05.11.2007
Traité simplifié : un mirage et un passage en force
Nicolas Sarkozy est présenté comme le héros des négociations européennes qui ont abouti au traité simplifié qui remplace la défunte Constitution. Notre grand négociateur de président aurait ainsi sauvé l’Europe et s’est donc attiré toute la gloire des accords de juin puis octobre. Pourtant, qu’a-t-il accompli dans la réalité ? Valéry Giscard d’Estaing et l’immense majorité des commentateurs sérieux démontrent qu’il n’y a quasiment aucune différence entre l’ancien Traité Constitutionnel Européen refusé par les Français et le nouveau traité simplifié. Il n’y a eu que quelques changements cosmétiques sur le fond et un redécoupage pour l’intégrer dans les différents traités existants. Nicolas Sarkozy n’a donc pas négocié grand-chose. Dans la réalité, il a cédé à l’oukase des pays qui avaient voté « oui » et s’est désolidarisé du vote des Français. Si le président a récupéré la gloire de la négociation, il a, en tant que représentant du peuple Français, était le dindon de la farce d’une négociation où nous avons presque tout cédé.
Pire, Nicolas Sarkozy a prévu de se passer de la procédure référendaire, pourtant la seule légitime pour ratifier un traité que les Français avaient précédemment refusé. Bien sûr, il avait annoncé cela pendant la campagne, mais les Français pouvaient alors imaginer qu’il ne contenterait pas d’abdiquer en rase campagne et que la France pourrait voir une partie de ses récriminations prises en compte. Mais il n’en est rien. Encore une fois, l’Europe prétend faire le bien des peuples européens contre leur gré. C’est la ligne politique constante de cette construction européenne qui soustrait des pans toujours plus importants du pouvoir au jugement populaire. Cette volonté de s’affranchir des errances de la démocratie vient en réalité d’un sentiment bien ancré de supériorité des élites par rapport à la plèbe inculte. Et quand l’Europe doit s’accommoder du vote des peuples lors des élections au Parlement, elle invente alors un système politique où l’alternance démocratique n’existe pas puisque les socio-démocrates et les démocrates-chrétiens forment la majorité unique du Parlement depuis sa création en 1979…
C’est pourquoi il est crucial que la mobilisation se fasse pour exiger un référendum, seule procédure démocratique acceptable pour ratifier le traité simplifié. Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan sont les deux principaux dirigeants politiques à avoir pris position pour un référendum. N’hésitez pas à aller signer la pétition pour le référendum sur le site de Debout la République. Cette alerte s’adresse aussi bien aux personnes qui ont voté « non » en 2005 qu’à celles qui ont voté « oui ». Car même si vous vous trouvez du côté de ceux dont les idées seraient appliquées, malgré l’avis contraire de la majorité, vous pourriez vous-aussi demain subir la tyrannie d’une minorité qui souhaiterait imposer ses idées. Nous pouvons nous rejoindre dans la défense d’un certain idéal démocratique.
Malgré le déni de démocratie que représente le probable passage en force du traité simplifié au mépris du vote des Français, je m’interroge sur les termes à utiliser pour le qualifier. Pour l’instant, le choix de la modération me semble plus pertinent pour sensibiliser les citoyens mais le doute est permis.
Lien vers la pétition : http://www.debout-la-republique.fr/
09:15 Publié dans Actualités, Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




Commentaires
Votre blog est vraiment génial Laurent...
Ecrit par : FH | 05.11.2007
Merci.
Amitiés républicaines.
Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 05.11.2007
toujours trés bon ce blog, la preuve il est en lien sur le mien.
a+
Ecrit par : jc | 06.11.2007
Les commentaires sont fermés.