03.09.2007
Décryptage de la communication de Nicolas Sarkozy
Sur les deux dernières semaines, Nicolas Sarkozy a ainsi demandé à Angela Merkel de convoquer un sommet du G8 sur la crise financière. Il est allé aux obsèques d’un pêcheur. Il est à nouveau intervenu pour la libération d’Ingrid Bettancourt. Il a fait un discours de politique étrangère où il a explicitement menacé l’Iran de bombardement et mis beaucoup d’eau dans son vin sur la Turquie. Il a également fait un discours de politique économique devant le Medef où il a reparlé de la réforme du contrat de travail, et évoqué une possible réforme de la loi Dutreil. Il est intervenu pour demander une réforme de la loi sur les pédophiles et a demandé à Rachida Dati d’engager une réflexion sur la possibilité de condamner les personnes dites non responsables de leurs actes. Il a également lancé les travaux de la commission de « libération de la croissance ». Et encore, j’en oublie beaucoup…
L’intérêt d’une telle frénésie d’annonces est multiple. Premièrement, Nicolas Sarkozy pense démontrer par son hyper-présence médiatique, un travail de tous les instants au service des Français. Cela contraste fortement avec la pratique de Jacques Chirac où la parole et la présence présidentielles étaient volontairement comptées pour avoir plus de poids. Cet agenda médiatique très riche permet également de noyer les reniements du président : comment en effet s’attarder sur les évolutions de la position du président sur la Turquie quand il y a tant d’autres choses annoncées ? Enfin, cette saturation de l’espace médiatique permet à Nicolas Sarkozy de contrôler l’agenda : l’actualité saute de sujet en sujet sans permettre d’analyse de fond puisqu’il faut tout de suite couvrir la nouvelle annonce de l’Elysée. Le débat d’idées est ainsi rendu beaucoup plus difficile.
Alors, bien sûr, un tel activisme pourrait paraître souhaitable dans la mesure où il permettrait de s’attaquer de front à tous les problèmes de notre pays. Le problème est que cette débauche d’annonces et de mesures ne se traduit pas par des mesures de fond efficaces. Le meilleur indicateur de cet échec est le bilan de notre président comme ministre de l’intérieur : nous avons eu droit à quatre années de déclarations musclées et à de nombreuses réformes judiciaires, mais la hausse des violences a été continue (voir ma note d’analyse des statistiques du ministère de l’intérieur). La réalité de la gestion Sarkozy, c’est une grosse dose de déclarations qui ne sont que des postures faciles sans la moindre traduction en mesures concrètes (voyage en Corse ou critique de la spéculation la semaine dernière) et une dose de réformettes imparfaites constamment remises sur le travail.
Le problème du président est que contrairement à l’insécurité, dont le traitement médiatique a camouflé le mauvais bilan, il sera difficile de convaincre les français sur un mauvais bilan global en 2012. C’est sans doute pour cela qu’il s’acharne à démolir l’opposition pour garder la possibilité d’une victoire par défaut.
09:10 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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