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07.05.2008
Sarkozy un an après : l’hyperactivité peu efficace
Alors qu’il assistait à l’enterrement d’une victime d’un fait divers, Nicolas Sarkozy avait soutenu gravement qu’il devait venir au secours de chaque Français. Cette volonté affichée de traiter tous les dossiers est symptomatique du manque de priorité de son action.
Le postulat consistant à dire qu’il vaut mieux commencer toutes les réformes de front plutôt que de manière séquentielle n’est pas dépourvu de sens. Après tout, il est vrai que les réformes sont plus faciles à faire en début de mandat et cela permet de faire passer certaines choses qui seraient plus difficiles à faire passer plus tard. C’est ainsi qu’une cinquantaine de réformes ont été lancées depuis un an. Mais cette « réformite aigüe » a quelques limites : on peut se demander si le nombre ne l’emporte pas sur la qualité. Après tout, la réforme du contrat de travail est beaucoup plus limitée que prévue. De même, la réforme des retraites ne pourra pas non plus s’arrêter à celle des régimes spéciaux. En outre, on peut se demander en quoi il était nécessaire de lancer aujourd’hui le toilettage de la Constitution, qui pouvait bien attendre un peu pour alléger l’agenda chargé du gouvernement. De même, les multiples débats lancés par le président sur la place de la religion ou la Shoah apparaissent comme autant de distractions inutiles.
Mais il faut dire que Nicolas Sarkozy a besoin de nombreux sujets pour tenir son riche agenda médiatique qui suppose une annonce minimum par jour. C’est aussi pourquoi il vaut mieux avoir de nombreuses réformes en cours pour pouvoir distiller tous les jours le quota de déclarations ou annonces médiatiques. De même, le traitement partiel des problèmes permet de constamment remettre l’ouvrage législatif sur la table. Le ministre devenu président n’en finit plus de légiférer sur les délinquants sexuels ou l’immigration depuis 2002. On se demande bien ce qu’apporte cette inflation législative tant les nouvelles lois succèdent aux anciennes et cela permet de douter de leur pertinence respective. Mais la plupart de ces lois ont été passées en réaction à un fait divers, le plus rapidement possible...
Nicolas Sarkozy privilégie la plupart du temps l’affichage médiatique. Tout fait-divers peut être prétexte à un nouveau texte législatif. En cela, il ne contribue pas à simplifier l’arsenal législatif français. Mais on peut également se poser des questions sur les priorités de ce président qui se soucie tant des faits divers. Même s’il est normal de chercher à sauver Ingrid Bettancourt de son triste sort, n’est-il pas étonnant que le président y consacre autant d’énergie alors qu’on ne l’a que trop rarement entendu sur le sort de la Palestine, autrement capital pour l’équilibre de la planète ? Sa présence fréquente aux enterrements de toutes sortes est-elle vraiment nécessaire de la part d’un président ou n’est-elle pas un moyen commode de capitaliser sur les émotions collectives à son profit ?
La mise en chantier de nombreuses réformes est une bonne initiative qui part d’un bon postulat. Cependant, la priorité donnée à la forme sur le fond, la hiérarchisation hasardeuse de l’agenda du président et du gouvernement et la difficulté à donner du sens, compliquent la réforme.
12:30 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bilan



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