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21.04.2008
La rupture avec le président
À l’approche de l’anniversaire du premier tour des élections présidentielles de l’an dernier, deux nouveaux sondages montrent à quel point les Français sont déçus par Nicolas Sarkozy.
Selon un sondage IFOP pour le JDD, 79% des Français estiment que l’action du président et du gouvernement n’ont pas permis d’améliorer la situation de la France et des Français. Le sondage Viavoice pour Libération exprime la même insatisfaction puisque 59% des Français considèrent que le début du quinquennat est plutôt un échec, contre seulement 20% plutôt un succès. À peine 52% des partisans de l’UMP le voit comme un succès… La médiatisation du chef de l’Etat récolte le jugement le plus sévère avec 67% d’opinion négative. Curieusement (voir la note de samedi), la politique étrangère reste un domaine où le jugement est plus positif. Résultat, la cote de popularité du président continue de légèrement baisser, à 36% pour le JDD et 38% pour Libération.
Cette désillusion des Français à l’égard du président est sans précédent et bat en intensité la chute aux enfers de Jacques Chirac en 1995. C’est d’autant plus marquant que l’effondrement de la popularité de ce dernier avait été provoqué par un double événement : le tournant de la rigueur et les grandes manifestations qui avaient paralysé les transports en commun à la fin de l’année. Pour Nicolas Sarkozy, c’est plutôt l’addition d’évènements qui a provoqué la rupture : exposition sans retenue de sa vie privée, y compris en conférence de presse, augmentation de son salaire, reniements en matière de politique étrangère (visite de Kadhafi), échec sur le front de la croissance (qu’il voulait chercher avec les dents) et du pouvoir d’achat, paquet fiscal qui donne l’impression d’une politique qui favorise les plus aisés, flou artistique dans la conduite des affaires qui conduit à des couacs en cascade…
Alors que le candidat Nicolas faisait professionnel et sérieux, le président Sarkozy fait léger et vulgaire. Dès lors, il ne faut pas s’étonner de cette descente aux enfers. Et encore, Nicolas Sarkozy est encore protégé par trois phénomènes qui empêchent sans doute un jugement encore plus brutal. Premièrement, le retournement d’une partie des médias a provoqué un réflexe de défense pour une partie de la droite. Ensuite, l’absence d’opposition crédible fait encore que deux tiers des Français pensent que ce ne serait pas mieux avec le PS. Avec une opposition unie et crédible, il y a fort à parier que la cote du président serait dix points plus bas. Enfin, le gouvernement donne encore l’impression de vouloir changer des choses. Quand les Français se rendront compte que le réformisme affiché n’est pas si important, les partisans de la réforme qui le suivent encore pourraient le laisser tomber.
Nicolas Sarkozy a mis la communication au centre de son action. Mais ce qui pouvait marcher au ministère de l’Intérieur est plus difficile à la Présidence de la République, surtout après une campagne riche de promesses qu’il ne tient pas. D’où la rupture des Français avec le candidat.
Source : http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/04/20/un-an-apres-l-election-de-nicolas-sarkozy-79-des-francais-deplorent-le-manque-de-progres_1036217_823448.html#ens_id=998385
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/322318.FR.php
15:16 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, rupture, sondages




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