15.11.2007
Les mystifications de Nicolas Sarkozy
Le président aime les déclarations tranchées, fortes, qui montrent qu’il est le chef et qu’il tient solidement la barre. Mais si son activisme lui permet de donner cette impression, il s’agit malheureusement d’une impression dans bien des domaines. Au Parlement Européen, le président a ainsi réaffirmé son souhait de voir l’Europe se doter d’une politique de changes. Très juste ! En outre, il est très cohérent dans ses déclarations sur la politique monétaire européenne, puisqu’il tient le même discours qu’il tenait pendant la campagne et qu’il tient depuis qu’il est élu. Malgré les récents succès d’Airbus, il est crucial pour l’emploi, notamment industriel, de mettre fin à la surévaluation de l’euro.
Mais parallèlement, Nicolas Sarkozy s’est empressé de signer un traité simplifié européen à peine retouché par rapport à la version rejetée par les Français en 2005. Pourtant, n’y avait-il pas une meilleure occasion que la renégociation du traité européen pour justement y inclure un changement dans la gestion de la politique de change européen ? Car c’est bien ce traité qu’il convenait de modifier pour obtenir un tel changement. Nicolas Sarkozy tient un double langage absolument incroyable puisqu’il dit souhaiter une modification sans rien mettre en œuvre pour l’obtenir. Nul doute que si la France avait exigé cette modification pour ratifier le traité, il aurait été possible de modifier la gouvernance de l’euro. Malheureusement, cette opportunité est désormais passée. Le discours du parlement européen n’est qu’une posture de plus qui ne mènera à rien. Imagine-t-on les pays européens renégocier dans 6 mois un traité qui sera en cours de ratification ? Nicolas Sarkozy se moque des Français !
Sur les régimes spéciaux de retraite, Nicolas Sarkozy prend à la fois une posture très dure (en annonçant qu’il ne cèdera pas) tout en négociant en sous-main le maintien des régimes spéciaux, contrairement à ce qu’il dit. Lisez le dossier wikio sur la FGAAC pour mieux comprendre ce qui avait été cédé en octobre. Les régimes spéciaux étaient spéciaux pour deux raison : une durée de cotisation plus longue et calcul de la retraite sur une période de référence plus courte (6 mois). En 1993, le gouvernement Balladur allongea la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans et la période de référence pour le calcul de la retraite (de 10 à 25 ans) pour le secteur privé, mais pas pour le secteur public. En 2003, François Fillon étend la réforme au secteur public mais pas aux régimes spéciaux.
Je ne suis pas convaincu par la pertinence d’un traitement différencié des conducteurs de train, dont il est vrai que le travail est difficile, mais pas forcément plus que des routiers ou des conducteurs de bus. A dire vrai, le sujet des régimes spéciaux devrait être traité dans sa globalité pour les emplois difficiles. En fait, le gouvernement retarde la date de départ à la retraite des conducteurs de 2,5 ans (à 52,5 ans…), mais ne touche pas à la base de calcul de la retraite (sur les 6 derniers mois au lieu de 25 ans dans le privé). Résultat, les régimes spéciaux sont encore plus spéciaux qu’il y a 15 ans, d’autant que des accords spéciaux augmentent le salaire dans les 6 derniers mois pour augmenter la retraite. En réalité, Nicolas Sarkozy conserve les régimes spéciaux et ne fait qu’une réformette. Il n’y aucun alignement sur le régime général. Ne vous étonnez pas si la grève finit rapidement !
Nicolas Sarkozy est un enfant de la communication. Son activisme médiatique lui permet pour l’instant de conserver le contrôle de ce qui se voit et se dit, ce qui lui permet de camoufler les faits par des discours. Un jour, pourtant, le masque tombera.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-977668@...
08:45 Publié dans Actualités, Europe, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




Commentaires
Bonjour, à vous !
Ci-dessous, au cas où vous n'aurez pas vu l'agité en action chez Bush, le lien vers la vidéo relative à la réception organisée par l'AJC ( American Jewish Committee) en l'honneur de sa majesté Sarkozy 1er. Etrangement, on n'a pas vu ces images dans nos médias français, comme je le rappelais dans un billet récent. Et pour cause, on ne peut pas admettre que l'Etat français se compromette de la sorte en se rangeant délibérement dans ce que des voyous ont baptisé " axe du bien". On en voit les conséquences dans le chaos sanglant au Proche Orient ( Irak, Liban, Palestine...).
Au delà de la participation du chef de l'Etat à une réunion de juifs communautaires, ce qui est en contradiction avec les principes de la République, ce qui est aussi choquant, c'est que l'on entende Sarkozy s'attaquer ouvertement à son prédécesseur au ministère de l'intérieur. De qui s'agit-il ? On croit savoir que les remarques acerbes du locataire de l'Elysée s'adressent à Dominique de Villepin, l'homme dans le collimateur des néoconservateurs qui n'ont pas supporté le discours à l'ONU, celui dans lequel la France s'opposait à l'aventure coloniale en Irak: " Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'Occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèles à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur
Dominique de VILLEPIN, discours à l'ONU le 14 février 2003
Aujourd'hui, parce qu'il est évident que la collusion entre Sarkozy et les "médias" fait que les Français prennent les vessies pour des lanternes, il est temps de réagir avant que l'armée Française ne se retrouve embarquée dans une guerre en Iran, ce qui conduirait forcément à des représailles "islamistes" sur le sol national. Désormais, il convient de dénoncer les gesticulations de Sarkozy et ses petits copains qui préparent par des manoeuvres subliminales l'opinion publique à accepter le pire, c'est à dire la guerre, selon le professeur ès guerre Bernard Kouchner. Accepter l'inacceptable, c'est être complice de la rupture symbolisée par un homme qui n'a jamais caché qu'il voulait liquider tout de qui a fait jusqu'ici l'originalité de la diplomatie Française.
A bientôt sur www.alert2neg.com
A2N
Écrit par : A2N | 15.11.2007
http://www.dailymotion.com/search/sarkozy/video/x3hfac_sarkozy-remercie-par-lamerican-jewi
Écrit par : A2N | 15.11.2007
Merci pour l'article
a+ jc
Écrit par : jc | 15.11.2007
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