19.03.2008
Le mini remaniement du mini président
Malgré le déni de défaite organisé par l’Elysée, le sévère revers des municipales a provoqué un triple remaniement pour Nicolas Sarkozy : de son style, de son équipe et de son gouvernement. Mais ces changements sont trop maladroits pour provoquer un rebond.
Il y a quelque chose d’extrêmement paradoxal dans le refus absolu des proches du président de parler d’un vote sanction malgré l’ampleur des changements opérés depuis les municipales. Nicolas Sarkozy fait sans doute une erreur en n’acceptant pas publiquement la défaite car cette acceptation donnerait une explication à ces changements. En effet, il est difficile d’accorder de l’importance aux modifications qui sont faites sans le moindre mea culpa. Un peu de modestie n’aurait pas fait de mal à un président à l’ego surdimensionné qui aurait gagné à signifier sa compréhension du message des Français. D’autant plus que les changements opérés ne sont pas négligeables étant donnée leur conjonction : le président a clairement changé de ton dans ses interventions, il a remanié son équipe élyséenne et ajusté l’équipe gouvernementale.
En outre, ces ajustements constituent, à peine dix mois après son élection, presque autant de reniements de sa campagne. Le changement de ton est sans doute le plus cruel pour l’hôte de l’Elysée dans la mesure où il a pour but de « re-présidentialiser » un président, qui, par conséquent, de l’aveu même de son équipe, ne faisait pas très président… Résultat, Nicolas Sarkozy se fait plus rare, devient le président des chrysanthèmes et autres hommages pour donner un peu plus de hauteur à son image. On est loin de la « rupture » de style promise. Le changement de son équipe va dans le même sens avec la suppression du point presse à l’américaine qui illustrait lui aussi la « rupture » Enfin, les ajustements gouvernementaux malmènent les promesses de campagnes avec un gouvernement qui passe à 38 membres, qui compte un tiers de femmes (au lieu des 50% promis) et la mise en sourdine de l’ouverture…
Mais s’il y a un aspect qui reste constant entre Sarkozy 1 et Sarkozy 2, c’est bien la prédominance de la communication. Aux problèmes du président, on répond par des images. Car, à quoi correspond la séquence hebdomadaire de l’hommage aux poilus, l’hommage à la résistance et l’inauguration d’un sous-marin ? Il ne s’agit pas d’actions pour résoudre un quelconque problème mais uniquement de séquences destinées à améliorer l’image abîmée du président. Son ego reste le centre du monde présidentiel, les soucis des Français restant toujours en périphérie. Mais sa perte de crédit risque bien de rendre les Français suspicieux d’un tel plan qui sent trop la communication pour être honnête.
Nicolas Sarkozy change sans accepter la défaite et répond par une séquence de communication à sa gloire pour répondre aux problèmes des Français. Heureusement pour lui que le parti socialiste ne change pas : cela amortit sans doute sa chute…
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/19/nicolas-sarkozy-au-gouvernement-ni-ralentissement-des-reformes-ni-plan-de-rigueur_1024894_823448.html#ens_id=998385
15:49 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, remaniement, municipales




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