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07.04.2008

Faut-il boycotter les J.O. de Pékin ?

C’est le débat du moment en France depuis l’accélération de la répression au Tibet. D’un côté, des associations qui réclament un boycott de la cérémonie d’ouverture, a minima, de l’autre, des athlètes qui ont opté pour une voie plus modérée.

Se pencher sur les agissements du régime de Pékin pousse évidemment vers le boycott. La semaine dernière, Marianne décrivait bien les agissements des autorités chinoises, dotées de tout l’arsenal des régimes totalitaires, entre camps de travail, police politique ou manipulation des médias. La répression sanglante au Tibet ne peut que choquer dans le pays des Droits de l’Homme. Le discours des autorités chinoises, qui dénoncent les appels à la violence du pourtant pacifique dalaï-lama qui refuse pourtant tout boycott, rappelle douloureusement 1984 de Georges Orwell. Bref, à première vue, il semble évident que les pays démocratiques doivent marquer leur opposition aux agissements du régime de Pékin et boycotter la cérémonie d’ouverture, si ce n’est les J.O., par respect de nos valeurs.

Malheureusement, la question est sans doute plus compliquée. Tout d’abord, comme le soulignait fort justement Jean-Michel Apathie, l’Occident se réveille un peu tard. Même si nous déplorons les agissements actuels des autorités chinoises, ils n’étaient pas bien différents quand les Jeux furent attribués à la Chine. La véritable question qu’il faudrait se poser est s’il faut ou non attribuer les Jeux Olympiques à une dictature. Car la Chine n’est pas moins démocratique aujourd’hui qu’en 2001. En fait, l’idée de départ était que l’attribution des Jeux devait être un encouragement dans la route que la Chine prendra, on l’espère, vers la démocratie et le respect des droits de l’homme.

Le principal objectif que nous pouvons avoir est l’accompagnement de ce mouvement. Et malheureusement, je doute qu’un boycott un peu agressif des nations occidentales ait l’effet souhaité. Une telle action pourrait froisser les Chinois et représenter une forme d’humiliation nationale qui pourrait ne pas les pousser dans la bonne direction. Car malgré tout, il faut également se mettre à la place des autorités chinoises pour anticiper leur réaction. S’il faut bien sûr continuer à faire pression sur la question du Tibet, la discrétion me semble largement préférable dans un souci d’efficacité. Car des actions trop agressives pourraient provoquer le repli de la Chine dans une attitude totalitaire et empêcher tout dialogue avec l’Occident, alors que c’est ce dialogue qui permettra l’évolution du pays. S’il faut respecter nos valeurs et donc recevoir le dalaï-lama, il ne faut sans doute pas non plus humilier un pays qui a soif de reconnaissance et qu’un traitement trop cavalier pourrait enfermer avec ses démons.

À dire vrai, cette question du boycott soulève beaucoup de questions que j’ai du mal à trancher. S’il convient de respecter nos valeurs, j’ai peur que l’humiliation de la Chine ne serve pas réellement le but que nous avons. Ainsi, aux cris de certains, je préfère finalement la réaction positive des athlètes, qui permet de préserver un dialogue dont on peut espérer qu’il aura plus d’effet qu’une dénonciation agressive.

Commentaires

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Déclaration de Jean Claude Killy
Je ne vois pas pourquoi on demanderait aux sportifs ce sacrifice quand les relations avec la Chine sont pour d'autres catégories, du commerce et de l'industrie, jugées parfaitement normales.

Fermez le ban

Ecrit par : flamant rose | 07.04.2008

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