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08.05.2008
Sarkozy un an après : l’égocentrisme au pouvoir
Le style du président, fait de communication de tous les instants, de mise en avant de son rôle et de lancement d’une multitude de réformes en même temps, n’est pas forcément mauvais. En fait, tout dépend de ses motivations profondes : service de son pays ou accomplissement personnel.
Comme il le souligne volontiers, toute ambition n’est pas forcément mauvaise en politique. Après tout, quand on a des idées, on peut considérer qu’on est le mieux placé pour les appliquer et se consacrer au service de la France et des Français. Mais si on ne peut pas dénier à Nicolas Sarkozy le fait d’avoir certaines idées, on peut s’interroger sur ses motivations profondes. Quel était le ressort le plus profond de son ambition ? La volonté de se réaliser à titre purement personnel ou la volonté de servir les Français ? Selon la réponse que l’on apporte à cette question, cette première année prend un relief bien différent.
Je persiste à croire que tout chez Nicolas Sarkozy montre que cette élection présidentielle était essentiellement le moyen de se réaliser. Tout dans sa campagne l’indiquait. Le titre de ses livres est à lui-seul un bon indice des priorités du président : « Libre », « Témoignages ». Nicolas Sarkozy ne parle pas de la France et de son projet pour les Français, mais il parle de lui, son sujet préféré, occupant « un des métiers les plus difficiles au monde ». La présidence de la République n’est pas le moyen de servir les Français mais beaucoup plus le moyen de se réaliser. Tout dans ce qu’il dit, surtout quand il ne lit pas un discours, montre un égocentrisme qui ravale l’Elysée au rang de simple trophée.
Et on peut se demander si son comportement depuis l’élection ne s’explique pas par cette raison. En effet, l’attitude sans gêne de Nicolas Sarkozy tranche fortement avec son comportement d’avant élection. Avant le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy, s’il était parfois agressif dans son comportement, était plutôt un candidat sérieux, bien éloigné du président « bling bling » qui s’est révélé en quelques heures. Pour un candidat dont la priorité absolue est le service de la France et des Français selon des convictions profondes, l’accession à la présidence de la République ne pourrait que provoquer une forme de retenue, une distance que la lourdeur de la charge apporte.
Mais, dans le cas où l’Elysée ne serait que le trophée que le candidat a voulu toute sa vie, le poids des responsabilités n’est que secondaire. D’où un certain relâchement après avoir obtenu ce qu’il souhaitait. Si le but était de servir les Français, Nicolas Sarkozy se serait fait plus grave. Comme il souhaitait surtout son accomplissement personnel, aucune gravité n’est venue. Au contraire, c’est un relâchement un peu vulgaire que les Français ont découvert. Le candidat qui tenait sa langue devant les caméras n’a plus retenu ses vulgarités autrefois proférées en privé. Le candidat, qui avait travaillé trente ans à sa réussite, a aspiré à être heureux et profiter de la vie, comme il l’a dit lors de la conférence de presse du 8 janvier.
La présidence de la République n’est qu’un trophée pour Nicolas Sarkozy. D’où une incapacité chronique pour donner du sens et une direction à son action. Jacques Chirac, lui-aussi n’avait pas forcément de grand dessein, mais lui avait le sens de l’Etat et l’amour des Français pour le guider.
Source : Marianne
12:29 Publié dans Actualités, Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bilan, ambition



Commentaires
CerTes , Je suis un peu hors sujet , qu'on veuille bien me le pardonner . villepIn? Très bien , il porte beau , distingué , le gaullisme échevelé à l'ONU ...OK . seulement voilà , il avait dit qu'il n'était pas question que les négociations avec la Turquie reprennent si la Turquie ne reconnaissait pas Chypre (du moins la partie qu'elle n'a pas envahie militairement) , bravo! et puis voilà , il s'est couché comme tous les autres , et comme Sarko d'ailleurs . Alors , quelle confiance lui accorder ? Pourtant , NDA-DGV , cela aurait été une bonne équipe (je ne dis pas "ticket" , la résistance sémantique est le bé-a-ba de la résistance tout court ...) .
P.S.: être gaulliste n'implique pas d'être villepiniste . Arrêtons un peu d'être en "'iste" . L'heure est à l'union sacrée jusqu'à ce que le garnement de l'Elysée démissionne . La France ne pourra pas tenir 4 ans ...
Ecrit par : Dagobert | 08.05.2008
Si être gaulliste n'implique pas forcément d'être villepiniste, on peut être partisan de DdV, même sans être gaulliste. Vous avez raison Dagobert, on peut même aller jusqu'à dire que l'heure est grave
Ecrit par : Diana | 08.05.2008
Ce n'est pas la VIème République, c'est le retour à la IVème.
La révision de notre constitution est sur les rails. Le Président Sarkozy et le gouvernement totalement solidaires, l'envisagent pour juillet. S'agit-il d'un toilettage ou d'une transformation radicale ?
Pour ma part, et à partir de 3 trois éléments essentiels, ce projet montre une double volonté : la dénonciation d'un hypothétique héritage avec le prédécesseur de Nicolas Sarkozy, et le retour au régime exclusif des partis.
Un anti-chiraquisme assumé
A l'approche du référendum du 29 mai 2005 la France débat de l'avenir de la construction de l'Europe, mais également d'un sujet satellite : l'éventuelle adhésion de la Turquie.
Face à une opinion publique de plus en plus favorable au Non, les partis politiques, au sein desquels l'UMP de N. Sarkozy et de Giscard d'Estaing prend une place éminente, pèsent lourdement sur la campagne pour inverser la tendance.
Ils disent tous s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Afin de rassurer la frange de plus en plus majoritaire de l'électorat qui ose bousculer le "politiquement correct", le président Chirac fait adopter le 28 février 2005 une révision de notre texte fondamental imposant l'organisation d'une consultation référendaire pour ratifier toute adhésion future à l'Union européenne.
A peine élu à la magistrature suprême en mai 2007, Nicolas Sarkozy prend une double décision en totale opposition avec son passé récent de membre du gouvernement :
d'une part, la mise en œuvre d'un traité européen "simplifié", copie quasi-conforme du feu traité européen rejeté en 2005, qui sera ratifié par le seul parlement,
et d'autre part, la modification de l'article 88-5 de notre constitution instituant le référendum obligatoire pour valider une adhésion à l'UE, mesure qui n'aura jamais été utilisée, morte avant d'avoir existée.
Aucun gouvernement autre que celui-ci n'aura fait autant pour offrir à la Turquie une telle ouverture en vue de son entrée dans l'Europe.
Une élection présidentielle tous les 5 ans, un point c'est tout !
Parmi les autres mesures proposées dans le cadre de la révision constitutionnelle, il en est deux qui retiennent toute mon attention.
La première, médiatiquement portée par beaucoup des acteurs politiques et présentée aux Français comme une évidence sympathique, déplace le centre de la souveraineté du peuple vers ses représentants parlementaires. La possibilité d'expression du Président devant eux l'autorisera à faire l'économie d'un compte-rendu de son action aux Français entre deux scrutins présidentiels. Ce n'est pas rien.
Cette mesure concourt, sous des aspects purement indolores, à la mise en œuvre de la règle que le clan sarkozyste veut ériger en "évidence constitutionnelle" : l'élection présidentielle décide de tout, les idées formulées par les candidats sont considérées toutes comme actées par l'élection du candidat qui les a émises, sans aucun droit de considérer que les Français puissent effectuer un choix majoritaire entre deux visions mais non exclusif des projets touchant à tous les domaines évoqués pendant la campagne.
La seconde, médiatiquement ignorée, est encore plus grave : les parlementaires nommés au gouvernement retrouveront, automatiquement et sans autre forme de procès, leur siège en cas de départ du gouvernement.
Objectif-France combat sans relâche ce projet depuis plus de deux ans, projet prenant en compte une intention dévoilée le 5 avril 2006 au cours d'une convention UMP relative aux institutions : Les "Secrétaires d'État, comme d'ailleurs les ministres, pourraient retrouver leur siège au parlement s'ils venaient à quitter le gouvernement" préconisait déjà Nicolas Sarkozy.
On entre et on sort du gouvernement suivant les désirs et les besoins de chacun. La pression des partis devient de plus en plus forte. Dans de telles conditions, la solidarité gouvernementale, caractéristique essentielle de l'esprit de nos institutions, mais bien peu respectée aujourd'hui, n'existera plus. Au moindre "coup de blues", le gouvernement deviendra un véritable panier à crabes. C'est tout le contraire du bon sens et de ce que souhaite la très grande majorité de nos concitoyens. Ce n'est même plus la 6ème République, c'est le retour de la 4ème.
Le régime exclusif des partis politiques
De la désignation à la candidature pour les législatives à la composition du gouvernement de la France, sans oublier la maitrise des carrières politiques de ses membres, les partis politiques vont reprendre le pouvoir que leur avait retiré le général de Gaulle en 1958 et 1962 en le rendant au peuple souverain. C'est le vœu partagé par l'UMP et le PS, il est vrai victimes l’une et l’autre d’une énorme hémorragie de militants…
Il ne restera alors de la constitution de la Vème république que l'élection de son président au suffrage universel. Pour combien de temps ?
Alain KERHERVE
www.gaullisme.fr
Ecrit par : kerhervé | 09.05.2008
A la lecture de son dernier ouvrage ("hotel des insomnies") je pense que DDV ne vise plus la politique française, ce que je comprends vu le sort qui a été réservé au vrai "meilleur d'entre nous", mais plutôt une place à l'ONU. Un ticket DDV-NDA aurait été bien sûr le meileur moyen de remettre la France sur les rails... espérons que Dupont-Aignan va parvenir à faire connaître son projet, qu'il va y avoir des élections anticipées, et qu'on va enfin sortir de la matrice UMPS qui a vampirisé toute ma génération.
Au fait, géniale la dernière pique de sarko sur le Général... merci de faire fuir de ton parti ce qui restait de gaullistes-bonapartistes, après avoir redonné à de Villiers l'électorat légitimiste, et avant de laisser Fillon partir avec l'électorat orléaniste...
sacré sarko va...
Ecrit par : naradatta | 11.05.2008
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