17.03.2008
Dénis de défaite et ratés de communication
Spectacle amusant et désolant de voir les leaders de l’UMP s’interdisant de prononcer le mot défaite (à l’exception d’une minorité) comme Xavier Bertrand ce matin, sur RTL. Retour sur un curieux déni de défaite et les gros ratés de communication de Nicolas Sarkozy.
Le président s’est toujours vanté d’une honnêteté que suggérait volontiers son parler vif malgré de nombreux arrangements avec la vérité. Il semble avoir imposé à ses troupes un des exercices de langue de bois les plus ridicules de la Cinquième République. C’est ainsi que les ministres du gouvernement dénient depuis hier soir tout vote sanction à l’égard du gouvernement et refusent systématiquement de prononcer le mot « défaite », parlant d’un « rééquilibrage ». Comment ne pas trouver ridicule ce déni de défaite alors que ces élections locales sont sans doute le plus grand succès de la gauche depuis les municipales de 1977. Le parti socialiste va ainsi diriger 8 nouveaux départements, portant son total à 59, et 42 nouvelles municipalités de plus de vingt mille habitants.
Ce déni de défaite est d’autant plus incroyable qu’il a toutes les chances de rendre inaudible le reste du discours du gouvernement. Pourquoi les Français écouteraient-ils des gouvernants qui n’écoutent pas les urnes et soutiennent bien maladroitement qu’il n’y a pas eu sanction du président ? Il aurait été plus simple de reconnaître la défaite (extrêmement importante sur des critères historiques), expliquer que les réformes entamées ne pouvaient pas toutes produire leur résultat tout de suite et que, de toutes les façons, la question du gouvernement de la France avait été tranchée l’an dernier et que l’on n’allait pas revenir dessus à chaque élection locale, sous peine d’inefficacité. La deuxième partie de ce discours a été tenue, mais on peut se demander si le déni de défaite ne va en limiter la portée. Le gouvernement aurait pu également dire qu’il avait entendu la préoccupation à l’égard du pouvoir d’achat et prendre de nouvelles mesures.
Ce déni de la réalité augure mal de la suite des évènements. Un chef qui n’accepte pas ses erreurs n’apprend pas, ni ne progresse. D’ailleurs, la réponse de l’Elysée à ces mauvais résultats est contestable. Le président réplique par une longue séquence « petit père de la patrie » avec aujourd’hui la célébration de la mort de notre dernier poilu, demain une célébration de la résistance, et vendredi l’inauguration d’un nouveau sous-marin. Si ces séquences de communication permettront peut-être d’un peu « re-présidentialiser » un président qui en a bien besoin, il est difficile de ne pas y voir uniquement un souci de communication. Les Français attendent davantage Nicolas Sarkozy sur la résolution de problèmes concrets, mais il semble préférer se préoccuper de son image, travail de longue haleine à dire vrai après neuf mois d’exposition bling-bling sans pudeur.
Il est difficile de savoir quel impact aura ce déni de défaite. Une attitude plus humble lui aurait sans doute permis de renouer quelques-uns des fils qu’il avait liés avec les Français. En refusant d’écouter et en repartant sur de nouvelles séquences communicantes, Nicolas Sarkozy complique son rebond.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/03/15/01002-20080315ARTFIG00085-ce-que-sarkozy-preparepour-l-apres-municipales.php
http://www.lemonde.fr/web/articleinteractif/0,41-0@2-987706,49-1023702@51-998385,0.html
15:33 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ump, municipales




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