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21.03.2008
Clairs-obscurs du Modem
3,7% des suffrages au premier tour des municipales, défaite de son chef à Pau, perte de plusieurs villes, positionnement politique à géométrie variable : le bilan électoral du Modem s’apparente à une véritable déroute selon la majorité des commentateurs. Une analyse trop noire pour être honnête.
A entendre la majorité des journalistes, la stratégie de François Bayrou a échoué : son parti est divisé et s’est déchiré dans de nombreuses villes. A Lyon par exemple, la première équipe a rejoint l’UMP, la seconde le Parti Socialiste et il a fallu monter en catastrophe une troisième équipe. A Toulouse, le ralliement à l’UMP s’est fait dans la douleur. En outre, les fusions avec le PS à Marseille et l’UMP à Toulouse se sont soldées par des échecs au second tour. Enfin, François Bayrou n’a pas gagné son pari d’emporter la mairie de Pau, ce qui peut faire douter de sa capacité à avoir un destin national : il n’est pas devenu roi de Navarre, comment pourrait-il devenir roi de France ? Enfin, le Modem a globalement perdu des élus.
Néanmoins, cette présentation est partielle et partiale. Comme le souligne Marianne, les 3,7% du Modem au niveau national sont un trompe l’œil puisque le parti centriste ne présentait pas des listes dans toutes les villes. En réalité, là où il s’est présenté, le Modem a réalisé près de 16% des voix en moyenne, un score proche du score de François Bayrou au premier tour des présidentielles. En outre, j’ai eu l’occasion de revenir sur le fait que la stratégie d’alliances à géométrie variable du Modem est finalement cohérente avec son parti pris d’indépendance. Le parti de François Bayrou ne serait pas indépendant s’il penchait uniquement dans un sens. Enfin, on constate que le Mouvement Démocrate occupe toujours autant les discussions politiques, ce qui est important pour exister. Avec la quasi-disparition du Front National, le Modem s’impose comme le troisième parti de France.
Malheureusement, François Bayrou a encore du travail à faire. Même si l’UMP semble avoir fait voter en sous-main pour sa rivale socialiste à Pau, comme l’affirme le Canard Enchaîné, il était pour le moins surprenant que le candidat perdant s’en prenne à l’UMP pour expliquer sa défaite. Après tout, François Bayrou s’oppose frontalement à Nicolas Sarkozy et il n’est pas surprenant que le parti présidentiel cherche à le faire battre. Il est complètement illogique de sa part d’attendre ou de demander la moindre faveur de l’UMP. Il est aussi surprenant que François Bayrou n’ait pas répondu favorablement à la proposition d’Alain Juppé de venir le soutenir. Mais le président du Modem a fait de cette aventure du centre indépendant une aventure sans doute un peu trop personnelle pour accepter de l’aide…
Le bilan de ces municipales n’est pas aussi désastreux que ce que beaucoup veulent faire croire pour le Modem, même si on ne peut pas dire que ce soit un franc succès. Même si les scores du Modem restent limités, François Bayrou s’impose néanmoins comme la seule alternative crédible au PS et à l’UMP.
Source : Marianne
14:48 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, pau




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