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18.04.2008
Comment prévenir les crises alimentaires ?
Mercredi, Jacques Chirac est sorti de son silence pour mobiliser l’opinion sur les émeutes de la faim qui se répandent dans les pays en voie de développement. Une intervention bienvenue pour essayer de trouver des solutions à une des plus graves crises alimentaires que le monde ait connu.
Après la « crise de la tortilla » l’an dernier au Mexique, qui avait été provoquée par une hausse du prix du maïs, ce sont des dizaines de pays qui se trouvent confrontés à des manifestations spontanées contre la hausse du prix des produits alimentaires. Cette hausse est d’autant plus dramatique que l’alimentation représente souvent plus de la moitié des dépenses des ménages, ce qui ne laisse que peu de marges pour absorber une hausse aussi brutale des prix. Pire, la hausse des prix de l’alimentaire est beaucoup plus forte qu’en Occident puisque ce sont des produits moins transformés qui sont vendus dans ces pays, ce qui fait que le doublement ou le triplement du prix d’un produit se retrouve directement dans les étals, alors qu’en Occident, la hausse reste plus limitée.
Les causes de cette hausse du prix des produits alimentaires sont multiples et connues. Tout d’abord, la croissance de pays comme l’Inde et la Chine leur a permis de faire évoluer leur alimentation, et donc de consommer davantage de viande et produits laitiers, ce qui a pour effet d’augmenter les besoins en céréales. S’ajoute à cela la croissance des biocarburants, notamment aux Etats-Unis, qui a réduit la production de céréales destinées à l’alimentation. Enfin, des circonstances climatiques exceptionnelles (notamment en Australie) ont réduit la production de pays exportateurs clés. Résultat, un décalage entre l’offre et la demande de céréales a provoqué une tension sur les prix. Pire, avec la crise financière, certains fonds se sont mis à investir sur les produits alimentaires pour profiter de la hausse des cours, ce qui a donné une dimension spéculative aux prix des céréales.
Mais la question la plus difficile reste celle des solutions à apporter à cette crise. Jacques Chirac évoque des pistes intéressantes. Il demande aux pays du G8 de travailler sur cette question et d’évoquer des solutions aussi originales que la taxe sur les transports aériens. Mais surtout, il souligne qu’il est essentiel que les pays en voie de développement se rapprochent de l’autosuffisance alimentaire. Les produits alimentaires ne peuvent pas être considérés comme des produits comme les autres. Parce que tout manque provoque la famine et qu’ils dépendent de conditions climatiques variables, on ne peut pas confier au marché seul l’alimentation de la planète. La libéralisation des échanges agricoles est en partie responsable de la crise actuelle. Même si elle n’est pas un système parfait, le principe de la PAC est largement préférable à un système complètement libéralisé qui laissera de temps en temps des hommes mourir de faim.
Il est essentiel que les pays occidentaux aident les pays en voie de développement à développer leur agriculture pour se rapprocher de l’autosuffisance, même si cela doit nous faire prendre des libertés avec la libéralisation des échanges. Le tout libéral a des limites qui sont malheureusement la vie humaine.
Source : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/04/16/crise-alimentaire-des-solutions-existent-par-jacques-chirac_1034929_3232.html#ens_id=1031034
12:13 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chirac, emeutes de la faim, crise alimentaire



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