06.01.2008

Le panier de crabe du PS

Opposition au gouvernement, leadership, programme, le Parti Socialiste ne parle plus d’une seule voix depuis belle lurette. Toute prise de position d’une quelconque personnalité est presque immédiatement critiquée par les autres. Nouvel épisode avec les déclarations de Ségolène Royal de cette semaine.

Qu’a-t-elle dit de si grave pour qu’Arnaud Montebourg demande « d’éviter une primaire interminable », que Jean-Christophe Cambadélis juge sa déclaration « vraiment malvenue » et Benoît Hamon ne la juge pas « la mieux placée pour incarner la rénovation et la refondation du PS ». Après tout, le concert de critiques socialistes a été plus prompt pour la contrer que pour s’opposer à certains abus de Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal a juste dit qu’elle envisageait d’être candidate au poste de premier secrétaire de son parti. Cela semble assez naturel étant donné qu’elle a largement gagné les primaires internes et que le poste est ouvert cette année avec l’annonce faite par François Hollande de son départ. Il est tout de même légitime qu’un des principaux leaders de ce parti fasse acte de candidature cette année ! Ce concert de critiques ridicules montre une nouvelle fois que le parti socialiste ne sait pas regarder autre chose que son nombril.

Le coup de Ségolène Royal est à la fois légitime et prévisible. Légitime car elle a survolé les primaires de son parti en 2006, qu’elle est arrivée au second tour des présidentielles avec un bon score de premier tour et que seul un Bertrand Delanoë semble vaguement en position de contester son leadership. DSK a préféré le FMI au PS et Laurent Fabius semble avoir compris qu’il resterait minoritaire durablement. Il n’est pas étonnant que ce soient des quadras qui aient exprimé ces critiques car ils espéraient sans doute que les deux présidentiables du PS passeraient la main en 2008 et qu’ils pourraient enfin prendre le parti… La prise de position de l’ancienne candidate était pourtant prévisible. Après tout, si elle prend le parti et étant donné qu’elle était candidate en 2007, elle sera plus que jamais la candidate naturelle de son parti, verrouillant dès 2008 toute possibilité de challenge sérieux pour représenter le PS en 2012.

Le pire est que cela devrait fonctionner car Bertrand Delanoë n’a pas le même poids dans le parti qu’elle et les quadras sont encore trop tendres pour contester sa position face à des militants déboussolés qui devraient encore préférer leur Madone aux lionceaux ambitieux. Cette perspective (mais pas plus que les autres) est proprement effrayante tant se profile un remake du désastreux débat d’entre deux tours entre Royal et Sarkozy. La France mérite quand même mieux qu’un choix entre un ambitieux enfantin et une Madone exaltée et maladroite ! Heureusement que la route politique est longue d’ici 2012. Il est plus que souhaitable qu’une alternative crédible à ce duo apparaisse. L’aventure personnelle proposée par François Bayrou est malheureusement à peine plus réjouissante.

La décomposition du PS continue car ce parti n’est plus qu’un rassemblement d’ambitieux autour d’une franchise électorale. Toute ambition collective semble avoir disparue de ce grand corps malade. Il s’agit sans doute du meilleur atout de Nicolas Sarkozy pour 2012.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/301708.FR.php

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-99595...

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