17.12.2007
Indécences
Car comment ne pas comprendre que la « révélation » de l’histoire qu’aurait le président avec Carla Bruni est juste un écran de fumée destiné à effacer le piteux séjour de Kadhafi à Paris. Et il fallait bien cela tant ce voyage fut un désastre entre vrais-faux nouveaux contrats et insultes répétées à notre pays. Mais voilà, l’amourette d’un président est à même de permettre à l’hôte de l’Elysée de reprendre la main dans les média. Car non seulement cette révélation était orchestrée, mais en plus, elle fait partie du plan de communication hebdomadaire du président. Pour preuve, Nicolas Sarkozy n’a pas pris la moindre autre initiative dimanche ou aujourd’hui de manière à assurer une couverture maximale à l’évènement. La belle appréciera, si elle ne le fait pas consciemment…
J’avais évité de parler de la vie privée du président car je crois qu’il ne faut pas mélanger vie publique et vie privée. J’avais même soutenu son départ de l’interview de CBS après deux questions sur Cécilia. Mais là, le président atteint un tel cynisme dans l’utilisation de sa vie privée que je ne suis pas sûr qu’il mérite encore le moindre respect. Son divorce avait déjà été utilisé pour couvrir les premières manifestations de cheminots. Là, à peine deux mois après ce même divorce, ce président qui demandait qu’on respecte sa vie privée, l’utilise sans vergogne pour se sortir de son mauvais pas libyen ! Il y a des limites à la décence que le président dépasse allégrement. Et certains média complaisants ne se posent pas la question élémentaire de la manipulation. La palme revient au Figaro qui s’est transformé en annexe de Gala et a lancé un grand débat avec ses lecteurs pour savoir si Carla Bruni ferait une bonne première dame…
Mais l’indécence n’est pas seulement là. Que Nicolas Sarkozy ait été blessé par le départ de Cécilia, cela peut se comprendre. Il avait l’air sincèrement très amoureux. Mais s’afficher deux mois après le divorce avec une mannequin bien plus jeune qui lui ressemble, cela semble plus venir d’une cour de récréation que d’un palais officiel : « rien à faire que tu m’aies quitté, je peux sortir avec une fille plus jeune et plus belle que toi ». Qu’un président de la république se comporte ainsi en prenant les Français à témoin montre bien le côté enfantin du personnage, bien peu digne de la réserve que devrait lui inspirer de temps en temps sa fonction. La France a mal au politique.
Le candidat Sarkozy utilise toutes les ficelles de la Star Politique pour recueillir le vote du public (pardon, les citoyens) en 2012. Il devrait se méfier. Même le public a tendance à se lasser des manipulateurs ambitieux prêts à tout et n’importe quoi pour arriver à leur fin.
Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-99061...
22:00 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




Commentaires
Je partage bien évidement ton analyse.
Aurait on imaginer il y a encore 1 an, un président se faire élir en étant divorcé, redivorcé juste après l'élection et se montrer avec une croqueuse d'hommes tel que CB (Eric Clapton, Laurent Fabius, Arno Klarsfelfd, Mick Jager, Vincent Perez, Enthoven (Raphaël) père et fils, Louis Bertignac, Jean-Jacques Goldman etc...).
On assiste en 6 mois à une longue dégradation de l'image de président.
Mercredi on verra les photos des deux à coté, dans deux semaines, la presse fera ses couvertures sur leurs premier weekend d'amour puis la rupture puis la nouvelle conquète etc...
Chirac tu nous manques !
Écrit par : Vincent75 | 19.12.2007
Analyse très juste.
Il était fort déplaisant, lundi matin, en écoutant les nouvelles à la radio, de voir qu’à nouveau le Président s’entourait d’une lumière médiatique artificielle, après avoir exposé, cette fois-ci, sur la place publique ce qui ne devrait relever que de sa vie privée. Tous les commentateurs avaient les yeux rivés sur cet événement people, et nous étions, comme souvent depuis plus de six mois maintenant, très loin de la Politique.
Dans une société qui avait déjà tendance a manifester un goût pour le mélange des genres, il était appréciable de voir des hommes comme Jacques Chirac ou Dominique de Villepin exercer leur fonction avec du sérieux et le sens de l’État.
Mais aujourd’hui, quelle pagaille ! Entre une ministre de la Justice et un Président qui font la couverture des journaux people pour ce qu’ils sont plus que pour ce qu’ils font, et, sur un autre registre, et plus largement, un Premier ministre qui n’en est pas un, un ministre des Affaires étrangères fantoche (l’adjectif est juste)… cela fait beaucoup dans la confusion. Sans parler d’une gouvernance au jour le jour, impulsée dans l’urgence du dernier sujet de société, ni d’une diplomatie qui reflète une certaine inexpérience et génère du ridicule…
Cette « rupture tant attendue » s’oriente résolument dans le mauvais sens, et risque d’avoir des conséquences très néfastes sur le fonctionnement de la démocratie française si elle venait à continuer sur sa lancée.
Écrit par : Villèle | 20.12.2007
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