30.10.2007

De la nécessaire régulation des marchés financiers

Alors qu’un million de foyers américains pourraient perdre leur logement suite à la crise du marché immobilier aux Etats-Unis, les banques sont également lourdement touchées comme le montre le cas de Merrill Lynch rapporté par Le Monde.

L’aspect le plus dramatique de la crise immobilière aux Etats-Unis est clairement l’expropriation de centaines de milliers de ménages de leur foyer. Bien sûr, ils ont vécu au-dessus de leur moyen. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a bien eu des institutions financières qui ont accepté de leur prêter de l’argent avec des montages dont il était malheureusement prévisible qu’ils finissent par étrangler financièrement leurs clients au moindre retournement du marché. Ce sont bien les institutions financières qui devaient être plus prudentes car la complexité des montages financiers (augmentation des mensualités et utilisation de la valeur du bien immobilier pour garantir le prêt) les rendait peu lisibles pour les clients.

Les ménages ne sont pas les seuls touchés puisque la banque Merrill Lynch vient d’annoncer 7.9 milliards de dollars de dépréciation d’actifs sur son portefeuille de crédits à risque pour le seul troisième trimestre de cette année. Ces mauvais résultats viennent de pousser son PDG, Stanley O’Neal à la démission. Il avait fortement amélioré la rentabilité de la banque américaine, qui a engrangé plus de 5 milliards de dollars de bénéfices annuels en moyenne de 2003 à 2006 contre 2 milliards avant son arrivée. Il toucherait 159 millions de dollars pour son départ (30 en indemnités de retraite, le reste en stock-options) selon la presse anglo-saxonne, comme l’affirme le Monde.

Cette crise montre à nouveau les limites d’un système économique néolibéral insuffisamment régulé. Bien sûr, l’Etat n’a pas réponse à tout, mais le marché peut commettre des excès aux conséquences dramatiques. Le problème est que ces excès retombent toujours sur les mêmes personnes et que la plupart du temps, les décideurs s’en sortent indemnes, voire enrichis. Cette démonstration n’a pas pour but de soumettre à la vindicte populaire les grands patrons qui s’enrichissent qu’ils réussissent ou non, mais plutôt de montrer qu’une nouvelle régulation économique devrait être instituée.

Car la responsabilité ultime de ces excès est bien politique. Car c’est en renonçant à mettre des limites à la spéculation financière et en renonçant à contrôler certains agissements que ces crises arrivent. Par exemple, une taxation sur les mouvements de capitaux comme la taxe Tobin limiterait les mouvements spéculatifs de capitaux. En effet, en réduisant les volumes échangés, elle limiterait les mouvements de hausse et de baisse, réduisant les phénomènes de bulles spéculatives. Certaines pratiques commerciales doivent également être mieux encadrées car quelques entreprises profitent du manque de connaissances des consommateurs pour les abuser.

Il est de la responsabilité des Etats de faire le ménage dans la pagaille des marchés financiers car cette pagaille affecte comme toujours les plus faibles en enrichissant parfois les plus forts.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-970810@...

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-972210@...

Les commentaires sont fermés.