16.12.2007
Anecdotes démocratiques
Lu dans Marianne un papier de Jack Dion faisant un parallèle entre le résultat du référendum sur le traité constitutionnel européen et le référendum organisé par Hugo Chavez au Venezuela pour réformer la Constitution de son pays.
Le parallèle entre les deux évènements est douloureux pour le traité de Lisbonne. Car après tout, Nicolas Sarkozy veut finalement faire passer un texte identique à plus de 95% au traité rejeté par les Français en 2005. Il passe en force et ignore la volonté populaire et pas grand monde s’en émeut. Imaginez les réactions du Monde ou de TF1 si Jacques Chirac, en 1995, avait décidé d’ignorer le traité de Maastricht pourtant ratifié par les Français en 1992. Les réactions auraient été tout autres. Au Venezuela, il y a une semaine, Hugo Chavez, le leader pourtant très autoritaire du pays a accepté le résultat négatif du référendum sur la réforme des institutions. Bien sûr, les média sont plus qu’encadrés, surtout depuis la fermeture d’une chaîne de télévision indépendante, mais on ne peut pas dire que les média français aient fait preuve d’une grande pluralité lors du débat sur le traité constitutionnel européen…
Résultat, alors qu’Hugo Chavez respecte la volonté populaire en acceptant le refus de sa réforme des institutions, Nicolas Sarkozy s’essuie les pieds sur le vote populaire en acceptant un traité quasiment identique à celui refusé il y a deux ans. En plus, il est le seul grand dirigeant occidental à s’être précipité pour féliciter Poutine de sa victoire aux législatives, acquise dans des conditions tellement peu démocratiques que son parti a atteint 99% des voix dans certaines régions.
Ces libertés prises avec la démocratie sont particulièrement choquantes, pourtant presque personne ne les relève. Nul doute qu’un jour, il y aura des conséquences.
Source : Marianne
09:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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