille de revenir sur la note d’il y a deux jours, qui comprend un lien vers un article écrit avant le sommet), on se rend compte que c’est plutôt l’Euro groupe qui a retourné Nicolas Sarkozy. La réalité c’est que, par delà les effets de manche, il n’est pas aussi ferme que Jacques Chirac ou Dominique de Villepin dans la négociation avec nos partenaires européens.

Nicolas Sarkozy est ainsi : la forme prévaut toujours sur le fond. Il lui fallait un accord des ministres des finances pour montrer son efficacité. Au passage, il était prêt à céder sur presque tout… Et c’est ce qui est arrivé : la France a finalement confirmé l’objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2010 et nous ne remettons plus en question la gouvernance économique de l’euro. C’est bel et bien une capitulation en rase campagne, comme le montre la dépêche du Monde où Jean-Claude Juncker tient exactement les mêmes propos qu’avant la réunion, contrairement à notre président.

Cette nouvelle séquence montre à nouveau la légèreté de notre président, qui s’il s’agite médiatiquement, ne résout pas grand-chose réellement. Sa priorité semble être de bouger, quitte à reculer.

Source : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-31619075@7-3...

http://www.lefigaro.fr/elections-legislatives-2007/200707...

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