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31.03.2008

Des biocarburants bien encombrants

Après avoir été encensés comme une alternative écologique au pétrole, la polémique grandit sur les biocarburants, à la fois sur leurs bienfaits supposés et sur l’impact qu’ils ont sur le marché des produits alimentaires.

Face à la hausse continue du prix du pétrole depuis le début du siècle, beaucoup de pays aident la filière des biocarburants qui a l’immense avantage de procurer des ressources renouvelables. Malheureusement, de nombreuses études ont souligné que le bilan écologique de ces biocarburants n’est pas si rose. En effet, ils demandent souvent beaucoup d’énergie pour être produits. Aux Etats-Unis, il a été montré que la production d’un litre de biocarburant demande pratiquement un litre d’essence au total (pour la production et le transport), ce qui rend le bilan écologique absolument nul. La situation est moins négative selon les pays : au Brésil, le litre d’alcool de sucre ne demanderait qu’environ un quart de l’équivalent essence et les productions européennes tourneraient autour de 40 à 50%.

Malheureusement, outre l’utilisation importante d’énergie fossile pour être produits, les biocarburants posent de nombreux autres problèmes. Ils réclament une grande quantité d’eau, alors que tous les scientifiques alertent depuis des années l’opinion et les pays sur les manques d’eau de la planète. C’est ainsi que le patron de Nestlé, Peter Brabeck, a souligné qu’il faut quatre mille litres d’eau pour produire un litre de biocarburant, ce qui amène à se poser la question du bilan écologique global des biocarburants, qui semble tous les jours moins bon… Au Brésil, les exploitations créés pour produire de l’alcool de sucre sont souvent prises sur la forêt amazonienne, qui a pourtant un rôle écologique majeur.

Pire, les aides à la production de biocarburant ont poussé de nombreux agriculteurs à convertir leur production. Aux Etats-Unis, la production de maïs explose pour satisfaire les besoins de bioéthanol. Le problème est que cette hausse des surfaces de maïs s’est faite au détriment de la production de blé, ce qui a eu pour conséquence la très forte hausse des prix de cette céréale, qui explique in fine la hausse actuelle des prix du pain ou des pâtes. C’est bien la demande de bioéthanol aux Etats-Unis, suite aux subventions décidées par le gouvernement Bush qui est responsable de l’envolée des prix de l’alimentaire en Europe…

Bilan écologique contestable, contrecoups majeurs sur les prix de l’alimentaire : l’impact des biocarburants ne semble pas aujourd’hui extrêmement bon. La principale leçon à tirer est sans doute un nécessaire rééquilibrage entre le souci d’agir vite et la meilleure analyse des décisions a priori.

Source : http://www.lefigaro.fr/societes-etrangeres/2008/03/24/04011-20080324ARTFIG00274-nestle-predit-la-famine.php

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