05.03.2008

Les conséquences du retour d’Hillary Clinton

Les primaires de l’Ohio et du Texas marquent un véritable tournant dans la campagne présidentielle américaine. Après la dizaine de victoires consécutives de Barack Obama, une nouvelle défaite de la sénatrice de New York aurait sonné le glas de sa candidature. Ses victoires relancent la campagne.

Malgré les changements opérés dans son équipe, l’ancienne « first lady » a conservé la même ligne : une valorisation de son expérience et une attaque en règle de son concurrent (son inexpérience, son manque d’action au Sénat, ses discours creux…). Cette campagne assez négative est très différente de la tonalité plus positive de celle de Barack Obama, qui concentre ses attaques sur le système et Washington pour plaider pour un changement global. Hillary Clinton persiste à expliquer qu’elle sera prête dès le premier jour (sous-entendu, pas son concurrent). Le fait de se battre en position de challenger l’a sans doute aidé en lui donnant un côté plus humain, d’autant plus qu’elle se bat comme un acharnement peu commun.

Mais cette victoire complique la situation côté démocrates puisqu’il est désormais probable que l’élection se jouera cet été pendant la convention. Les supporters d’Hillary Clinton soulignent que cela n’avait pas empêché son mari de gagner face à un président sortant rapidement investi. Néanmoins, cette situation peut porter préjudice aux démocrates. Tout d’abord, Barack Obama et Hillary Clinton peuvent s’abîmer l’un l’autre en se critiquant avant la dernière ligne droite, et fournir des munitions à John McCain. Plus dangereux encore, le résultat final risque de ne pas être clair et de souffrir de contestations. Déjà, Hillary Clinton réclame la prise en compte des résultats (favorables pour elle) de la Floride et du Michigan, refusés par la direction du parti car ces Etats avaient avancé la date des primaires. Les délégués non élus pourraient également trancher la primaire. Le parti démocrate souffre de son mode de scrutin proportionnel qui ne dégage pas de majorité claire, contrairement aux républicains.

Car, à la base, cette élection se présentait bien pour les démocrates, vu le bilan de la présidence Bush. Mais l’élection claire et rapide de John McCain, son opposant de l’intérieur, populaire auprès des indépendants et des démocrates modérés, change la donne. Son expérience et son caractère en font un candidat redoutable pour Hillary Clinton, qui perdrait face à lui son principal atout, la compétence. Du coup, tous les sondages la donnent perdante face au sénateur de l’Arizona, contrairement à Barack Obama. Ce dernier offre l’avantage de la jeunesse et d’être plus en accord avec le peuple américain sur l’Irak. Mais le candidat républicain peut choisir un colistier jeune pour compenser et il a déjà commencé à recentrer son discours sur l’Irak en évoquant le retrait des troupes américaines, même s’il souligne que cela doit être fait une fois la situation stabilisée.

Si Hillary Clinton a sauvé sa campagne en évitant la sortie de route définitive, Barack Obama reste favori pour la nomination, d’autant plus que les prochaines primaires devraient lui être plus favorables et qu’il reste sans doute le meilleur candidat pour battre John McCain.

Source : http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2008/03/05/hillary-clinton-a-sauve-sa-candidature_1018865_829254.html#ens_id=829615

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