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26.04.2008
Quelles leçons tirer de la crise alimentaire mondiale actuelle ?
Dossier très intéressant de The Economist sur la crise alimentaire mondiale qui provoque des émeutes de la faim et la famine dans un grand nombre de pays en voie de développement. L’hebdomadaire ultralibéral essaie d’identifier les solutions à cette crise.
Si la hausse des prix des produits alimentaires frappe également les ménages des pays développés qui subissent des hausses importantes du prix des produits à base de céréales ou de lait, les conséquences sont beaucoup plus dramatiques pour les pays en voie de développement. En effet, les consommateurs de ces pays consacrent déjà parfois plus de la moitié de leurs revenus pour leurs dépenses alimentaires, ce qui leur rend impossible d’absorber la hausse du prix du riz de 140% depuis janvier ou la hausse du blé de 77% en 2007. La situation devient très instable en Afrique. Les raisons de cet envol des prix sont connues : l’envolée de la consommation de la Chine et de l’Inde, dont la consommation se rapproche des modèles occidentaux et le développement des biocarburants notamment.
La bible des libéraux dénonce les pratiques des pays riches des années 80 et 90, qui ont subventionné les exportations vers les pays en voie de développement, et ont fragilisé leur agriculture, les rendant complètement dépendants d’importations dont les pris varient fortement. The Economist souligne également que les trente années qui ont précédé cette crise ont été des années de prix agricoles faibles et que la hausse récente remet les prix de l’alimentaire au niveau qu’ils avaient il y a trente ans. L’hebdomadaire anglais affirme que les problèmes actuels pourront être corrigés par la hausse de production attendue dans partout dans le monde (la production de blé européen devrait croître de 13% en 2008, tout comme celle de la Chine et de l’Inde).Il souligne également que les OGM sont sans doute un moyen efficace pour augmenter la production.
Mais surtout, The Economist souligne qu’il faudrait que les pays en voie de développement produisent eux-mêmes une partie plus importante de leur production. Leur enrichissement passe par le succès des petites exploitations qui permettront aux petits producteurs de se développer. Cette autosuffisance alimentaire est grosso modo la situation de la Chine, qui subvient à 95% de sa consommation, ce qui permet de mieux réguler les prix et d’éviter les hausses dramatiques des derniers mois. Il est pour le moins ironique de constater que la bible des libéraux ne recommande pas une dérégulation complète mais prône plutôt une autosuffisance des pays en voie de développement basée sur les petits producteurs. Un minimum de protection est essentiel pour assurer le développement des populations d’agriculteurs, à l’abri des mouvements chaotiques du marché, qui peuvent les ruiner.
La crise alimentaire actuelle a le mérite de nous montrer que l’alignement de l’agriculture sur le marché conduit à des mouvements aussi erratiques que dans la finance. Mais la conséquence est la famine de millions de personnes. L’agriculture ne peut pas être traitée un produit comme les autres.
Source : The Economist, 19 avril
14:58 Publié dans Actualités, Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agriculture, the economist



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