04.11.2007

Du succès en matière d’éducation

Article passionnant de The Economist sur les raisons du succès des systèmes éducatifs dans le monde. Cet article se base sur une étude du cabinet de conseil McKinsey. De quoi tracer quelques pistes intéressantes pour la réforme de l’éducation.

Pour identifier les pays qui ont les meilleures performances, l’étude s’est basée sur les résultats de l’étude de l’OCDE qui compare le niveau des élèves dans le monde. Les pays qui ont le meilleur niveau sont le Canada, la Finlande, le Japon, Singapour et la Corée du Sud. La France est en milieu de peloton et les Etats-Unis sont bons derniers des grands pays occidentaux. L’étude élimine deux leviers pourtant communément admis comme cruciaux pour le niveau scolaire. Il n’y a pas de lien apparent entre les performances des élèves et le niveau des dépenses (Singapour dépense moins que la moyenne), ni le nombre d’heures ou la durée d’enseignement (les élèves Finlandais commencent l’école plus tard et ont des horaires plus légers).

En fait, l’étude conclut que les trois piliers d’un bon niveau scolaire sont le niveau des professeurs, l’accompagnement de ces mêmes professeurs et le traitement des élèves en difficulté. Pas de solutions originales, mais finalement du bon sens qui n’est pas toujours bien appliqué. Un officiel coréen souligne que « la qualité d’un système éducatif ne peut pas dépasser la qualité de ses professeurs ». Dans les faits, cela signifie qu’il faut s’assurer une forte sélectivité dans la sélection des professeurs. Une étude américaine a ainsi montré que si l’on prend des élèves d’un niveau moyen, ils finissent dans les meilleurs avec de très bons professeurs et dans les moins bons avec des professeurs médiocres. Il faut donc que les professeurs soient recrutés parmi les meilleurs étudiants, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis. C’est pourquoi la diminution du nombre d’élèves par classe n’est pas toujours la meilleure solution puisque cela nécessite une augmentation du nombre de professeurs, et donc une baisse du niveau des nouveaux embauchés. Curieusement, le niveau des salaires ne semble pas avoir de grande influence. En fait, c’est plus le niveau de sélectivité qui semble important car il donne un meilleur statut à la profession.

Le deuxième pilier est le niveau de formation et d’accompagnement des professeurs, qui sont trop souvent laissés à eux-mêmes. Les meilleurs pays consacrent beaucoup de temps à la formation. Singapour par exemple accordent 100 heures de formation par professeur par an. Certains pays permettent aux professeurs d’échanger sur leurs cours pour partager les meilleures pratiques. En France, ce souci des conditions de travails des professeurs devrait aussi passer par leur affectation. Il n’est pas sain que de jeunes professeurs tout juste diplômés se retrouvent nommés dans des collèges ou lycées difficiles où l’autorité est la première qualité nécessaire pour assurer les cours. Ces établissements difficiles ne devraient se voir attribuer que des professeurs à l’expérience reconnue dans ce genre de contexte, avec une formation adaptée et un meilleur salaire. L’envoi de professeurs inexpérimentés dans ces établissements est proprement suicidaire pour les professeurs comme pour les élèves.

Le troisième pilier enfin est la façon de traiter les élèves en difficulté. L’étude montre clairement qu’un soutien spécifique et personnalisé de ces élèves, dès que les difficultés apparaissent est essentiel. La Finlande a plus de professeurs spécialement dédiés au soutien aux élèves en difficulté que tous les autres pays. Un tiers des élèves profitent d’un soutien individuel chaque année. Singapour a créé des classes spécifiques pour les 20% des élèves les moins bons et les professeurs donnent également un soutien scolaire après les cours.

Même si les conclusions de l’étude ne sont pas révolutionnaires, elles montrent les recettes du succès d’un bon système éducatif : un recrutement sélectif et un suivi permanent des professeurs, ainsi qu’un soutien particulier pour les élèves en difficulté.

Source : The Economist 20 octobre

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Ecrit par : Rémy | 04.11.2007

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