25.12.2007
Nicolas Sarkozy ou l’antigaulliste (3/4) : la politique économique
La politique économique du Général obéissait à quelques principes simples : un respect profond de l’argent public, une volonté forte de modernisation économique, au service de tous et le souci d’assurer à l’Etat la conduite réelle de la politique économique. A quelques nuances près, Nicolas Sarkozy piétine encore allégrement l’héritage gaulliste.
Sous la présidence du Général de Gaulle, le budget de l’Etat fut toujours équilibré. Bien sûr, dans les circonstances exceptionnelles de la Libération, il fit preuve de souplesse, en choisissant le plan Rueff contre le plan Mendès. Mais, dans des circonstances habituelles, le Général mettait un point d’honneur à ce que le budget de la France soit équilibré. Cette bonne gestion avait l’avantage de faciliter l’indépendance de décision du gouvernement, qui ne dépendait pas de créanciers auxquels il fallait sans cesse emprunter. Le Général avait un profond respect de l’argent public et ne se serait jamais permis de dépenser de manière inconsidérée l’argent des Français. Nicolas Sarkozy, lui, n’a absolument rien à faire d’endetter davantage le pays. Au pouvoir, il n’a jamais montré le moindre intérêt pour une bonne gestion des deniers publics, que ce soit comme ministre du budget d’Edouard Balladur de 1993 à 1995, quand il laissa les finances dans un état « calamiteux » selon les propres mots d’Alain Juppé, comme ministre des finances en 2004, ou comme président de la république.
Les années 60 furent aussi des années de forte modernisation économique au bénéfice de l’ensemble de la population. Le Général souhaitait ardemment doter le pays d’une économie forte, tant pour des raisons d’indépendance, que de volonté de pousser le pays au meilleur de lui-même. C’est ainsi qu’il lança de grands programmes d’investissements qui aboutirent au début de notre réseau autoroutier, au programme nucléaire, à Airbus, au TGV… Mais cette modernisation à marche forcée de notre économie a également permis une très forte progression du pouvoir d’achat des ménages et l’accession de la majorité des Français à de nouveaux équipements de confort (automobile, électroménager). Nicolas Sarkozy peine toujours à articuler le moindre projet pour construire les emplois de demain et la compétitivité de l’économie française dans les prochaines années. Ce ne sont pas quelques exonérations fiscales sur les heures supplémentaires qui vont radicalement changer quoique ce soit. Pire, avec le « paquet fiscal », Nicolas Sarkozy accentue encore les travers d’une croissance économique dont les bénéfices ne vont qu’à une infime minorité des classes supérieures.
La troisième caractéristique de la politique économique gaulliste est l’interventionnisme assumé de l’Etat dans l’économie pour défendre l’intérêt général : « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Sur ce point, on peut retrouver quelques traces de l’héritage gaulliste dans le comportement de Nicolas Sarkozy. Après tout, il assume un interventionnisme économique que beaucoup de nos partenaires ne comprennent pas venant de quelqu’un classé à droite. Sanofi-Aventis, Alstom, : il n’a pas hésité à intervenir pour favoriser des solutions plus conformes à l’intérêt national. Mais depuis qu’il est élu président de la république, Nicolas Sarkozy a remisé son intransigeance pour éviter les désaccords et assurer des conclusions heureuses aux réunions internationales. C’est ainsi qu’il a signé le traité de Lisbonne, qu’il ne fait rien pour changer la politique monétaire de la BCE ou qu’il a beaucoup laissé faire à Kadhafi pour quelques contrats.
Un Etat responsable et soucieux des derniers publics, acteur majeur de la vie économique pour assurer le développement économique du pays et la juste répartition des fruits de la croissance : voilà l’héritage gaulliste. Il est encore difficile de dire que Nicolas Sarkozy s’en inspire.
12:43 Publié dans Gaullisme, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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