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16.04.2008

Un système économique mondial fou et injuste

D’un côté, des établissements financiers en crise. De l’autre, des émeutes de la faim dans les pays en voie de développement et une hausse des prix alimentaires qui rogne les budgets des classes populaires dans les pays développés. Devinez où se concentre l’aide internationale…

D’un côté, les principaux établissements financiers internationaux se retrouvent pris au piège de l’éclatement de la bulle immobilière américaine. Ils ont perdu des dizaines de milliards depuis l’été dernier. Du coup, les banques centrales ont fourni des liquidités afin d’éviter des faillites et un effondrement complet du système financier international. La banque centrale américaine a également baissé ses taux d’intérêt de trois points pour soutenir le crédit. Quelques têtes ont volé dans les banques, mais, en général, avec quelques millions pour faire passer le tout. Plus choquant, les cent traders les mieux rémunérés ont gagné 30% de plus en 2007, soit trente milliards de dollars, contre vingt-trois en 2006.

De l’autre côté, la spéculation sur les matières premières a encore accéléré la hausse des prix du pétrole et de l’alimentaire. Résultat, les habitants des pays en voie de développement n’ont plus les moyens de s’alimenter, ce qui provoque depuis quelques semaines des émeutes de la faim. Dans les pays occidentaux, les conséquences sont un peu moins désastreuses, mais la situation des ménages modestes se détériore. Ils subissent de plein fouet la hausse des prix de l’alimentaire et aux Etats-Unis, des centaines de milliers de ménages ont vu leur maison saisie pour payer leur emprunt. Non seulement les politiques semblent impuissants pour apporter des réponses à leurs problèmes, mais Jean-Claude Trichet annonce doctement qu’il ne faut pas que les salaires soient indexés sur les prix. Les smicards, qui ont été augmentés de seulement 1,8% en 2007 alors que l’inflation dépasse les 3%, apprécieront…

La planète économique semble devenue folle. Alors que les puissances publiques interviennent pour soutenir les établissements financiers, elles semblent souvent ignorer les victimes humaines de cette crise économique. Bien sûr, il fallait intervenir pour sauver les établissements financiers imprudents car sinon leur faillite aurait plus encore affecté l’économie réelle, mais il est difficile de ne pas être choqué que tant d’argent soit consacré au sauvetage de banques et si peu pour aider des victimes humaines. La déconnection avec les élites devient de plus en plus indécente quand ces dernières, que la crise n’affecte pas vraiment, demandent à la population de sans cesse faire des efforts sans en demander réellement aux entreprises ou aux dirigeants qui ont failli.

Le Général disait fort justement que « la seule querelle qui vaille, c’est l’homme ». Nous entrons dans un système où l’homme est chaque jour un peu plus une simple variable d’ajustement. Qui pourra proposer un rééquilibrage, qui devient chaque jour plus urgent ?

Source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/04/10/jean-claude-trichet-conteste-l-indexation-des-salaires-sur-les-prix_1033069_3214.html#ens_id=1029191, Marianne

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