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29.04.2008

Retraites et complications

Hier, Xavier Bertrand a reçu les syndicats pour les entendre sur la réforme à venir des retraites. Une nouvelle occasion de constater que beaucoup de syndicats restent dans des postures archaïques et complètement coupées des réalités.

C’est le gouvernement Balladur qui avait le premier allongé la durée de cotisation des retraites, en passant de 37,5 à 40 ans, tout en basant le calcul des pensions sur les 25 meilleures années au lieu de 10. Mais pour limiter les protestations, cette réforme ne concernait que les salariés du privé. Le gouvernement Juppé avait alors essayé de généraliser la réforme au service public, avec le succès que l’on sait. La généralisation du nouveau régime aux fonctionnaires se fit donc en deux temps. En 2003, les cinq millions de fonctionnaires hors régimes spéciaux adoptèrent le même régime que les salariés du privé. Puis l’an dernier, à l’automne, les cinq cent mille fonctionnaires des régimes spéciaux passèrent eux aussi à 40 ans. La réforme du gouvernement Raffarin (dont François Fillon était le ministre des affaires sociales) prévoyait également un passage à 41 ans pour la durée de cotisation, que le gouvernement actuel négocie.

Hier, à la sortie du ministère, la CGT et la CFDT ont dénoncé de concert ce passage à 41 ans de la durée de cotisation. Ils critiquent le faible impact qu’aurait la mesure et proposent parfois de tailler dans les exonérations de cotisations sociales pour maintenir les 40 ans de cotisation. Cependant, ils oublient le facteur démographique. La retraite à 60 ans avait été décidée à une époque où l’espérance de vie dépassait à peine ce cap. Aujourd’hui, l’espérance de vie des Français tend vers les 80 ans et atteindra sans doute les 85 ou 90 ans à terme. Comment espérer dès lors payer des pensions décentes en maintenant la retraite à 60 ans et une durée de cotisations de 40 années ? L’allongement de notre durée de vie impose cet allongement, à moins de réduire encore des pensions qui n’assurent pas toujours l’essentiel. L’avenir, c’est plutôt la retraite à 65 ans et à terme sans doute 45 ans de cotisations. Heureusement, la transition sera plus douce en France qu’ailleurs, du fait de notre natalité.

Pour une fois, je suis du côté du gouvernement pour dénoncer le conservatisme et l’archaïsme de syndicats qui refusent de regarder la réalité démographique en face. En bloquant depuis si longtemps la réforme des retraites, ils ont contribué au faible niveau de certaines pensions, au sujet desquels ils n’ont jamais été très bavards.

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