« Sarkozy un an après : réformes et réformettes | Page d'accueil | Sarkozy un an après : le président contre la République »

10.05.2008

Sarkozy un an après : entre promesses tenues et reniements

Si aujourd’hui le « candidat du pouvoir d’achat » est volontiers critiqué sur cette promesse malheureuse, le président Sarkozy n’a pas oublié toutes les promesses du candidat Nicolas. Néanmoins, la pertinence du choix entre promesses tenues et celles reniées peut être questionné…

Il serait un peu facile de s’arrêter aux promesses oubliées. Pour être honnête, Nicolas Sarkozy tient une partie de ses engagements. Le paquet fiscal a été voté quasiment à l’identique de ce que le candidat avait annoncé, hormis la rétroactivité de l’exonération des intérêts d’emprunts immobiliers. Le candidat Sarkozy avait également annoncé un Grenelle de l’environnement que ses ministres ont globalement mené à bien. Il faut noter qu’il a confié le ministère du développement durable à des poids lourds politiques, Alain Juppé puis Jean-Louis Borloo. La réforme des universités avait également été annoncée et a été conduite à bout dans une large mesure même s’il reste encore à faire. Enfin, il avait également annoncé que le nouveau traité européen ne serait pas ratifié par référendum (même s’il faut noter qu’il parlait alors d’un mini-traité plus restreint). Bref, le président a tenu un nombre conséquent de promesses du candidat.

En revanche, parmi les très nombreuses promesses du candidat, certaines ont été complètement oubliées. Celui qui s’annonçait comme le « président du pouvoir d’achat » a finalement enterré cette promesse centrale de sa campagne en expliquant que « les caisses étaient vides ». Cette explication est assez culottée dans la mesure où c’est son paquet fiscal qui a vidé les caisses... Sur le contrat de travail, le candidat annonçait qu’il trouverait la pierre philosophale, un « contrat unique plus sûr pour le salarié et plus souple pour l’employeur ». Au final, cette réforme a fait « pschitt » et il ne reste plus qu’un énième nouveau contrat. Le candidat avait également largement critiqué la politique étrangère de Jacques Chirac qui n’aurait pas suffisamment défendu les droits de l’homme. Mais le président Sarkozy a accordé des honneurs rares et assez humiliants à Kadhafi. Sur l’Afghanistan, alors qu’il avait soutenu qu’il n’y avait plus besoin de participer à l’opération américaine, il a finalement envoyé des troupes supplémentaires…

Au final, le bilan est compliqué car Nicolas Sarkozy s’est autant renié qu’il a tenu ses promesses. En tout cas, on ne peut pas soutenir qu’il a été honnête car l’écart entre le candidat et le président reste important. Au-delà, la pseudo « ouverture » à des personnalités de gauche n’avait pas été promise par le candidat, bien au contraire, puisqu’il critiquait cette vue de l’esprit du candidat Bayrou qui consistait à mettre des personnes de gauche et de droite dans un même gouvernement. Le président Sarkozy poursuit la dénonciation de la politique de la BCE que faisait déjà le candidat mais sans agir pour changer quoique ce soit. Et son souci des postures populaires le pousse à des déclarations contradictoires. Il vient par exemple de dénoncer jeudi la repentance concernant Vichy en affirmant que la France était à Londres, alors qu’il y a quelques mois, il souhaitait que les enfants du primaire parrainent une victime de la Shoah.

Au final, comme toujours, la présidence de Nicolas Sarkozy donne le tournis. Du flot d’annonces et de décisions sortent autant de reniements que de promesses tenues. Ceci est sans doute la conséquence du manque de sens général de son action, qui implique une godille perpétuelle.

Ecrire un commentaire