17.04.2008
Retour de bâtons
Hier, Nicolas Sarkozy a cherché à recadrer le gouvernement et la majorité pour faire taire les divergences publiques qui ne cessent de s’exprimer. En bref, il leur demande de ne pas se comporter comme il l’a fait de 2002 à 2007…
« Cette nécessité de solidarité, j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire quatre ou cinq fois ; je ne le répéterai pas une sixième ». Cette mise en garde présidentielle est doublement ironique. Premièrement, le président demande à ses ministres de faire ce qu’il dit et pas ce qu’il a fait. Car pendant le deuxième mandat de Jacques Chirac, il ne s’était jamais privé d’exprimer ses divergences en plaidant pour la rupture dans tous les domaines (rythme des réformes, politique étrangère…), allant jusqu’à se moquer du président devant les journalistes. Il est pour le moins paradoxal de demander à ses ministres une solidarité que lui-même, alors ministre, avait refusé de donner à son premier ministre et son président.
Mais cette phrase du président est aussi ironique dans la mesure où elle illustre bien l’impuissance du président à faire respecter l’ordre au sein de son équipe. Le fait que les précédents incidents n’aient pas été sanctionnés peut faire douter d’une éventuelle mise à pied pour le prochain… En outre, même s’il arrive à restaurer un semblant d’ordre au gouvernement, il est peu probable que l’UMP se discipline car il y manque de moyens de pression. Ce matin par exemple, Hervé de Charrette critiquait le gouvernement en dénonçant les annonces journalières de mesures d’économies.
Cette mise au point aurait été bien nécessaire en 2002 pour recadrer l’ambitieux ministre de l’intérieur de l’époque. Il n’était pas acceptable que Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin laisse un ministre s’essuyer les pieds sur le principe de solidarité gouvernementale. Ce précédent a malheureusement installé la chienlit gouvernementale, d’autant plus que son promoteur a gagné la présidentielle. Ce dernier a beau jeu aujourd’hui de demander une solidarité qu’il refusait naguère, mais il réussira sans doute à retrouver un semblant de cohésion car il est au début d’un premier mandat et qu’il conserve des moyens de pression. Mais si les sondages restent mauvais, alors, il pourra dire adieu à toute cohésion…
Pour gouverner sereinement et efficacement, une équipe a besoin de solidarité et de cohésion. Nicolas Sarkozy a brisé ce principe en 2002 avec l’acceptation tacite d’un Jacques Chirac qui aurait dû le remettre en place. Aujourd’hui, il ne fait que commencer à en payer le prix.
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2008/04/17/01002-20080417ARTFIG00017-sarkozy-menace-de-renvoyerles-ministres-indisciplines.php
12:19 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, solidarité gouvernementale, recadrage




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