21.11.2007
Les dérives du système financier, suite mais pas fin…
L’évaluation de Goldman Sachs multiplie par cinq la précédente évaluation de la Deutsche Bank. Cette somme faramineuse (plus que le PIB de l’Italie toute entière) s’explique par la méthode de calcul : la banque américaine estime que 200 milliards seraient perdus par les banques et que chaque perte d’un dollar sur un crédit entraîne une réduction de dix dollars de la production de crédit. Par conséquent, la perte réelle ne serait « que » de 200 milliards mais l’économie mondiale pourrait assister à une forte restriction du crédit qui pourrait pénaliser fortement la croissance en limitant à la fois les investissements des entreprises et la consommation des ménages.
La première conclusion de cette affaire est de constater que les disfonctionnements que les libéraux sont si prompts à affubler à l’Etat n’épargnent pas vraiment le marché. Bien au contraire, les disfonctionnements majeurs du marché semblent s’accélérer. Après l’explosion de la bulle internet qui avait vu les marchés si parfaits accorder des valeurs délirantes à des entreprises qui n’en avaient pas ou peu, c’est au tour de la bulle immobilière d’éclater. Les responsables sont les entreprises de crédit qui avaient mis au point des systèmes gagés sur la valeur des maisons achetées pour baisser les mensualités en pariant sur la poursuite d’une hausse dont il était prévisible qu’elle prenne fin un jour. Le problème est que l’éclatement des bulles spéculatives réduit la croissance et peut faire du mal à l’économie réelle.
La nécessité d’ajustement est aujourd’hui au moins aussi grande pour le marché tel qu’il fonctionne que pour les Etats ou les citoyens. Les économistes libéraux nous serinent sur la nécessaire adaptation des politiques publiques et sur la flexibilité que devraient accepter l’ensemble des salariés. Ils devraient également un peu se pencher sur les disfonctionnements d’un système financier actuel qui ne fonctionne pas toujours mieux que la moins efficace des administrations. Mais à une meilleure régulation, ils préfèrent toujours demander plus de liberté. Cette liberté peut créer de la valeur, mais non seulement elle en créé pour une petite minorité mais elle provoque des excès qui peuvent avoir de fâcheuses conséquences sur l’économie réelle.
Bien sûr, les disfonctionnements des administrations doivent être corrigés. Néanmoins, il serait intéressant d’entendre de temps en temps quelqu’un parler des ajustements qui devraient être apportés au système actuel pour éviter des dérapages comme la crise immobilière actuelle. Des volontaires ?
Source : http://www.lefigaro.fr/societes-etrangeres/2007/11/19/040...
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3234,36-980255@...
09:40 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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