31.10.2007

L’interview de Nicolas Sarkozy à CBS

L’incident qui a eu lieu lors de l’interview du président de la République par CBS a fait couler beaucoup d’encre. Certains média américains n’ont pas tardé à dénoncer la réaction de Nicolas Sarkozy et le qualifier d’instable. Mais pour une fois, c’est lui qui a eu exactement la bonne réaction.

Rappel des faits : l’interview a eu lieu début octobre, à un moment où la séparation du président d’avec Cécilia n’avait pas été annoncée. Au bout de dix minutes d’interview, la journaliste lui pose une première question sur son épouse à laquelle il répond qu’il n’a pas de commentaires à faire. La journaliste de CBS lui pose alors une seconde question sur le même sujet. C’est à ce moment que Nicolas Sarkozy décide de mettre fin à l’entretien, de manière calme mais ferme, écourtant à 10 minutes un entretien qui devait durer 45 minutes. L’examen des vidéos montre un comportement très courtois à l’égard de la journaliste, bien loin de l’instabilité que certains mettent en avant. On note en revanche quelques qualificatifs peu amènes à l’encontre de David Martinon.

Bien sûr, on pourrait penser qu’il est légitime de poser des questions sur sa femme à un président qui n’a pas hésité à mettre en scène sa vie privée, quand il était ministre de l’intérieur, puis dans ses livres (le chapitre « C » dans Témoignages) ou lors de sa prise de fonction. Néanmoins, il est paradoxal de critiquer l’exploitation par Nicolas Sarkozy de sa vie privée pour après se précipiter tels des vautours sur les soubresauts de sa vie de couple. Jamais un président de la République n’a eu à s’exprimer sur sa vie privée. Il est donc normal que Nicolas Sarkozy ait interrompu son entretien avec une journaliste qui insistait de la sorte sur des questions d’ordre privé. Il est intéressant de noter que certains américains trouvent cette attitude saine comme le rapport Le Monde.

Bien sûr, Nicolas Sarkozy porte de lourdes responsabilités dans le traitement actuel de sa vie privée par certains média. Néanmoins, son coup d’éclat montrera peut-être qu’il existe une limite à ne pas dépasser. La politique ne devrait pas être réduite aux concours de maillot de bain entre présidentiables ou aux gros titres sur les séparations.

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-97268...

Commentaires

Hé bien moi je ne suis pas du tout rassurée de voir que quelqu'un qui a le pouvoir de décider d'entrainer la France dans une guerre ou de la maintenir dans la paix (dossier de l'Iran) ne soit même pas fichu d'avoir les nerfs un tant soit peu solides pour rester serein face à une simple journaliste. Et en plus cette dernière a été très sympa puisqu'elle dit à Sarkozy à un moment donné: "calmez-vous, ce sont des images que tous les Américains vont voir!".

C'est l'image de la France à l'étranger qui se joue sur ce que certains pensent être un détail et qui est malheureusement très loin d'être un simple détail.

C'est sans commentaire tellement cela fait souffrir: comment en quelques petites semaines, la France a t-elle pu devenir à ce point la risée du monde entier; en témoigne la couverture de journaux sérieux à travers le monde!

Écrit par : samira | 31.10.2007

Quant à l'attitude courtoise à l'égard de la journaliste, je ne suis pas sûr que nous ayons vu la même chose. Il serre la main sans regarder son interlocutrice, puis lui touche l'épaule comme à un vieux copain, avant de partir avec son traditionnel haussement d'épaules... En matière de politesse et de courtoisie, on a connu mieux...

Écrit par : Fred Sc. | 31.10.2007

Laurent,

Je salue votre analyse face à ce cas précis, mais je ne sais pas si je fais bien de vous le dire, car il semble que vos autres lecteurs soient déjà assez décontenancés ...

Comme vous le dites, les Américains saluent l'attitude de Sarkozy dans leur majorité, quand les français lui tombent dessus. Il a eu raison de ne pas se laisser faire.

Je vous suis aussi quand vous remarquez que ses propos sur Martinon sont "peu amènes" : en apparence il me semble qu'il n'aurait rien perdu à les dire en privé. La question est : désire-t-il vraiment donner l'image d'un leader lisse et policé? Je n'en suis pas sûr. Surtout dans le cadre de la politique internationale, où comme le rappelle gentiment Samira, il a affaire à des nostalgiques de la barbarie nazie.

Samira,

Je ne sache pas que "l'image de la France" aux USA vous inquiétait à ce point, lorsque vous vomissiez allègrement sur leur administration, leur peuple, leur histoire lors de la dernière campagne présidentielle, histoire de mieux éclabousser "Sarkozy l'atlantiste".

Si toutefois votre intérêt est réel, alors n'hésitez pas à lire ceci. Vous y verrez qu'efectivement l'image de la France évolue, mais pas vraiment dans le sens que vous sous-entendez. Pardon de citer mon blog, c'est juste que l'article en question y est traduit, ce qui peut s'avérer utile.

http://damocles.hautetfort.com/archive/2007/10/20/the-american-rebooting-france-by-roger-cohen.html

Écrit par : damocles | 31.10.2007

@ Tous

Je sais que cette note peut être un peu surprenante après des dizaines de notes très critiques sur NS. Néanmoins, je pense que son attitude, vis à vis de la journaliste en tout cas, n'a pas été déplacée. Certes, il n'est pas très chaleureux, mais c'est assez logique vu qu'il interrompt l'interview de manière précipitée. Je crois qu'il a maîtrisé ses nerfs, toujours vis à vis de la journaliste.

Je prends volontiers le point qu'il aurait pu garder ses commentaires sur David Martinon privés. Ce n'est pas très noble de critiquer ses collaborateurs devant des témoins extérieurs. Mais la classe n'est pas la qualité première de notre président !

Je ne pense pas que cet incident pénalise l'image de la France à l'étranger. Tout au plus, elle montre un certain caractère. Malheureusement, il n'a pas mis beaucoup de caractère pour négocier le traité simplifié où il n'a obtenu que la suppression de quelques symboles et a accepté un traité quasiment équivalent à celui que les Français avaient rejeté.

L'image de la France est davantage touchée par les aléas de notre diplomatie sur l'Iran et le rapprochement avec une administration Bush que tout le monde fuit...

Écrit par : Laurent, gaulliste libre | 31.10.2007

Je crois Damoclès que vous confondez esprit critique et amour ou désamour. Je n'éprouve aucune animosité envers le peuple américain et pas davantage envers leur histoire. Je n'accepte donc pas ce que vous vous permettez de conclure des propos que j'ai pu tenir et que j'assume pleinement. J'ai suffisamment discuté avec des amis américains pour savoir qu'ils savent accepter les critiques et le fait que la France avait bien raison de s'opposer à eux dans leur volonté d'entrainer le monde dans un conflit en Irak. Le résultat de leur politique c'est la création d'une nouvelle plaque tournante du terrorisme. Le monde n'en avait nul besoin. Les candidats républicains fuient eux aussi la compagnie de G. Bush quand le "représentant" de la France se presse pour aller manger des hamburgers avec lui. Cela devrait vous pousser à davantage de modestie dans vos propos assassins et pour votre gouverne, je ne "vomis" jamais sur personne! Je vous prie donc d'apprendre à être poli envers les autres comme devrait l'être au demeurant N. Sarkozy qui n'avait pas à traiter en public Martinon "d'imbécile". Et au fait pourquoi veut-il placer un imbécile à la tête de Neuilly?

Écrit par : samira | 31.10.2007

Le représentant de la France va manger des hamburgers avec celui des USA, qui se trouve être Georges Bush. Si on suivait votre raisonnement, on sacrifierait la politique internationale à des questions de personnes, quand au contraire le rôle d'un chef d'Etat est d'envisager les peuples représentés par les personnes.

Sur la guerre en Irak, personne ne conteste que c'était une folie, et surtout pas Sarkozy. C'est sur la forme des relations avec les USA qu'il a émis des réserves, jamais sur le fond. Mais vous le savez aussi bien que moi.

Sur la violence de mes propos, c'est peut être avec une autre Samira que je discutai notamment sur le blog de Christophe Barbier en avril/mai, et qui soutenait à la suite de Le Pen que Sarkozy ne devrait pas être autorisé à se présenter à la présidence du fait de son immigration trop récente? Si c'est le cas, je suis d'accord de revoir à la baisse ma rhétorique ; dans le cas contraire, je ne reçois d'aucune façon vos leçons de morale, et je maintiens le mot "vomir".

En ce qui concerne Martinon à Neuilly, vous avez raison, je me suis fait la même réflexion. En même temps, on pourrait dire cyniquement que cela prouve qu'il a le sens des priorités : entre Neuilly et sa légitimité de chef d'Etat, il n'hésite pas.

Écrit par : damocles | 31.10.2007

"Apprenez à un pigeon à s'envoler et puis ensuite il vous chie dessus", proverbe africain.

Écrit par : Libre | 31.10.2007

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