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07.03.2008
Le retour du psychopathe de Francfort
Excellente tribune d’Hervé Nathan, rédacteur en chef Economie à Marianne à propos de Jean-Claude Trichet au moment où l’euro bat à nouveau des records.
Cette tribune fait suite à un papier de Libération qui défendait le patron de la Banque Centrale Européenne. Le journaliste fait dire à Jean-Claude Trichet qu’il n’y a de bonne politique qu’acceptée par les citoyens. Le rédacteur en chef Economie de Marianne relève bien le sens caché de cette phrase en soulignant que la BCE définit la politique monétaire puis que les citoyens doivent l’accepter. Jean-Claude Trichet ne fait qu’expliquer sa politique sans réellement se soucier des citoyens.
La BCE a donc décidé de garder ses taux d’intérêts à 4% alors que la Fed Américaine a baissé les siens à 3%. Pourtant, le taux d’inflation est un point plus haut aux Etats-Unis… Résultat, la rémunération réelle (en prenant en compte l’inflation) de l’euro est deux points au-dessus de celle du dollar, propulsant l’euro à 1,54 dollars, une surévaluation de plus de 30%… L’argument de Jean-Claude Trichet est simple : il y aurait un risque d’inflation. Le président de la BCE a une lecture simpliste de la hausse de l’inflation actuelle. Les statistiques montrent bien que l’inflation hors éléments volatiles (énergie et alimentaire) est stable. La hausse actuelle est purement conjoncturelle et sera oubliée dans un an. En effet, les salaires ne progressent pas plus vite, signe certain du caractère conjoncturel de cette hausse. En outre, le maintien des taux à un niveau élevé n’aura pas d’effet sur l’inflation puisque ce sont d’autres facteurs macro-économiques qui expliquent le dérapage actuel (hausse de la demande de la Chine, développement des biocarburants aux Etats-Unis entre autres…).
En revanche, la croissance baisse à un niveau inquiétant. Mais la BCE ne se soucie pas de croissance… et cela se voit. Depuis la mise en place de l’euro en 2002, la croissance de l’Europe continentale se traîne à un niveau très faible. La France, l’Allemagne et l’Italie ont une croissance moyenne qui ne dépasse pas les 2% depuis la mise en place de l’euro alors que les Etats-Unis ou la Grande Bretagne ont enregistré un point de croissance de plus. Le point de croissance qui manque à la France vient de la politique monétaire excessivement monétariste de la BCE, qui fait s’apprécier l’euro et donc pénalise nos exportations (d’ailleurs, pendant la même période, nous sommes passés d’un excédent à un déficit commercial).
Encore une fois, Jean-Claude Trichet fait le choix du dogme monétariste sans prendre le moindre recul. Résultat, une fois de plus, la partie occidentale de la zone euro manquera de croissance et perdra des emplois dans les industries soumises à la concurrence internationale, non pas par manque de compétitivité mais pour cause de monnaie complètement surévaluée.
Source : http://www.marianne2.fr/Contre-eloge-de-Trichet_a84615.html
10:47 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bce, trichet, fed, taux d'intérêts



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