16.03.2008
Une défaite, un absent et beaucoup de langues de bois
Ambiance électrique sur les plateaux de télévision ce soir pour commenter les résultats des municipales. Les nombreuses défaites de l’UMP montrent que malgré les enjeux locaux, les Français ont sanctionné Nicolas Sarkozy. Mais le plus marquant a été le niveau désolant des interventions des représentants de tous les partis entre suffisance des vainqueurs et absence totale d’écoute des vaincus.
Malgré les dénis bien ridicules de l’UMP, ces élections marquent une très nette poussée de la gauche dans le pays. Toulouse, Strasbourg, Périgueux, Amiens, Metz, Reims, Caen, Blois et Quimper passent à gauche. Marseille reste de justesse à l’UMP avec quatre secteurs à gauche et quatre à droite. Paris prend un nouveau virage à gauche puisque dans le 12ème arrondissement, le parachuté Jean-Marie Cavada est atomisé au second tour avec seulement 34% des voix. Le parti socialiste est désormais nettement majoritaire dans les municipalités et les départements.
Mais cette défaite a été l’occasion d’un concours de langues de bois dont il est bien difficile de désigner un vainqueur. L’UMP a fait preuve d’une imagination sans limite pour nier toute sanction alors que jamais les grandes villes du pays n’auront autant penché à gauche. Le niveau élevé de l’abstention a ainsi été présenté comme une raison de ne pas faire de cette défaite une sanction : la moindre mobilisation des électeurs de droite signifierait donc qu’on ne peut pas parler de sanction pour la droite ! Le gouvernement a également dit tout et son contraire, entre prise en compte du vote des Français (Nicolas Sarkozy à Toulon) ou volonté au contraire d’accélérer les réformes. L’UMP a osé dire que le vote des Français signifiait une volonté d’accélérer les réformes, comme s’il n’y avait pas de déception sur le pouvoir d’achat…
Mais les leaders du parti socialiste ont également montré leur maîtrise de la langue de bois. D’un résultat d’élections municipales, Ségolène Royal a ainsi demandé un retour en arrière de plusieurs mesures du gouvernement et un changement de politique sans réellement proposer d’alternatives. Les socialistes se sont comportés comme si ces résultats invalidaient en partie les résultats des présidentielles et des législatives. Pire, la rénovation du PS semble désormais bien lointaine et cette victoire pourrait faire oublier les carences qui l’ont fait perdre en 2007. Quant à François Bayrou, il a eu le culot d’attribuer la responsabilité de sa défaite au maintien de la liste UMP. En l’absence de fusion, il faut tout de même accepter les règles électorales, qui prévoient des triangulaires…
Ces élections municipales sont un avertissement pour le président puisque jamais les départements et les grandes villes n’avaient autant penché à gauche depuis des décennies, à tel point que le Sénat pourrait changer de majorité. Mais la majorité ne semble pas vraiment vouloir en tirer les leçons et le parti socialiste pourrait bien en profiter pour oublier des leçons précédentes.
22:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, ps, ump, sarkozy




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