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04.05.2008

Le gros de la crise est-il devant ou derrière nous ?

Cette semaine, plusieurs bonnes nouvelles ont permis aux bourses mondiales de retrouver des couleurs. Mais cette éclaircie ne doit pas occulter des nuages qui peuvent laisser circonspect sur la situation à venir.

En quelques jours, les marchés financiers ont nettement progressé et franchi des seuils symboliques. A Wall Street, le Dow Jones est passé au-dessus de 13 000 points et à Paris, le CAC 40 a dépassé le cap des 5 000 points. Ce sursaut des marchés tient notamment à deux nouvelles. Tout d’abord, la croissance des Etats-Unis au premier trimestre s’est élevée à 0,6% en rythme annuel. Certes, la hausse des stocks est pour beaucoup dans cette petite croissance, mais jusqu’à présent l’impact de la crise financière sur l’économie est moins fort que prévu puisque l’économie américaine n’est pas rentrée en récession. En outre, la Fed a à nouveau baissé ses taux d’intérêt à 2% et affirmé que cela pouvait être la dernière baisse, sous-entendant que le pire était peut-être passé. Ainsi, le dollar est remonté face à l’euro.

Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes… La crise immobilière est loin d’être finie aux Etats-Unis puisque la chute du prix des maisons vient d’atteindre un nouveau sommet fin février. L’indice Case-Shiller du prix des maisons dans les vingt plus grandes villes américaines a atteint la baisse record de 12.7% en glissement annuel. Les économies mondiales sont également affectées par la hausse du prix des matières premières, qui réduit le pouvoir d’achat des ménages, et donc la consommation. En outre, si les entreprises ont bien résisté en 2007, quelques mauvaises surprises en ce début d’année indiquent que la crise pourrait les frapper de plein fouet en 2008.

Même si les dernières nouvelles peuvent tempérer le pessimisme ambiant, il est encore beaucoup trop tôt pour dire que le gros de la crise est derrière nous. Ce n’est pas avant la rentrée que la situation s’éclaircira.

Source : The Economist 2 mai

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