18.10.2007
L’euro contre l’emploi
En 2007, pour la troisième année consécutive, le secteur devrait perdre environ 4% de ses effectifs, soit au moins quatre mille emplois supprimés. La raison est toute simple : les constructeurs automobiles français ont décidé de fortement augmenter la part de composants achetés dans les pays émergents. PSA annonce vouloir passer de 25 à 47% de composants venant des pays à bas coût d’ici 2010. Renault annonce vouloir passer de 35 à 60%. Ces décisions auront des conséquences dramatiques pour l’emploi dans les prochaines années. Des milliers de famille verront leur destin brisé par la perte d’un emploi dans un secteur industriel qui se porte mal. Pourtant, l’augmentation du prix du pétrole, en renchérissant le coût du transport, augmente le prix des importations.
Malheureusement, les équipementiers français doivent affronter une réévaluation massive de l’euro, qui s’est apprécié d’environ 50% par rapport au dollar en 5 ans ! Résultat, le prix des composants produits en France a augmenté mécaniquement de 50%. Et vu la concurrence féroce que se livrent les grands constructeurs automobiles, il est malheureusement naturel que Renault et PSA achètent de plus en plus à l’étranger pour rester compétitifs. En outre, la surévaluation de l’euro ne semble pas émouvoir la BCE, ce qui garantit un avantage de longue durée aux équipementiers implantés en dehors de l’Union Européenne. Enfin, les équipementiers français doivent intégrer dans leurs coûts des cotisations sociales dont le poids est bien plus élevé que dans les pays émergents.
Le plus rageant dans cet état de fait est l’existence de solutions que nos hommes politiques ne semblent pas vraiment vouloir saisir. La première solution, certes complexe, serait une réforme de la BCE pour que le soutien à l’activité fasse partie de ses objectifs, comme la Fed américaine. Le conseil européen pourrait avoir un droit de regard sur la politique monétaire. Et au pire, la France pourrait reprendre son indépendance monétaire, qui ne réussit pas si mal au Royaume Uni… La deuxième solution serait l’instauration de la TVA sociale qui en transférant une partie du financement de notre système de protection sociale sur les importations, renchérirait le coût des produits importés et diminuerait celui des productions françaises.
Avec une TVA sociale et un euro à 1,2 dollar, nul doute que le prix du transport ferait réfléchir à deux fois nos constructeurs pour s’approvisionner dans les pays émergents. Malheureusement, Nicolas Sarkozy semble avoir oublié ses discours de campagne contre les délocalisations.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-967037@...
10:15 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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