17.05.2008
L’euro cher contre l’emploi
Alors que les nouvelles du front économique s’améliorent, les récentes déclarations d’Airbus rappellent utilement les conséquences du cours extrêmement élevé de la monnaie unique par rapport au dollar.
Louis Gallois, le patron d’EADS, interviewé sur RTL cette semaine expliquait qu’EADS s’est couvert contre les risques de change jusqu’en 2010, au niveau de 1,16 dollar par euro, niveau proche de la parité de pouvoir d’achat des deux monnaies. Or, aujourd’hui, l’euro vaut environ 1,55 dollar. À un moment où il est de bon ton de critiquer Airbus pour les retards sur son programme A380 (alors que Boeing a connu les mêmes phénomènes pour le 747 et connaît la même chose pour le 787), on ne peut que s’incliner devant l’intelligence et la prévoyance d’une telle couverture, qui fait économise des milliards à Airbus. Néanmoins, cela signifie qu’il est aujourd’hui impossible de se couvrir à un taux de change raisonnable après 2010. C’est pour cela que le groupe met en place des mesures d’économie.
Et une mesure capitale de ce plan d’économie a été révélée par Le Figaro, qui annonçait mercredi que c’est un fournisseur américain, Spirit, qui produira une partie du fuselage du futur A350 alors que la production de cette partie des avions était jusqu’à présent faite en Europe. Cette décision est justifiée par la maîtrise technique des composites de ce fournisseur, qui a également été retenu comme sous-traitant par Boeing. Mais il y a également un argument coût important. Alors qu’Airbus est payé en dollar, il est essentiel pour maintenir la profitabilité de l’avionneur européen de produire davantage en zone dollar pour ne pas être pénalisé par le cours de l’euro. Résultat, de telles décisions devraient se multiplier dans les mois à venir, soit autant d’emplois perdus pour l’Europe.
La BCE a récemment indiqué que le prochain mouvement de ses taux pourrait bien être une hausse plutôt qu’une baisse, dans un souci de lutte contre l’inflation. Malheureusement, il est peu probable que la hausse des taux freine l’inflation car elle agit sur une demande européenne qui n’est pas la principale responsable du décalage entre offre et demande qu’il y a aujourd’hui sur les marchés des matières premières… Comme d’habitude, les questions d’emploi restent secondaires. Quelques esprits malins souligneront que l’Allemagne a un important excédent commercial malgré l’euro. Mais cet excédent a deux raisons indépendantes du niveau des changes : une spécialisation industrielle réussie et un décalage important entre la croissance de la demande intérieure allemande (quasiment stable depuis dix ans) et la forte croissance de la demande mondiale.
Il est grand temps de faire un bilan critique de cette monnaie unique. On souligne trop souvent qu’elle amortit la hausse du pétrole en oubliant de dire que cette hausse est accentuée par la baisse du dollar. Et surtout, l’euro cher nous fait perdre des milliers d’emplois.
Source : http://www.lefigaro.fr/societes-francaises/2008/05/14/04010-20080514ARTFIG00301-spirit-monte-a-bord-de-l-airbus-a-.php
12:17 Publié dans Actualités, Economie, Europe | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : euro, dollar, bce, airbus, délocalisations




Commentaires
J'ai une idée. Tirons la chasse. Dégageons tous les nazes du système umps qu'on se coltine depuis des plombes. Empêchons le retour dans l'otan. Changeons les règles de l'Europe avant qu'elle ne devienne une simple zone de transit des marchandises. Restaurons l'autorité comme pré-requis du progrès social. Régénérons la Vème République (montebourg tu nous gonfles avec tes 6) avec de l'audace, toujours de l'audace, encore de l'audace. Installons à la tête du pays un républicain intransigeant comme Nicolas Dupont-Aignan (qui n'est pas loin s'en faut un simple "souverainiste" bas de gamme). Et mettons à la tête de l'Europe Dominique de Villepin pour être notre voix et dire au reste du monde que les peuples de la Grande Europe ne courbent l'échine devant personne, ni Hitler ni Staline ni Ben Laden ni Bush.
Sortons de la confrontation artificielle avec la Russie, déclenchée par la future administration Mc Cain. Quelqu'un me suit pour une éventuelle révolution? Pas un truc de pleurnichards 68-ards, mais une révolution de patriotes à la 89.
Pas de liberté pour les ennemis de la liberté.
Ecrit par : Naradatta | 17.05.2008
Il y a des limites à l'illumination !
Ecrit par : Philippe | 17.05.2008
Quelle argumentation étayée ! Et surtout nous dire je cite "Dégageons tous les nazes du système umps qu'on se coltine depuis des plombes" pour ensuite citer de Villepin comme sauveur de l'Europe, fallait oser.
Pour mémoire lors des "plombes" en question de Villepin a été :
Directeur du cabinet de Alain Juppé
Ministre des affaires étrangères
Secrétaire général du président de la république
Ministre de l'intérieur
Premier ministre
Accessoirement initiateur de la dissolution ratée de 1997.
Vous avez parfaitement le droit de soutenir de Villepin, mais dans ce cas soyez au moins solidaire des 14 années en question 1993 / 2007. Ces années sont inclues à part entière dans les plombes que vous dénoncez.
Ecrit par : flamant rose | 17.05.2008
Aussi, j'aimerais dire qu'au-delà de tout idéalisme, que le gouvernement parfait n'existe pas, que dans les partis politiques on ne trouve que des hommes, avec leurs faiblesses, leurs grandeurs, etc.
Il est vrai que l'on a, en France, le culte des grands hommes, que les figures de Louis XIV, de Napoléon ou du général de Gaulle ont marqué leur siècle de leur empreinte et changé l'Histoire, mais on ne peut pas lire une phrase telle que "tous les nazes du système umps" sans trouver ce mépris insultant.
Ecrit par : Philippe | 18.05.2008
S'il faut, bien sûr, être exigent, audacieux, voire critique, et ne pas tomber dans un relativisme excessif, on ne peut pas non plus rejeter en bloc le "système" et vouloir fait table rase. C'est stérile.
Ecrit par : Philippe | 18.05.2008
Oh pardon, je pensais être sur un blog villepiniste... il est évident que je me suis trompé. Souffrez donc que je me retire. Mais peut être les prosateurs stygmatisant mon "illumination" sont-ils satisfaits du système actuel? Le salut viendra bien évidemment de l'ump, qui souffre, on le voit aux faces de mi-carême, de l'absence de son chef naturel... Je dirais juste à titre d'exemple, à ceux qui me reprochent aussi de ne pas tenir compte du "bilan" pré-cité, de regarder qui aura été l'artisan de la chute de DDV, et peut-être alors mes attaques cntre le système umps (je persiste et signe) n'engendreront plus ces éructations indignées.
Faites de beau rêve.
Ecrit par : Naradatta | 23.05.2008
N'ayez aucun doute vous êtes bien sur un blog Villepiniste, mais le maître des lieux Laurent est assez démocrate pour considérer que apporter la contradiction avec courtoisie n'est pas polluer son blog. Je pense que c'est tout à son honneur. En ce qui me concerne je lis tous les billets et parce que comme lui j'ai été au RPR de nombreuses années, je sais qu'un militant ça se respecte parce que c'est pas toujours facile de défendre ce à quoi l'on croit. Ce qui n'empêche pas d' accepter la contraction tant qu'elle reste cordiale.
Au fait Laurent avez vous le livre de Michel Tauriac "Vivre avec de Gaulle".
Ecrit par : flamant rose | 23.05.2008
Vous êtes surtout sur un blog gaulliste (le sens de la hiérarchie est important dans le nom que j'ai choisi), et par conséquent (pour moi) également villepiniste et proche de NDA.
Je crois que Naradatta exprime un très fort sentiment d'exaspération par rapport à la classe politique, qui peut venir de son histoire politique et personnelle. Même si sur la forme, vous utilisez un ton plus fort que moi, je ne suis pas très éloigné sur le fond. Je n'ai strictement plus aucun espoir vis à vis de l'UMP et du PS (a fortiori) car je crois que ces partis sont dominés par des ambitieux et que ce ne sont plus que des écuries présidentielles bien éloignées du combat pour l'intérêt général...
Merci flamant rose pour la définition de l'espace de débat que représente ce blog. A dire vrai, je vous remercie pour garder un ton plus modéré que sur la plupart des blogs.
J'ai acheté le livre de Michel Tauriac, mais je ne l'ai pas commencé. En revanche, je viens de finir Le dictionnaire du gaullisme de Guy Sabatier et Philippe Ragueneau (publié en 1994). Je pense que je publierai la note de lecture dimanche.
Amitiés républicaines.
Ecrit par : Laurent, gaulliste libre | 23.05.2008
Je cite: "Je n'ai strictement plus aucun espoir vis à vis de l'UMP et du PS (a fortiori) car je crois que ces partis sont dominés par des ambitieux et que ce ne sont plus que des écuries présidentielles bien éloignées du combat pour l'intérêt général..."
Les partis politiques ont-ils jamais été à la pointe de ce combat ? Y aurait-il eu un âge d'or des partis politiques ? un paradis perdu où les ambitions étaient tenues pour secondaires, et où chacun se sacrifiait pour le bien commun ?
J'en doute, même si, bien entendu, je n'y étais pas. Flamant rose, vous qui avez de l'expérience : notez-vous un changement, en France, dans la structure, le rôle et la composition des partis politiques, par rapport aux décennies antérieures ? C'est une question qui peut être intéressante.
Ecrit par : Philippe | 24.05.2008
@ Philippe,
les thèmes que vous soulevez mériteraient probablement plusieurs articles. Je vais donc vous donnez mon avis très brièvement.
Oui il y a eu un âge d'or des partis politiques. Ce fut sous la 4éme république qui a connu 22 gouvernements en 12 ans. Cela a entraîné une telle indécision du pouvoir que cette république n'a pu faire face aux événements successifs : indépendance de l'Indochine en 1956, rébellion en Algérie. René Coty a alors fait appel au général de Gaulle. Sous la 4 éme république la puissance des partis s'est manifestée en 1951 par ce que l'on a appelé la loi électorale dite des "apparentements". Cette loi était dirigée par les partis contre de Gaulle afin de limiter le succès des gaullistes.
Je crois également qu'il y a un paradis perdu où les ambitions étaient tenues pour secondaire. De Gaulle n'avait qu'une seule ambition : défendre les intérêts de la France. Sitôt arrivé au pouvoir, sa première mesure a été de mettre fin à la toute puissance des partis. Pour cela il lui fallait un scrutin majoritaire afin disait-il de rejeter la proportionnelle chère aux rivalités et aux exclusives des partis mais incompatible avec le soutien continu d'une politique, et adoptant tout bonnement le scrutin uninominal à deux tours. Afin d'aller au bout de sa logique il a même invité ses compagnons à ne pas se réclamer de lui.
Se sacrifier pour le bien commun. De Gaulle en revenant au pouvoir ne s'est pas sacrifier pour le bien commun car au fond de lui il le souhaitait je pense. Mais s'il voulait revenir au pouvoir ce n'était pas par goût du pouvoir mais pour redresser le pays. Dans ses mémoires il écrit " Si la France dans ses profondeurs m'a, cette fois encore, appelé à lui servir de guide, ce n'est certes pas, je le sens, pour présider à son sommeil".
Est ce que je note dites vous un changement, en France, dans la structure, le rôle et la composition des partis politiques, par rapport aux décennies antérieures. L'exécutif n'a pas changé, il est toujours dirigé par le binôme président / premier ministre. Les difficultés que connaît aujourd'hui ce binôme ne sont pas nouvelles. Il n'y a aucun cas sous la 5 éme république où cela a été un long fleuve tranquille. Mitterrand / Rocard, Mitterrand / Mauroy, Giscard / Chirac et même de Gaulle / Pompidou pour qui les relations se sont dégradées à partir de 68 avant les évènements. Chacun de ces conflits pourrait faire l'objet d'un article.
Le rôle des partis est toujours très important. La "construction" d' un gouvernement est toujours un savant dosage pour satisfaire les uns et les autres et le souci des compétences n'a jamais été la préoccupation essentielle des chefs d'états qui ont pris la suite du général de Gaulle. On retrouve ce dosage au niveau des collectivités territoriales.
Comme sous la 4éme république, Mitterrand a remis en vigueur la proportionnelle à un tour en 1986 dans le seul but de contrer la puissance du RPR. Ce fut une campagne très dure, ma voiture de l'époque en a gardé des séquelles. Il faut dire que en 1986 jamais depuis 1968 le rapport de force n'avait été aussi défavorable à la gauche. Malgré notre puissance la proportionnelle a tenu pour le PS toutes ses promesses puisque nous n'avons eu la majorité absolue que de 4 sièges. Le FN a eu 35 députés. Claude Estier en parlant au nom du PS a fait cette confidence je cite " Si l'on avait conservé le scrutin majoritaire nous aurions eu entre 125 et 130 élus". Le PS en eu 212.
De Gaulle a été le seul à ne pas s'appuyer sur les partis. Depuis leur rôle est à nouveau considérable. Un candidat à la présidentielle ne peut pas être élu sans l'appui d'un parti. On reproche à Sarkozy de se conduire en chef de parti mais c'est Mitterrand qui le premier s'est conduit comme tel même une fois élu. En effet tous les ténors du PS (les éléphants d’aujourd’hui) ont été reçus à l’Elysée plusieurs fois par semaine :Jospin c’était le mardi, Les socialistes des courants A et B c’était après le conseil des ministres et les responsables du PS le jeudi.
Voilà ce que je peux vous répondre. Vous comprendrez que j'ai du condenser car chaque point mériterait un développement. J'ai eu en autre l'occasion de côtoyer Jacques Chirac qui est un grand humaniste. C'est un homme que j'apprécie beaucoup même si j'étais totalement opposé au quinquennat. Ce fut pour moi la fin de l'héritage du général de Gaulle et on vit actuellement toute les conséquences de ce changement.
Ecrit par : flamant rose | 25.05.2008
@ Flamant rose : Merci pour ce commentaire très intéressant !
Et j'aime beaucoup ce passage, au sujet de 86: "Ce fut une campagne très dure, ma voiture de l'époque en a gardé des séquelles."
Ecrit par : Philippe | 03.06.2008
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