19.05.2008

La triste comédie du pouvoir

Sommet entre les dirigeants européens et latino-américains, relations avec François Fillon ou déplacement à Melun : les événements de la semaine dernière ont à nouveau démontré à quel point Nicolas Sarkozy est loin d’endosser l’habit de président…

La semaine dernière se tenait le 5ème sommet Europe – Amérique Latine au Pérou. Angela Merkel et José-Luis Zapatero avaient fait le déplacement. En revanche, Gordon Brown, empêtré dans une situation intérieure difficile après le désastre des travaillistes aux municipales il y a deux semaines, et Silvio Berlusconi, qui doit finaliser son équipe et gérer le difficile dossier des ordures de Naples sont restés chez eux. Notre président, guère diplomate, a annulé sa visite tardivement, officiellement pour des raisons d’agenda, et a envoyé sa doublure, François Fillon au sommet. Cette annulation traduit à nouveau l’affaiblissement de notre position sur la scène internationale, ce qui n’est guère étonnant avec un président qui a tendance à confondre libération d’otage et diplomatie…

L’envoi de François Fillon au Pérou est très symptomatique des rapports qu’entretiennent aujourd’hui les deux têtes de l’exécutif, comme le montre le dossier de l’Express de la semaine dernière. L’hebdomadaire raconte de manière extensive à quel point leur mésentente est profonde. Nicolas Sarkozy, après avoir coupé les ailes de son Premier ministre, lui reprocherait désormais de ne pas suffisamment être intervenu pour le défendre et de ne pas être heureux à Matignon… Ce dernier point illustre bien le sens de l’Etat du résidant de l’Elysée… La question du remplacement de François Fillon au premier semestre 2009 serait réglée, au nom du successeur près. Même si Nicolas Sarkozy affirme souhaiter de la continuité pour mieux gérer la présidence de l’Union, il est difficile de comprendre pourquoi il garde aussi longtemps un second avec lequel il s’entend si mal, ce qui ne peut que contrarier l’efficacité du gouvernement.

Un autre épisode, rapporté par Libération, montre bien la réalité du « changement » du président. Rasséréné par les bons chiffres de la croissance de cette semaine, il s’est déplacé à Melun pour parler emploi et fusion entre l’ANPE et l’Unedic, des sujets sérieux que le président n’a pas hésité à défendre auprès de militants syndicaux pas vraiment favorables à sa politique. Mais derrière cette forme de courage pointe surtout le « complexe de Superman » qu’avait évoqué fort justement Franz-Olivier Giesbert : le président aime se mettre en scène et montrer sa bravoure. Malheureusement, ce « super héros » ne sait toujours pas se tenir et il n’a pas pu résister au plaisir de parler à nouveau de sa femme.

Je me répète, mais malheureusement, toutes les semaines semblent apporter leur lot d’épisodes illustrant les immenses carences de notre président, qui ne se montre pas du tout à la hauteur. Il y a un an, je pensais qu’au moins, il pourrait en partie donner le change…

Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/326783.FR.php

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/326779.FR.php

http://www.lexpress.fr/info/france/dossier/sarkozy_president/dossier.asp?ida=471318

Commentaires

Je cite: "Nicolas Sarkozy, après avoir coupé les ailes de son Premier ministre, lui reprocherait désormais de ne pas suffisamment être intervenu pour le défendre et de ne pas être heureux à Matignon…"

Un détail assez marrant. Depuis quand un chef de l'État se préoccupe du bonheur de son Premier ministre ? Décidément, c'est du jamais vu dans l'histoire de la Ve République !

Ecrit par : Philippe | 19.05.2008

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