« Faut-il boycotter les J.O. de Pékin ? | Page d'accueil | Nicolas Dupont-Aignan relève la croix de Lorraine »

08.04.2008

Euro surévalué : la correction impossible

De manière assez incroyable, la bible des libéraux anglo-saxons, The Economist, s’interroge sur l’opportunité d’une intervention des banques centrales pour soutenir le dollar et faire baisser l’euro.

Alors que la politique de change reste un sujet en partie tabou dans l’Union Européenne, l’hebdomadaire anglais commence par souligner qu’elle reste possible et efficace quand elle est coordonnée entre plusieurs pays. The Economist contredit les économistes qui doutent de la capacité d’action des Etats dont les interventions sont limitées par rapport aux volumes échangés sur les marchés des changes. En effet, l’économiste en chef de Morgan Stanley sur les questions monétaires explique que les actions coordonnées du G7 pour intervenir sur le cours des monnaies ont bien fonctionné dans le passé. Les accords du Plaza en 1985 avaient réussi à faire baisser le dollar, comme ceux du Louvre en 1987 l’avaient stabilisé. En 1995, l’intervention des banques centrales avait mis fin à la hausse du yen face au dollar, à tel point qu’en 1998, il avait fallu intervenir pour soutenir le yen. Enfin, en 2000, les banques centrales étaient intervenues avec succès pour soutenir l’euro.

Mais The Economist souligne que ces interventions doivent être cohérentes avec la politique de taux d’intérêt des banques centrales, à savoir que la monnaie que l’on souhaite faire baisser doit avoir des taux d’intérêts plus faibles. L’hebdomadaire souligne que le niveau historiquement élevé de l’euro et historiquement faible du dollar plaident pour une intervention corrective des banques centrales. L’euro est ainsi surévalué de plus de 40% aujourd’hui. Malheureusement, la politique de taux d’intérêt de la banque centrale européenne ne permet pas la moindre correction puisqu’elle maintient ses taux à 4% quand la Fed les a baissé de 3 points en quelques mois, à 2,25%. En outre, pour réussir, une telle intervention aurait sans doute besoin du soutien de la Chine et des pétromonarchies dont le poids des réserves donne une influence majeure sur les marchés des changes.

Bref, The Economist décrit une situation insoluble et préoccupante. D’un côté, l’hebdomadaire montre qu’il y a besoin d’une intervention, en soulignant les distorsions majeures des taux des changes aujourd’hui. De l’autre, il souligne clairement que les mécanismes correctifs ne semblent pas pouvoir être mis en place, notamment à cause de la politique monétaire de la BCE. Le problème est que les hommes politiques ont été peu à peu exclus de décisions capitales pour l’économie puisque les accords des années 80 avaient été définis par les ministres. Depuis, le pouvoir a été pris par des techniciens indépendants et irresponsables. Il serait temps de corriger un système qui montre aujourd’hui des limites reconnues tant par les libéraux que les partisans d’une autre politique.

La réalité est que l’euro est mal géré. Le dogmatisme monétariste de la BCE n’a pas empêché une légère remontée de l’inflation, que les politiques, eux, avaient su tuer en Europe. Il est grand temps de faire un bilan de la gestion de l’euro par la banque centrale européenne et surtout, en tirer les conséquences.

Source : The Economist

Commentaires

L'euro est structurellement mauvais, le système en soi d'une banque centrale unique et d'un même taux d'intérêt pour tant de pays aussi différents que la France, l'Allemagne l'Espagne ou l'Estonie, qui ont des taux d'inflation, de croissance, des comportements démographiques, etc. divergents est voué à l'ECHEC !

La surévaluation de l'euro, conséquence d'une BCE incapable de gérer la valeur de sa monnaie comparativement à la banque américaine, ajoute au problème, mais n'est pas le coeur du problème

Le coeur du problèm est l'existence-même d'une monnaie unique. On nous avait fait beaucoup de promesses, aucune n'ont été tenues, naturellement.

www.levraidebat.com

Ecrit par : Alex | 08.04.2008

Ecrire un commentaire