03.03.2008
Ce que révèle l’altercation du Salon de l’Agriculture
Le « casse-toi pauvre con » présidentiel a dominé l’actualité de la semaine dernière. Les détracteurs du président ont souligné son incapacité à se maîtriser alors que ses partisans affirmaient qu’il n’avait fait que répondre à une insulte dans un style un peu viril. Une ligne de défense aussi révélatrice que l’incident…
Dans le Marianne de cette semaine, Nicolas Domenach rappelle qu’interpellé par un « connard », Jacques Chirac avait répondu par un habile « enchanté. Moi c’est Chirac ». Les partisans du président disent qu’il n’a fait que répondre à une insulte « touche-moi pas, tu me salis » et un refus de serrer sa main. Mais cette ligne de défense est un peu légère. Tout d’abord, tous les présidents ont eu à traverser des foules hostiles qui les insultaient et pourtant, aucun n’a dérapé comme Nicolas Sarkozy. Ensuite, dans le cas présent, on ne peut pas dire que l’insulte était très virulente. Avec un tout petit peu plus de recul, on se rend compte que c’est bien le président qui a été le plus insultant dans son propos et celui qui a le moins maîtrisé son langage.
Roger Karouchi ou Jean-Pierre Raffarin ont défendu Nicolas Sarkozy en expliquant qu’après tout, il avait du caractère et que toute personne insultée pouvait réagir et que sa nature « virile » expliquait la force des termes employés. Ils ont essayé également de démontrer la modernité de cette réaction : Nicolas Sarkozy serait une personne comme les autres… Cette ligne de défense est complètement ridicule. Si on suit cette logique, devrait-il répondre à chaque insulte ? Devra-t-il se battre avec ceux qui remettent en cause son honneur ? Nicolas Sarkozy avait beau jeu d’attaquer Ségolène Royal sur son manque de calme pendant le débat d’entre deux tours. Aujourd’hui, c’est lui qui dérape, à nouveau. Il est tout de même incroyable que le président de la République ne puisse pas contenir ses nerfs à la moindre altercation…
Et puis, le président donne un exemple détestable pour l’ensemble du pays. Il y a quelques jours, il prônait le retour à une certaine discipline à l’école, que les élèves se lèvent à l’entrée de leur professeur, que l’utilisation du vouvoiement soit systématique. Et voici qu’il réagit à la moindre altercation en tutoyant et insultant celui qui l’a provoqué. Quel exemple donne-t-il pour la nation ? La gestion de cet incident a également été déplorable. Le président aurait pu tout simplement s’excuser et dire qu’il n’aurait pas dû répondre de la sorte étant donnée sa fonction. Mais non, il s’est enfermé dans une défense indéfendable pour ne pas reconnaître son erreur.
Bien sûr, cette altercation a déjà fait couler beaucoup d’encre et rajouter un papier de plus peut paraître superflu. Mais cet incident a priori anecdotique révèle malheureusement beaucoup sur le président.
14:30 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, salon de l'agriculture




Commentaires
touche-moi pas, tu me salis
Ceci est faux: la première déclaration fut : touche-moi pas!
Réponse de Nenesse : alors casse toi !
puis le visiteur a répliqué :tu me salis !!
Sarkozy a tout simplement insulté le visiteur qui refusait de lui serrer la main !
Ecrit par : Defrance | 03.03.2008
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