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06.05.2008
Sarkozy un an après : la prime à la forme
L’an dernier, il y a exactement un an, Nicolas Sarkozy gagnait le second tour des élections présidentielles. Il était enfin élu président de la République, son rêve depuis 30 ans. Première partie du bilan : sa priorité de tous les instants, la communication.
Si Nicolas Sarkozy a réussi à accéder à la présidence de la République, c’est grâce à son habileté communicatrice. En effet, plutôt que de risquer être emporté par une volonté de changement après douze années de présidence de Jacques Chirac, il s’est présenté comme le candidat de la « rupture ». Un bel exploit pour celui qui fut un membre éminent du gouvernement pendant plus de quatre ans et chef du parti majoritaire ! Il a su également donner une impression de compétence et de capacité à régler les problèmes des Français malgré des résultats plus que limités au ministère de l’intérieur. Mais son activisme législatif et son incroyable capacité à faire des déclarations l’air grave et concerné donnaient volontiers le change.
Il faut dire que le début du mandat présidentiel a montré le succès de la tactique de communication de l’Elysée. Alors que, candidat, il condamnait la proposition du candidat Bayrou de rassembler droite et gauche dans un même gouvernement, une fois élu, il a débauché quelques mercenaires et fait passer ça pour une « ouverture ». Rompant avec la rareté de la parole présidentielle, il remplit l’agenda médiatique tous les jours par une annonce, un discours, un déplacement ou une visite. Résultat, il donne l’impression d’un activisme forcené au service des Français. En outre, en créant l’événement chaque jour, il étouffe l’opposition qui n’a pas le temps de répondre qu’un nouveau sujet est déjà à l’ordre du jour. Mais au bout de quelques mois, cette pratique tourne volontiers à l’agitation et pose la question du sens.
Cette prime à la forme a même dicté une partie du programme présidentiel. C’est parce que le candidat souhaitait trouver une mesure illustrant le « travailler plus pour gagner plus » qu’a été décidée l’exonération de charges sociales sur les heures supplémentaires, une mesure à cinq milliards d’euros. Pourtant, les heures supplémentaires permettaient déjà de « travailler plus pour gagner plus ». Cette énième et coûteuse exonération de charges sociales ne fait qu’accentuer une mesure existante et créé surtout des effets d’aubaine puisque la plupart de ces exonérations vont porter sur des heures supplémentaires qui existaient déjà, et pas forcément des nouvelles. De même pour le traité simplifié, le président s’est fait passer pour le sauveur de l’Europe alors qu’il n’a fait qu’abdiquer la position des Français…
La présidence de Nicolas Sarkozy consacre la communication comme l’alpha et l’omega de la politique gouvernementale. Mais ce qui pouvait passer à la tête d’un ministère est plus difficile à la tête de l’Etat, ou la réalité a fini par rattraper le pouvoir.
08:53 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bilan, communication



Commentaires
Salut Laurent :
http://pourlafrance.hautetfort.com/ :
voici le récit de mon départ du Chêne
N'hésite pas à prendre contact concernant le groupe, il faut modifier la description.
Amicalement
Rémy
Ecrit par : Rémy | 07.05.2008
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