23.10.2007

De la nécessaire régulation de la pagaille néolibérale

La théorie classique soutient sans rire et après plusieurs hypothèses plus irréalistes les unes que les autres, que le marché est seul capable d’optimiser les flux économiques. Pourtant, le passé comme le présent nous montrent les limites d’un système insuffisamment régulé.

Le premier exemple évident aujourd’hui est le mouvement des prix du pétrole et des cours de l’euro par rapport au dollar. Le pétrole approche aujourd’hui les 90 dollars le baril, une multiplication par 6 par rapport au cours d’il y a une demi-douzaine d’années. Bien sûr, la demande mondiale augmente, portée par la croissance de la Chine, mais même les marchés admettent qu’une part de cette hausse vient de la spéculation à la hausse. L’euro, qui cotait moins de un dollar à sa naissance, dépasse aujourd’hui 1,43 dollar, une appréciation de plus de 50% en à peine plus de 5 ans, complètement incompréhensible par rapport aux fondamentaux économiques des deux côtés de l’Atlantique. On pourra toujours soutenir que les déficits américains sont importants, mais cela fait depuis 20 ans que l’Amérique vit à crédit. Les marchés exagèrent les mouvements, avec de graves conséquences pour l’emploi en Europe.

La main invisible du marché a également souvent montré son incapacité à évaluer de manière cohérente les entreprises. Sans revenir sur les krachs de 1929 ou 1987, on peut encore citer l’éclatement de la bulle internet dont l’origine était uniquement une appréciation désastreuse de la valeur d’entreprises liées à Internet. Il en va de même pour les entreprises de télécommunication dont la valeur s’est effondrée après avoir atteint des sommets complètement déconnectés de la réalité. Aujourd’hui, c’est la bourse chinoise qui semble malheureusement dramatiquement surévaluée après avoir quadruplé en valeur en à peine deux ans. La folie du marché, c’est aussi le développement non régulé d’outils de financement d’achat immobilier aux Etats-Unis où les mensualités étaient abaissées au début pour faciliter l’accès au crédit, sans réellement prendre en compte le pouvoir d’achat des ménages ainsi piégés, qui ne pouvaient compter que sur la montée des cours de l’immobilier pour refinancer leur achat.

Dans la série des excès, le Figaro nous conte l’histoire des fonds souverains, des fonds qui devraient devenir de plus en plus présents dans nos pays dans les années à venir. Les immenses excédents financiers des pays qui exportent des matières premières rares (Moyen Orient, Russie…) ou des pays qui exportent beaucoup plus qu’ils n’importent (Chine…) se dirigeaient auparavant sur les bons du trésor, souvent américains. Mais aujourd’hui, leur explosion a conduit les Etats titulaires de ces fonds à investir dans des entreprises (comme la Chine avec Blackstone). Et la surface financière  de ces fonds fait qu’ils peuvent se payer quasiment n’importe quelle entreprise au monde. Quelle serait notre réaction si l’Iran venait à racheter Total ou Exxon par exemple, ou si la Chine voulait racheter Ford ou Renault ? Cette question devra rapidement être étudiée pour pouvoir réagir le cas échéant.

Les théoriciens néolibéraux nous affirment que seul le marché est bon et que la présence de l’Etat doit toujours être réduite. Pourtant un examen simplement superficiel de la réalité montre la folie de la pagaille néolibérale. C’est pourquoi la politique des Etats ne devrait jamais se faire à la corbeille.

Source : The Economist 6 octobre, http://www.lefigaro.fr/economie/20071019.FIG000000239_le_g_preoccupe_par_les_fonds_souverains.html

Commentaires

bon, les gaullistes de l'ump, quand est-ce que vous virez le nabot hysterique atlantiste vendeur d'armes ?

Écrit par : gdronni | 23.10.2007

Je ne suis pas à l'UMP justement....

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 25.10.2007

Les commentaires sont fermés.