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08.11.2007

A quoi sert le parti socialiste ?

« J’aime beaucoup Ségolène. Je préfèrerais simplement qu’elle s’appelle Constance. » C’est avec ce bon mot que Jean-Pierre Chevènement souligne le revirement de la candidate du parti socialiste qui n’estime plus nécessaire de faire un référendum sur le nouveau traité européen.

L’Europe n’est qu’un révélateur parmi d’autres de l’inutilité du parti socialiste, incapable d’organiser la moindre opposition au pouvoir actuel au point que Dominique de Villepin apparaît comme le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. Mardi, le bureau du parti socialiste a arrêté sa décision sur le traité européen : le parti ne demandera pas un référendum, contrairement à la promesse de campagne de sa candidate et votera donc la ratification du traité simplifié, tout en laissant la liberté de vote. Comme toujours au Parti Socialiste, des voix discordantes se font entendre : Henri Emmanuelli annonce qu’il va voter « non », Benoît Hamon annonce sa démission du poste de secrétaire chargé des questions européennes et Arnaud Montebourg sur RTL hier annonce qu’il s’abstiendra car il tient à la procédure référendaire, tout en disant qu’il voterait « oui » au référendum après avoir voté « non » en 2005 !

D’un point de vue idéologique, il devient de plus en plus difficile de distinguer les nuances entre ce qui est sensé être l’opposition et la majorité. Le PS accepte un traité fondamentalement libéral qui grave dans le marbre la doctrine monétariste de la BCE (plus stricte que la Fed américaine, qui, elle, doit soutenir l’activité). Mais cela est-il surprenant de la part d’un parti qui a accepté la libéralisation des services publics en Europe sous Lionel Jospin ? Les 35 heures restent une (grosse, certes) exception qui confirme la règle de l’alignement du PS sur une ligne dite moderniste mais qui révèle fondamentalement une acceptation sans conditions ni ajustements significatifs du système économique actuel. La véritable opposition sur les questions économiques se retrouve bien plus au MRC de Jean-Pierre Chevènement ou au sein de DLR de Nicolas Dupont-Aignan.

Pire, les débauchages de Nicolas Sarkozy ont fait apparaître la véritable nature du Parti Socialiste : celle de véhicule d’ambitions personnelles. Malgré sa déconfiture et en l’absence d’opposition alternative, il reste le parti qu’il faut conquérir avec l’UMP pour accéder au pouvoir. C’est bien pour cette raison que certains membres n’ont pas hésité à rejoindre le président afin de goûter aux charmes des palais nationaux. Jamais ils n’auraient sauté le pas s’ils étaient là pour les idées ! Et certains de ceux qui ne cèdent pas à la tentation le font sans doute par calcul personnel. C’est aussi parce que le PS est un rassemblement d’ambitions qu’il est aussi indiscipliné. Le rassemblement autour d’idées et de principes permet d’assurer un minimum de cohésion et de discipline, y compris dans la tempête.

Le parti socialiste n’est, dans sa majorité, qu’un rassemblement d’ambitieux incapables de préparer une quelconque alternance ou, plus facile pourtant, d’articuler une certaine opposition au président. Il ne sert plus à rien. C’est un rassemblement des républicains et gaullistes de toutes les rives dont le pays a besoin pour préparer une « autre politique ».

Source : http://resistancegaulliste.hautetfort.com/archive/2007/11...

Commentaires

Le PS est un parti d'élu locaux dont la principale vocation et la seule préoccupation est de gagner des élections locales pour faire des carrières de notables et recruter des collaborateurs. Il ne faut pas rechercher plus loin les raisons de leur inconsistance idéologique.

Quand à la critique de l'ordre économique, il ne faut pas oublier trop vite le FN, surtout si ce parti est repris en main par Marine Le Pen. Elle manie assez facilement et avec un talent certain les arguments économiques. A la différence de son père, quand elle parle d'europe ou d'immigration, elle évoque moins la question de la souveraineté ou de l'identité, que leurs conséquences économiques.

Et pour dire le fond de ma pensée, je crains fort que la classe politique reproduise à l'égard du FN l'erreur des années 80 où elle lui avait abandonné les thèmes de la nation, de l'immigration et de la sécurité, en lui laissant cette fois ci, le monopole de la critique de l'ordre éconmique libéral-libre-échangiste ...

Ecrit par : Malakine | 08.11.2007

@ Malakine

Analyse très juste ! Car même si JP Chevènement ou NDA expliquent de manière très juste les limites du modèle néo-libéral actuel et propose des solutions, ils restent peu audibles dans les grands média. Ensemble, ils pourraient gagner en visibilité.

Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 08.11.2007

Cher Gaulliste donc Villepiniste,

Je viens partager avec vous ma tristesse mais aussi ma rage d'apprendre que Sarkozy irait demain matin sur la tombe du Général De Gaulle. Demain, c'est-à-dire un lendemain où il a prêté allégeance, à voix haute et la main sur le coeur, à une puissance étrangère. Sarkozy bafoue chaque jour davantage l'héritage de De gaulle et se permet de venir insulter sa mémoire jusque devant sa tombe. Cela est pour moi plus qu'insupportable. C'est une souffrance à l'état pur. Que l'on soit ou pas de la pensée politique de ce grand homme qu'a été et qu'est toujours De Gaulle, n'est pas pour moi la question. C'est pour moi, ici, d'attitude morale et d'éthique dont il s'agit. On n'a pas le droit de le fouler au pied et de venir ensuite tenter de se vêtir de son héritage. On se doute bien pourquoi il fait cela, car il sait ou Guaïno lui a dit que l'indépendance nationale était une valeur non négociable du peuple français. Il est difficile d'accepter ce manque total de dignité et de respect: il n'y a pour pas grand chose de l'héritage français dans ces attitudes de mépris de la pensée des hommes et du respect que l'on doit à ceux qui ne sont plus de ce monde. Que pourrions-nous faire, nous simples citoyens, que l'on soit de droite, de gauche ou du centre pour que Sarkozy cesse de se moquer des autres: des Gaullistes comme il le fait régulièrement, du PS dont il sabre les fondements par le débauchage de personnalités, ou le Modem qu'il ruine en achetant le groupe de ses élus? C'est une question de fond qui se pose aujourd'hui à notre démocratie!

Ecrit par : samira | 08.11.2007

Merci Laurent pour ton article, au fait je pense t'avoir croisé à Dlr? Connaitrais tu quelqu'un du Nord qui pourrait m'aider à avoir les pétitions contre le TCE.

Merci

Ecrit par : jc | 09.11.2007

@ Samira,

Je suis complètement d'accord : NS est extrêmement éloigné du gaullisme. D'ailleurs, il ne réfère au Général que quand il en a besoin (avant le second tour, sentant que les gaullistes étaient tentés par SR, aujourd'hui, avant les grèves), alors qu'il n'en parle jamais.

NS est l'opposé de la vision romantique et idéaliste de la politique du Général : il n'est que cynisme et manipulation. Il est à l'opposé de la politique internationale gaulliste, lui qui trouvait la politique de la France arrogante en 2003. Enfin, il réduit l'idée de justice sociale à "travailler plus pour gagner plus" alors qu'il bloque l'évolution du SMIC, fait passer un "paquet fiscal" qui profite essentiellement aux plus riches...

Patience, le masque va bientôt tomber !

@ JC

Malheureusement, je ne sais pas. Le mieux est de contacter DLR.

Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 09.11.2007

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